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26/09/2016

L’Allemand Manfred Weber élu à la tête du PPE

Élections 2014

L’Allemand Manfred Weber élu à la tête du PPE

Manfred Weber, le nouveau président du groupe PPE. [Groupe PPE]

L’eurodéputé bavarois Manfred Weber, un proeuropéen confirmé, vient d’être élu pour présider le groupe du Parti populaire européen au Parlement européen. Un article d’EurActiv Allemagne.

Nouvelles élections européennes, nouveau président de groupe du côté du centre-droit. La délégation de l’Union chrétienne-démocrate et son parti frère bavarois, la CSU, ont voté à l’unanimité en faveur de Manfred Weber à la tête du groupe du Parti populaire européen (PPE). Cet Allemand de 41 ans a d’ailleurs reçu le 4 juin le soutien de 190 des 192 membres de ce groupe.

Le PPE devient ainsi le premier groupe à s’être formé, dix jours après les élections. La députée européenne française, Françoise Grossetête (UMP), devient quant à elle vice-présidente du groupe.

Avec ce vote, Manfred Weber succède au Français Joseph Daul (UMP) qui avait assuré la présidence par intérim à la suite du décès du Belge Wilfried Martens.

« En tant que président d’un groupe politique au Parlement européen, j’ai reçu de la part des électeurs une tâche et une mission visant à trouver une solution aux défis auxquels l’Europe est confrontée », a déclaré le nouveau président du groupe PPE.

« Dans les mesures à prendre, l’UE devrait contribuer à la mise en place de conditions propices à la croissance économique, à la création d’emplois surtout chez les jeunes, et à la poursuite de notre travail en vue de stabiliser les marchés financiers », a-t-il déclaré.

Né dans le village bavarois de Niederhatzkofen, Manfred Weber est membre du conseil exécutif et du comité directeur de la CSU.

En 2004, il est devenu eurodéputé et est depuis lors actif dans la commission des libertés civiles, justice et affaires intérieures ainsi que celle pour le développement régional.

Politique européenne agressive et positive

En tant que seule institution européenne directement élue, le Parlement européen doit également jouer un rôle de premier plan pour consolider de la confiance des citoyens dans l’UE, selon Manfred Weber.

« En vue d’améliorer la transparence des processus de prise de décision, nous avons besoin de responsabilités bien définies. Les citoyens européens doivent savoir qui est responsable de quel domaine. Cela implique aussi des engagements contraignants et des objectifs politiques », explique l’homme politique bavarois.

De 2006 à 2009, il était le porte-parole des affaires internes pour le groupe PPE-DE, encore constitué à l’époque des conservateurs britanniques. Depuis 2006, il fait partie des cadres du groupe de centre-droit. Trois ans plus tard, il est élu vice-président de ce même groupe.

Il est réputé pour s’en prendre aux valeurs conservatrices et défend à la fois la « politique européenne agressive et positive » de la CSU, selon Angelika Niebler, la nouvelle coprésidente de la délégation CDU/CSU. En 2011, il a sanctionné le secrétaire général de la CSU de l’époque, Alexander Dobrindt, pour ses critiques envers l’UE. Le Bavarois estimait que ces propos constituaient une menace à l’attitude positive de son parti vis-à-vis de l’Europe.

Fervent détracteur de la proposition de directive antidiscrimination, il l’a qualifiée de « violation massive au statut de la nation », qui n’engendrerait que des coûts bureaucratiques supplémentaires. Lors d’un débat sur la conservation des données, il s’est exprimé en faveur d’une collecte et d’un stockage complet des données provenant d’utilisateurs de services de télécommunication électronique.

À la suite des attaques en Norvège en juillet 2011, il a appelé la suppression des sites extrémistes à l’échelle européenne.

Se conformer à nos règles

L’eurodéputé conservateur demande également de mettre un terme aux principes de la sphère de sécurité entre l’UE et les États-Unis. Cet accord permet actuellement aux entreprises américaines actives sur le territoire européen de transférer les données à caractère personnel des citoyens européens vers les États-Unis, y compris les dates de naissance, les numéros de téléphone et les courriels.

« Les États-Unis et les entreprises américaines doivent définitivement se conformer à nos règles et respecter les citoyens et le marché européens », a expliqué Manfred Weber au Spiegel l’année dernière.

En ce qui concerne les affaires internes, il soutient la ligne politique de son parti. Il a récemment défendu la CSU contre certaines accusations indiquant que la campagne de cette année du parti bavarois contre la migration liée à la pauvreté était motivée par des considérations politiques.

« Nous sommes les meilleurs défenseurs contre les populistes étant donné que nous trouvons des solutions », a-t-il déclaré lors d’une convention de la CSU le 10 mai. La nécessité de lutter contre les abus sociaux perpétrés par les immigrants a trouvé sa voie dans le projet européen.

Le 5 juin, Jean-Claude Juncker, candidat tête de liste à la présidence de la Commission, devrait s’exprimer devant les membres du groupe PPE au Parlement européen.

Réactions

Françoise Grossetête, députée européenne du Sud-Est (UMP) et nouvelle vice-présidente du groupe PPE, a déclaré :

« Je me réjouis du résultat de ce vote et tiens à remercier tous ceux qui m'ont apporté leur soutienDéputé européen depuis 1994, je me suis toujours investie avec passion, conviction et détermination dans mes mandats, qui m'ont permis d'exercer des responsabilités variées au sein du Parlement européen. [...]

Être le parti majoritaire au sein du Parlement européen est une lourde responsabilité ; dans le contexte difficile que traverse l'Union européenne, nous devons montrer aux électeurs que nous les avons entendus et que nous sommes déterminés à porter les espoirs de changement qu'ils ont exprimés à travers leur vote. Nous devons renouer avec une Europe pragmatique et volontaire.

C'est dans cet esprit que je m'engage au service du groupe du PPE, aux côtés d'une équipe renouvelée et de notre nouveau Président, Manfred Weber (allemand, CSU) en qui j'ai une totale confiance. Il saura permettre à notre groupe de relever les nombreux défis qui nous attendent. »

Contexte

Les élections européennes ont eu lieu dans tous les États membres en mai 2014.Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, prévoit que le Parlement européen élira le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil qui tiendra compte des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du TUE).Cette disposition s'applique pour la première fois dans le cadre des élections de 2014.

Le Parlement européen et de nombreux spécialistes ont incité les partis à désigner leur tête de liste pour les campagnes électorales. Les élections européennes sont de facto une course à la présidence de la Commission.

D'autres responsables politiques estiment toutefois que désigner son propre candidat ne serait pas la solution idéale. Les attentes pourraient bien être déçues. M. Van Rompuy a d'ailleurs appelé à plusieurs reprises à la prudence : le Conseil européen pourrait choisir un autre candidat que la tête de liste du parti vainqueur.