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23/07/2016

L’extrême droite européenne rejette l’idée d’un candidat commun

Élections 2014

L’extrême droite européenne rejette l’idée d’un candidat commun

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Les partis nationalistes de l’Alliance européenne des libertés n'auront pas de candidat commun à la présidence de la Commission. Mais la création d’un groupe parlementaire à l’issue des élections reste d’actualité. 

L’extrême-droite veut faire front commun pour les élections européennes…mais jusqu’à un certain point. A l’occasion d’une conférence de presse à Strasbourg, les eurodéputés anti-européens Marine Le Pen, Franz Obermayr et Philip Claeys ont annoncé qu’ils ne choisiraient pas de candidat commun pour les élections européennes.

Réunis au sein de l’Alliance européenne des libertés, le Front National en France, le Parti autrichien de la Liberté (FPÖ) en Autriche et le Vlaams Belang en Belgique constituent le socle d’un premier rassemblement de l’extrême droite européenne.

« Nous avons réfléchi à la possibilité de présenter un candidat pour les élections européennes », a déclaré l’eurodéputé membre du FPÖ Franz Obermayr lors de la conférence de presse.

Une excuse paradoxale

« Ce n’est pas les leaders politiques charismatiques qui manquent » aux partis d’extrême droit en Europe a-t-il poursuivi, citant notamment les noms de la présidente du Front National Marine Le Pen, ou le leader de l’extrême droite néerlandaise, Geert Wilders parmi les potentiels porte-drapeaux. Les divergences entre egos ont visiblement eu raison du projet.

L'excuse avancée pour éviter de présenter de un candidat semble pour le moins paradoxale. « Nous ne le ferons pas pour des raisons démocratiques » a finalement conclu l’eurodéputé autrichien…

Alors que le traité de Lisbonne permet, pour la première fois, au Parlement européen d'avoir son mot à dire que la présidence de la Commission, il représente a priori une avancée majeure dans le fonctionnement de l'UE. L'extrême droite semble donc peu crédible en dénonçant le fonctionnement « anti-démocratique de l’UE » et du processus de sélection du futur président de la Commission européenne .

Cette annonce des partis nationalistes rejoint la position des conservateurs européens qui ont annoncé fin février une décision similaire. Dominée par les conservateurs britanniques, l'Alliance des conservateurs et réformistes européens (AECR) a fait savoir qu'elle ne présenterait pas un candidat à la présidence de la Commission européenne, refusant de valider l’idée d’un électorat européen.

Causes nationalistes

Malgré leurs convictions communes, les questions nationales domineront l’agenda électoral des partis d’extrême droite qui ne prévoient une campagne à l’échelle européenne. « Il faut s’occuper de ce qui se passe dans notre pays avant de nous déplacer dans d’autres » a affirmé Franz Obermayr.

« Le rétablissement de la souveraineté des États membres est la priorité de ces élections » a pour sa part soutenu Philippe Claeys.  Parmi les autres priorités figurent l’arrêt des négociations d’adhésion avec la Turquie et la maîtrise des frontières par les Etats membres.

« Mais plus les choses avancent, plus nous avons une vision commune » a déclaré Marine le Pen.

Groupe parlementaire 

La constitution d’un groupe parlementaire des partis reste également à l’agenda des trois chefs de file. Afin de peser au sein de l’hémicycle européen, les partis d’extrême droite  devront rassembler au minimum 25 eurodéputés issus d'au moins sept États membres de l’UE.

« Sur la constitution d’un groupe parlementaire, il est difficile d’avancer plus rapidement » a expliqué la présidente du FN, qui a précisé espérer obtenir 20 sièges à l’issue du scrutin.

>>Retrouvez l’intégralité des sondages de Poll Watch par Etat membre

Selon les dernières estimations de Pollwatch, avec 20 % des intentions de vote, le Front National pourrait remporter 18 sièges à l’issue du scrutin européen. Les intentions de vote en faveur du FPO en Autriche atteignent 22,5 % donnant lieu à 4 élus, toujours selon Poll Watch. Enfin, le Vlaams Belang pourrait recueillir 4.6 %  des suffrages et siège de député européen.

 

Contexte

Les partis eurosceptiques en Europe ont montré leur volonté d'agir à l’échelle des Vingt-Huit. Le très controversé leader néerlandais d'extrême droite Geert Wilders et la dirigeante du Front national, Marine Le Pen, ont pris l'initiative de constituer un nouveau groupe au Parlement européen avec d'autres partis avec qui ils partagent une vision commune.

Le Parti de l'indépendance britannique (UKIP) et le Parti populaire danois ont pour leur part rejeté en bloc la proposition.

Les partis eurosceptiques se multiplient dans de nombreux États membres, mais leur histoire et leurs causes sont très différentes. Selon des politologues, même si davantage d'eurosceptiques populistes pourraient siéger au prochain Parlement européen, il est toutefois moins probable qu'ils forment une alliance cohérente

Prochaines étapes

  • 22-25 mai 2014: élections européennes dans les 28 Etats membres