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31/07/2016

Les élections européennes promettent d’être serrées

Élections 2014

Les élections européennes promettent d’être serrées

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Les socialistes et la droite européenne devraient obtenir le même nombre de sièges après les élections européennes, selon les derniers sondages. Les sondages prédisent également 20% des intentions de vote aux partis populistes. 

Le match risque d'être serré entre les deux principaux partis. Le site Internet PollWatch2014 a publié hier (19 mars) les résultats de son dernier sondage. Le site a rassemblé les conclusions de sondages sur les élections nationales dans tous les États membres.  les socialistes (S&D) devraient obtenir 214 sièges contre 213 pour le centre-droit (PPE). Le groupe des libéraux (ADLE) arrive en troisième position avec entre 40 et 60 sièges.

Selon le Doru Frantescu, le directeur des politiques de VoteWatch, l'organisation qui défend la transparence PollWatch, les résultats détermineront s'il y aura bel et bien un changement des relations de pouvoir au Parlement européen.

« Dans la configuration actuelle, le parti de centre-droit, le PPE, joue un rôle de premier plan et dispose de la majorité des votes avec l'ADLE », a affirmé mercredi Doru Frantescu, lors d'une conférence organisée par le groupe de réflexion Notre Europe.

Les socialistes et le PPE ont accéléré leur campagne au cours des dernières semaines. Ils espèrent remporter la plupart des sièges au Parlement pour que leur candidat occupe la présidence de la Commission européenne.

Des débats télévisés devraient opposer le candidat socialiste Martin Schulz et son concurrent du centre-droit Jean-Claude Juncker.

Julian Priestley, ancien secrétaire général du Parlement européen et proche conseiller pour la campagne de Martin Schulz, a expliqué à EurActiv que « les médias concentrent leur attention » sur les campagnes paneuropéennes dans le cadre des élections européennes « en raison des personnalités et des différences politiques entre les candidats [présidentiels] ».

Changement des relations de pouvoir ?

Au cours des derniers mois, les observateurs s’interrogent sur l'impact qu'aurait une montée des eurodéputés eurosceptiques au sein du prochain Parlement européen.

Les partis contre une intégration européenne renforcée devraient obtenir environ 150 sièges : 40 sièges iraient au groupe des conservateurs et réformistes européens (CRE), 33 au groupe d'extrême droite Europe libertés démocratie (ELD) et 90 sièges à des eurodéputés indépendants. Au total, l’ensemble de ces sièges représente environ 20 % du Parlement européen.

« Vous constaterez une nette majorité du côté proeuropéen », a souligné Nicolai von Ondarza, de la fondation Wissenschaft und Politik (SWP) en Allemagne. « La montée eurosceptique ne sera pas aussi spectaculaire que nous le montrent les débats médiatiques. »

«  Je constate une fragmentation continue du côté droit dans le prochain Parlement », a-t-il ajouté. « Je m'attends à avoir deux groupes eurosceptiques à droite : l'ELD et le groupe constitué par le Front national ».

EurActiv a rapporté récemment qu'une guerre des clans devrait surgir en cas de montée des partis eurosceptiques.

Malgré leurs divisions, les eurosceptiques pourraient toujours modifier l'équilibre des pouvoirs dans la prise de décisions européennes, selon les experts. « Nous assisterons à une poussée en faveur de plus de politiques de croissance et moins de consolidation budgétaire », a assuré Doru Frantescu. « Nous pourrions également constater plus d'indicateurs sociaux dans le prochain semestre européen et peut-être que des réserves vis-à-vis des négociations sur le partenariat transatlantique pourraient prendre de l'ampleur. »

Le prochain Parlement sera fortement divisé sur la question de l'énergie, selon Doru Frantescu : « Un soutien en faveur du gaz et de l'huile de schiste se fera ressentir et les eurodéputés sont divisés sur la question de l'énergie nucléaire sur le plan national. »

Comme les observateurs l'ont souligné dans le passé, l'influence la plus importante des partis eurosceptiques pourrait être au niveau national.

« En raison de l'attention médiatique portée à l'Alternative pour l'Allemagne, le parti influence déjà grandement le gouvernement », a indiqué Nicolai von Ondarza à propos du parti allemand d'extrême droite et antieuro. « Cela a eu des conséquences sur la position du gouvernement allemand par rapport à la liberté de circulation. »

Selon l'expert, l'Allemagne n'est pas le seul pays confronté à cette pression eurosceptique. « L'UKIP pèse en grande partie sur les politiques britanniques. Au Danemark, le gouvernement a été influencé par le Dansk Folkeparti dans les négociations sur le contrôle à la frontière. Aux Pays-Bas, le PVV suscite de nombreuses craintes », a-t-il conclu.

Contexte

Les prochaines élections européennes seront organisées dans tous les États membres entre le 22 et le 25 mai 2014. Les eurodéputés sont élus pour représenter les électeurs pendant 5 ans.

Ces élections seront les premières organisées depuis le traité de Lisbonne, qui renforce le pouvoir du Parlement dans le processus de nomination du président de la Commission. Les partis ont pris les choses en main et ont désigné leur propre candidat à la présidence de la Commission.

Les partis eurosceptiques en Europe ont montré leur volonté d'agir au niveau européen. Le très controversé leader néerlandais d'extrême droite Geert Wilders et la dirigeante du Front national, Marine Le Pen, ont pris l'initiative de constituer un nouveau groupe au Parlement européen avec d'autres partis avec qui ils partagent une vision commune. 

Prochaines étapes

  • 14 et 17 avril :  dernière session plénière du Parlement européen 2009-2014
  • Avril-mai : débats présidentiels entre les différents candidats à la présidence de la Commission européenne et entre Martin Schulz et Jean-Claude Juncker.
  • 22-25 mai 2014 : élections au Parlement européen