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31/08/2016

Les chefs d’État socialistes choisissent Juncker pour la présidence de la Commission

Élections 2014

Les chefs d’État socialistes choisissent Juncker pour la présidence de la Commission

L'Elysée souhaite réorganiser une réunion des sociaux démocrates européens comme ici, en juin 2014 [Présidence de la République]

Les huit chefs d’État et de gouvernement sociaux-démocrates rassemblés le 22 juin à Paris se sont accordés pour soutenir la candidature de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne.

À l’invitation du président français, François Hollande, huit chefs d’État et de gouvernement sociaux-démocrates de pays européens, ainsi que le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel (SPD), ont officiellement entériné leur soutien au  conservateur luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat à la présidence de la Commission européenne.

« Nous respect(ons) les institutions européennes, l’esprit qui a été celui qui a présidé aux élections européennes, c’est-à-dire que le parti qui arrive en tête puisse proposer le candidat qui a été présenté, en l’occurrence Monsieur Juncker », a déclaré François Hollande à l’issue du mini-sommet, qui se tenait en amont du Conseil européen des 26 et 27 juin.

Les dirigeants européens ont par ailleurs demandé une inflexion de la politique européenne vers la croissance et l’emploi en utilisant  « toutes les souplesses » du pacte de stabilité.

>>Lire: L’horizon s’éclaircit pour un assouplissement de la contrainte budgétaire

Négociations à venir

« Mais nous voulons que soit discuté l’ensemble des responsabilités européennes à l’occasion du prochain Conseil », a-t-il ajouté, jugeant que d’autres « responsabilités » pouvaient échoir à des personnalités sociales-démocrates.

Outre Sigmar Gabriel, Matteo Renzi (Italie), Selle Thorning-Schmidt (Danemark), Victor Viorel Ponta (Roumanie), Robert Fico (Slovaquie), Bohuslav Sobotka (République tchèque), Joseph Muscat (Malte), Werner Faymann (Autriche)et Elio Di Rupo (Belgique) ont assisté à la réunion.

Sigmar Gabriel a indiqué que Martin Schulz serait proposé comme prochain président du Parlement européen.

Il « aurait été le parfait candidat pour la Commission européenne, mais les élections sont les élections (…) et c’est pourquoi Juncker sera le président de la Commission », a-t-il dit.

Martin Schulz, que François Hollande avait également invité, a annoncé qu’il présenterait formellement sa candidature et qu’il était « assez optimiste » sur la signature d’un accord à Bruxelles sur la répartition des principaux postes des institutions européennes.

Un mois après la victoire du centre droit aux élections européennes, les Vingt-Huit doivent désigner jeudi et vendredi le futur président de la Commission et se prononcer sur son mandat.

La grande majorité des Vingt-Huit est favorable à la nomination de Jean-Claude Juncker.

Cameron de plus en plus isolé

Le premier ministre britannique David Cameron, qui semble de plus en plus isolé, essaie toutefois de convaincre ses partenaires de repousser l’élection du nouveau président de la Commission dans l’espoir de trouver une solution alternative consensuelle à Jean-Claude Juncker, jugé trop fédéraliste. (voir )

La décision peut être prise à la majorité qualifiée et la position de l’Italie, qui assurera la présidence tournante de l’Union à partir du 1er juillet, sera déterminante s’il faut en arriver à un vote.

Côté allemand, Angela Merkel a annoncé le 20 juin que les députés européens de la CDU, le parti chrétien-démocrate de la chancelière allemande, soutiendraient l’éventuelle candidature du social-démocrate Martin Schulz à la présidence du Parlement européen.

Dans le même temps, Sigmar Gabriel, associé à la CDU au sein de la coalition au pouvoir à Berlin, a déclaré que le SPD accepterait que le poste de commissaire européen attribué à l’Allemagne revienne à un membre de la CDU à condition que Martin Schulz demeure président du Parlement européen.

« Nous accepterons un commissaire conservateur à condition que Martin Schulz soit élu président du Parlement européen », a-t-il dit, selon l’hebdomadaire Der Spiegel dans son édition en ligne.

Les dirigeants de l’Union européenne vont se retrouver les 26 et 27 juin prochains à Bruxelles pour un Conseil européen qui devrait désigner le successeur de José Manuel Barroso.

Contexte

Les élections du Parlement européen de mai vont entrainer plusieurs changements aux postes clés de l’Union européenne.

Traditionnellement,  les fonctions importantes de l’Union européenne sont le résultat d’un processus de négociation difficile entre les États membres. Le nom de celui qui sera sur le devant de la scène au niveau européen est négocié sur la base de la nationalité et de l’appartenance politique. Il doit refléter une représentation équitable des États membres et de l’équilibre du pouvoir politique en Europe.

Les postes qui seront disponibles dans le courant de l’année sont :

  • La présidence de la Commission européenne actuellement occupée par José Manuel Barroso qui se retira à la fin du mandat de l’actuelle Commission ;
  • La présidence du Conseil européen, actuellement occupée par Herman Van Rompuy, qui a annoncé son départ à la retraite à la fin de son mandat, fin novembre ;
  • Le haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, actuellement occupé par Catherine Ashton qui se retira à la fin du mandat de l’actuelle Commission ;
  • Le secrétariat général de l’OTAN, actuellement occupé par le danois et libéral Anders Fogh Rasmussen, qui sera disponible dès le 1er octobre.

Prochaines étapes

  • 26-27 juin : sommet européen à Bruxelles qui doit examiner la nomination de Jean-Claude Juncker comme président de la Commission européenne