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30/09/2016

Le Front de Gauche se disloque à l’approche des européennes

Élections 2014

Le Front de Gauche se disloque à l’approche des européennes

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Le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu'il suspendait sa participation au Parti de Gauche européen.

Les formations européennes de gauche n'ont pas compris pourquoi le Front de Gauche, formation de Jean-Luc Mélenchon, claquait la porte du Parti de Gauche européen (PGE).

Le congrès réuni à Madrid, le week-end dernier, avait pourtant bien démarré. La candidature du grec Alexis Tsipras, qui est devenu à cette occasion candidat officiel à la présidence de la Commission européenne, faisait aussi consensus.

>>Lire l'interview d'Alexis Tsipras par EurActiv Grèce

« Nous saluons la candidature d'Alexis Tsipras comme symbole de la lutte des peuples contre les politiques d'austérité» avait ainsi indiqué, le 15 décembre, Martine Billard, coprésidente du Parti de Gauche.

La responsable politique avait aussi rappelé « la responsabilité du PGE pour tracer une alternative politique et redonner espoir à nos peuples, alors que les deux tiers des gouvernements de l'Union européenne ont des gouvernements de droite ».

En revanche, le Parti de Gauche avait averti le congrès qu'il ne soutenait par la candidature de Pierre Laurent, l'actuel secrétaire national du Parti Communiste français, qui accepte de tisser des accords avec les socialistes au niveau local. Or Pierre Laurent a été réélu dimanche à 78  % des suffrages à la tête du Parti de Gauche européen.

La candidature d'Alexis Tsipras a été plébiscitée à 84 % des suffrages, tandis que le texte témoin d'un accord politique, était aussi largement adopté (à 93 %).

Paris, pomme de discorde

Le Parti de Gauche a décidé de suspendre sa participation au PGE, jusqu'aux élections municipales du 25 mars en France, afin de condamner l'attitude de Pierre Laurent, qui a noué des accords avec le Parti socialiste pour la campagne des municipales, notamment à Paris. Un motif qui explique leur retrait du Parti de Gauche européen.

Au Parti communiste, Gilles Garnier, responsable des questions européennes, veut jouer l'apaisement.

« Nous avons été très surpris de la décision du Parti de Gauche. Au PGE, il y a une règle simple, c'est qu'il ne s'agit pas d'un parti fédéral, qui n'intervient pas dans les questions nationales. Il n'y a pas d'idéologie unique. Et puis nous n'allons pas expliquer à Die Linke qu'ils ne doivent pas siéger au niveau local avec le SPD ! C'est un autre sujet. »

Le conseiller général de Noisy-le-Sec estime toujours qu'une plate-forme politique commune est envisageable pour les élections européennes entre le Parti communiste français, la Gauche Unitaire et le Parti de Gauche. Un front commun qui leur avait permis d'obtenir 4 représentants au Parlement européen en 2009 ainsi qu'un représentant de la liste Alliance des Outre-Mers.

Les candidatures aux européennes en suspens

 La candidature de l'eurodéputé communiste Patrick Le Hyaric, proche de Pierre Laurent, aurait reçu une fin de non recevoir de la part de Jean-Luc Mélenchon, secrétaire général du Parti de Gauche.

Contacté, par EurActiv, Patrick Le Hyaric dit ne pas être au courant d'une telle hypothèse.

L'idée de reconduire les sortants faisait l'unanimité, et nous avons de bonnes chances d'avoir des élus supplémentaires, en Ile de France, dans le Sud-Ouest et peut-être aussi dans l'Ouest» assure l'eurodéputé, tout en reconnaissant que sa candidature en 2009 était un peu particulière.

«En tant que directeur de l'Humanité, je représentais un courant spécifique du Parti communiste. Je me suis beaucoup investi sur la question des travailleurs détachés, sur la PAC, sur la préservation du fonds européens d'aide aux plus démunis. Notamment en suscitant des alliances avec les Verts pour que nos projets et nos amendements passent» explique le député européen.

Programme commun

Pour la campagne qui démarre, les grands thèmes de la gauche seront à la fois de dénoncer les politiques d'austérité menées par l'Europe actuelle, renoncer au traité transatlantique et aborder la question démocratique dans le fonctionnement de l'Union. «Le fait qu'Alexis Tsipras, qui pourrait gagner les législatives en Grèce, nous représente est un symbole fort» assure Patrick Le Hyaric

« Nous sommes en train d'établir les listes, nous souhaitons qu'elles soient prêtes pour la mi-janvier » rapporte de son côté Gilles Garnier, rappelant que chaque liste comportera 1 candidat du parti de Gauche, 2 candidats du Parti communiste et un candidat pour l'Alliance des outre-mers.

« Nous demandons à Jean-Luc Mélenchon de mettre son intelligence au service de la gauche, mais nous ne pouvons pas accepter ses décisions unilatérales, il faut qu'un consensus se dessine » précise Gilles Garnier. Reste que Jean-Luc Mélenchon peut aussi réserver sa décision pour les élections européennes jusqu'aux municipales, comme il l'a annoncé. Ce qui retardera sérieusement l'établissement des listes pour les élections européennes.

Contexte

La France a 74 représentants au Parlement européen, qui seront renouvelés en mai 2014. Le Front de Gauche, regroupant Parti communiste, Parti de Gauche avait remporté 4 sièges + 1 siège pour l'Alliance des Outre mers. Selon le sondage Ifop pour le Nouvel Observateur réalisé en octobre dernier, le Front de gauche est crédité de 10 % des voix pour les élections européennes, soit autant que le MoDem et l'UDI.

Prochaines étapes

  • 22-25 mai 2014: élections européennes dans les 28 Etats membres