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27/07/2016

La présidence italienne veut s’attaquer à l’austérité

Élections 2014

La présidence italienne veut s’attaquer à l’austérité

Matteo Renzi. Rome, 28 April. [Palazzo Chigi/Flickr]

L’Italie reprend le flambeau de la présidence tournante du Conseil de l’UE. Le président du Conseil italien, Matteo Renzi, a annoncé que son gouvernement allait tenir un calendrier de réformes et des plans d’investissement pour redonner du souffle à la reprise économique en Europe.

Fort de ses résultats lors des élections européennes, Matteo Renzi, donne le ton de la présidence italienne à la tête de l’UE : « nous devons poursuivre le travail qui a été réalisé dans le domaine de la consolidation budgétaire et des réformes structurelles. Cependant, il manque une ligne politique spécifique pour soutenir les investissements en faveur de la croissance dans l’UE », a déclaré le représentant de l’Italie à Bruxelles à EurActiv lors d’un entretien exclusif.

Le pragmatisme avant tout

Même si le président du Conseil italien, Matteo Renzi, ne doit présenter le programme de la présidence de son pays que le 2 juillet lors de la première session plénière du nouveau Parlement européen à Strasbourg, nombreux sont ceux qui s’attendent à un calendrier entièrement structuré autour de la croissance.

« Il existe un certain nombre de domaines où l’argent peut être investi, comme la sécurité énergétique, l’efficacité énergétique et la connexion à haut débit », a expliqué le haut diplomate. La présidence italienne ne fera rien d’autre que de rassembler les fonds déjà existants de la Banque européenne d’investissement et/ou de capitaux privés.

Stefano Sannino a expliqué à EurActiv que le ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan, s’étaient rendu dans de nombreuses capitales européennes en vue d’échafauder un plan d’investissement, qui serait le mieux adapté, plan qu’il présentera au Conseil des affaires économiques et financières (ECOFIN) en juillet.

Selon le représentant permanent, les dirigeants européens restent divisés quant à un programme d’investissement conséquent. « C’est un programme bénéfique pour tous » a-t-il expliqué. À ces yeux, il suffit de créer les conditions nécessaires pour que le pacte de croissance et de stabilité soit mis en œuvre sans avoir à modifier les règles du jeu.

Matteo Renzi a souligné qu’il voulait obtenir plus de flexibilité dans l’application des règles budgétaires européennes, une condition indispensable pour qu’il accorde son soutien à Jean-Claude Juncker pour la présidence de la Commission.

Le premier ministre italien veut ainsi retirer les investissements productifs du calcul des déficits budgétaires. Pier Carlo Padoan a déclaré plus tôt ce mois-ci que les réformes entreprises devraient déterminer la méthode pour calculer les déficits budgétaires.

« Si nous allons vers un débat idéologique sur la flexibilité, alors nous sommes perdus », a déclaré Stefano Sannino. Celui-ci a indiqué que Matteo Renzi a insisté sur ce point dans le document qu’il avait remis au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Ce dernier rédige actuellement un projet politique consacré aux priorités des cinq prochaines années.

Dans ce même document, Matteo Renzi, appelle de ses vœux un président de la Commission européenne « audacieux et innovant », qui sera en mesure d’ouvrir la voie « les États-Unis d’Europe ».

Réformer l’Italie pour réformer l’Europe

Porté par le vote européen, Matteo Renzi sait qu’il a remporté le mandat le plus important pour un gouvernement italien depuis les années 1950, car il a plaidé en faveur de réformes. Il doit maintenant tenir ses promesses au niveau national et européen.

Il ne s’agit pas « de faire la promotion du statu quo, mais plutôt de trouver une nouvelle manière de mener des actions, en commençant par l’Italie, puis en appliquant le même procédé à l’Europe ».

Matteo Renzi a promis un ensemble de mesures pour réformer la troisième plus grande économie de la zone euro. Il demande à avoir plus de flexibilité afin de pouvoir injecter plus d’investissement en vue de relancer l’économie.

Le Fonds monétaire international a demandé à l’Italie la semaine dernière de prendre rapidement ses dispositions en vue de libérer le potentiel de croissance du pays et de diminuer sa dette.

« La reprise reste fragile et le chômage reste à un niveau inacceptable, et met en exergue la nécessite de passer à l’action rapidement et en profondeur », a déclaré le FMI. Le fonds dont le siège se trouve à Washington a également constaté que l’économie italienne s’était contractée de 0,1 % durant le premier trimestre après avoir émergé de nouveau à la fin de 2013 dans le sillon de deux années de récession.

Les deux autres piliers de la présidence italienne seront la sécurité énergétique et la création d’une politique migratoire européenne cohérente à la suite des récents évènements qui ont eu lieu en Méditerranée. Plus de 50 000 migrants ont accosté les côtes italiennes par voie maritime cette année. 

Contexte

L'Italie est sur le point de prendre la présidence de l'UE le 1er juillet prochain. La succession de la Grèce a lieu au moment délicat : l'UE est en train de mettre en forme les nouvelles infrastructures politiques à la suite des élections européennes de mai dernier.

La dernière fois que l'Italie a occupé le poste de la présidence du Conseil de l'UE était en 2003, sous le gouvernement Silvio Berlusconi. La conférence intergouvernementale sur le projet du traité constitutionnel s'était tenue à Rome. Avant cela, l'Italie avait pris la présidence tournante sous le gouvernement de Bettino Craxi en 1985 qui avait préparé l'élargissement européen à l'Espagne et au Portugal. Le gouvernement Giulio Andreotti avait quant à lui ouvert la voie à l'Union politique et monétaire en 1990. Finalement, la présidence italienne de 1996 avait débuté sous la férule de Lamberto Dini et s'était achevée sous le gouvernement de Romano Prodi. Le mandat avait alors été marqué par la transition vers l'euro pour l'Italie et les autres États. 

Prochaines étapes

  • 1er juillet : l'Italie reprend la présidence tournante de l'UE