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29/09/2016

Herman Van Rompuy désapprouve l’élection directe du président de la Commission

Élections 2014

Herman Van Rompuy désapprouve l’élection directe du président de la Commission

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La nomination de candidats à la présidence de la Commission lors de la campagne électorale européenne n'est pas la meilleure solution pour rétablir la crédibilité de l’UE, selon le président du Conseil européen.

Alors que les partis européens sont à la recherche de figures de proue pour leur campagne, Herman Van Rompuy estime que cette procédure ne suffira pas à résoudre le déficit démocratique dont souffre l'Europe.

« Vous ne devez pas chercher de solutions quand il n'y a pas de problème. Rechercher des « visages » pour guider l'UE n'est pas une solution », a indiqué le président du Conseil lors d’un débat sur l'avenir de l'Union européenne le 10 octobre à Bruxelles.

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, l'ex-président de la Commission Jacques Delors et l’ancien premier ministre espagnol Felipe González ont également participé à l'évènement.

« Nos problèmes ne sont pas institutionnels. Nous pouvons réaliser de nombreuses choses [dans le cadre] des traités existants », a précisé l'ancien premier ministre belge.

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur en 2009, stipule que le choix du prochain président de la Commission européenne « prendra en compte les résultats des élections européennes ».

Plusieurs partis européens sont en train de désigner leurs candidats à la présidence de l’exécutif européen. Cette personnification des politiques européennes vise à relancer l'intérêt pour les prochaines élections en mai 2014, les premières depuis le traité de Lisbonne.

Un deuxième objectif serait de s'attaquer à un problème électoral : le taux de participation ne cesse de diminuer depuis les premières élections directes du Parlement européen en 1979. Un sondage récent indique que 55 % des Européens seraient plus enclins à voter s’ils pouvaient influencer le choix du prochain président de la Commission.

En 2012, Herman Van Rompuy avait déjà rejeté cette initiative. Il avait alors estimé que cette politisation des élections européennes provoquerait une « déception à l'avance ». Il avait indiqué que tous ces efforts étaient voués à l'échec, sauf si la Commission recevait plus de pouvoirs vis-à-vis des États membres : « Si cela ne va pas de pair avec des pouvoirs élargis pour la Commission, alors oubliez [cette idée]. »

L’euroscepticisme s'invite aux élections

Lors de la conférence, le président du Conseil européen a mis en garde contre la montée des votes eurosceptiques au cours des élections de mai 2014.

« Une grande majorité du Parlement fera toujours avancer l'Europe. Mais elle rencontrera beaucoup plus de difficultés qu'auparavant », a précisé Herman Van Rompuy.

Il a ajouté que les dirigeants proeuropéens devraient prendre des risques : « Nous ne défendons plus les résultats de l'Union européenne. Si les candidats [à des sièges au Parlement] sont vraiment ceux qui veulent se battre pour l'Union européenne, alors cela fonctionnera. J'ai peur du résultat si ce n'est pas le cas », a-t-il poursuivi.

Des analystes ont débattu des conséquences éventuelles d'une montée de l'euroscepticisme dans la constitution du prochain Parlement. « Nous avons également constaté l'apparition de pressions eurosceptiques lors des dernières campagnes électorales européennes et elles n'ont jamais répondu aux attentes », a indiqué Isabell Hoffmann de la fondation Bertelsmann lors d’un entretien avec EurActiv.

« Le Parlement européen sera en mesure de poursuivre ses travaux avec plus d'eurodéputés eurosceptiques », a déclaré Janis Emanouilidis du Centre de politiques européennes (CPE). Les eurosceptiques « ne constitueront probablement pas un groupe cohérent au Parlement ».

Les thèmes antieuropéens devraient faire partie des campagnes électorales à venir alors que la confiance dans l'Union européenne est plus basse que jamais, selon un Eurobaromètre de juillet.

Contexte

Les élections européennes seront organisées dans tous les États membres en mai 2014. Ce seront les huitièmes élections du Parlement européen depuis les premières élections directes en 1979.

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, prévoit que le Parlement européen élira le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil qui tiendra compte des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du TUE).  Cette disposition s'appliquera pour la première fois dans le cadre des élections de 2014.

Des spécialistes des affaires européennes et des partis européens ont préconisé la nomination de tête de liste pour les campagnes électorales. Les élections européennes seront de facto une course à la présidence de la Commission. Les campagnes pourraient être plus politisées et le taux de participation des électeurs pourrait grimper.

Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, s’est opposé à cette proposition. Il estime qu'elle pourrait être contreproductive vis-à-vis du travail des institutions européennes.

>> Lire : Herman Van Rompuy opposé à l’élection directe des hauts responsables de l’UE

Prochaines étapes

  • Nov. 2013 - janv. 2014 : primaires en ligne pour les Verts, qui aboutiront à l'élection des deux têtes de liste pour la campagne
  • 13-15 déc. : congrès du Parti de la gauche européenne à Madrid
  • 19-20 déc. : rencontre de l’ADLE en marge du sommet européen pour discuter des candidats à la présidence de la Commission
  • Fév. 2014 : le congrès du PSE élit le candidat et adopte un manifeste de campagne
  • 6-7 mars 2014 : congrès du PPE (centre-droit) à Dublin
  • 22-25 mai 2014 :  élections européennes dans les 28 États membres

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