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29/09/2016

Les nouveaux entrants, « faiseurs de roi » au Parlement européen

Élections 2014

Les nouveaux entrants, « faiseurs de roi » au Parlement européen

Affiche du Parti pirate. Francfort, 2009. [spot/Flickr]

De nouvelles forces politiques vont faire leur apparition au Parlement européen après les élections européennes. Au départ, tous seront « non affiliés ». Leur choix de groupe politique va s’avérer déterminant. Un article du réseau EurActiv.

La nuit du 25 mai, la question suspendue à toutes les lèvres sera de connaître le vainqueur des élections européennes.

Une manière de répondre à cette question serait de comptabiliser le nombre de députés déjà affiliés aux différents groupes européens, mais de nouveaux acteurs politiques vont émerger dans plusieurs États membres. Leur statut sera par défaut « non affilié », mais ils rejoindront rapidement les groupes existants. Ou  de nouveaux.

En France, les nouveaux partis ont fortement gonflé le nombre de candidatures aux élections européennes. En 2009, 168 listes avaient participé au scrutin. Elles sont aujourd’hui…  193 listes à se disputer les faveurs des électeurs pour plus de 3700 candidats.

>> Lire : Avalanche de candidats aux élections européennes

>> Lire : Les partis alternatifs se lancent dans la campagne des européenne

Selon les derniers sondages, il est difficile de déterminer qui remportera la lutte politique entre le Parti populaire européen (centre-droit) et le Parti socialiste européen (centre-gauche).Les nouvelles forces politiques et leurs eurodéputés pourraient donc faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre.

L’AfD pourrait récupérer 7 % des voix en Allemagne

Pour la première fois de l’histoire des élections européennes, l’Allemagne n’aura plus de seuil électoral (fixé auparavant à 3 %), puisque la Cour constitutionnelle a abrogé cette règle en février dernier. Les petits partis auront dès lors plus de chances d’obtenir un siège dans le prochain Parlement européen. En effet, si un parti récolte 1 % des voix, il pourra avoir un représentant dans l’hémicycle.

Accrédité de 7 % dans les sondages, le parti populiste et eurosceptique Alternative pour l’Allemagne (AfD) devrait faire son entrée au Parlement européen.

La base organisationnelle de l’AfD souhaite que leurs candidats élus rejoignent le groupe Europe libertés démocratie au Parlement européen. Les cadres du parti, dont font partie les têtes de liste Bernhard Lucke et Hans-Olaf, ne partagent toutefois pas cet avis. Ils décideront plus probablement d’adhérer au groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE), dont les Tories britanniques constituent la majorité.

Les Électeurs libres (Freie Wähler) présentent un programme similaire à celui de l’AfD. Ils peuvent espérer obtenir un ou deux sièges, mais ne comptent prendre part à aucune coalition.

Le Parti pirate allemand pourrait également entrer pour la première fois au Parlement européen et enlever trois sièges. Personne ne sait encore quel groupe européen ce parti rejoindra.« Pour tous les Partis pirate européens, il faut en priorité prendre une décision par consensus […] en fonction du nombre et de l’origine des candidats qui remportent un siège », a expliqué à EurActiv Allemagne Julia Reda, tête de liste du Parti pirate allemand. Dans le Parlement européen, les deux seuls eurodéputés du Parti pirate suédois ont rejoint le groupe des Verts/ALE.

Le parti national-démocrate d’Allemagne, d’extrême droite, est pour sa part accrédité d’un ou deux sièges. La campagne particulièrement agressive du parti néo-nazi est structurée autour d’une politique migratoire tirée d’une idéologie raciste, antisémite et homophobe. Leur tête de liste, Udo Voigt, devrait très probablement rester indépendant dans le prochain Parlement européen.

Le parti satirique Die Partei (le Parti) pourrait créer la surprise. La tête de liste Martin Sonneborn, ancien rédacteur en chef de magazine satirique Titanic, a de réelles chances de remporter un siège. Il mène une campagne parodique dénuée de proposition politique sérieuse. Fondé en 2004, Die Partei avait lancé sa campagne qui prônait la reconstruction du mur de Berlin. Dans son manifeste pour les européennes, le parti appelle à la fois à un « Oui pour l’Europe » et un « Non à l’Europe ». Il veut également introduire un quota de « personnes paresseuses » aux postes de cadres supérieurs ainsi qu’une loi de protection des espèces en voie de disparition pour les Verts allemands.

Beppe Grillo à Strasbourg ?

Trois petits partis politiques vont tenter de remporter un siège d’eurodéputé à l’issue du scrutin en Italie. La liste L’Autre Europe avec Tsipras, mise en avant par les intellectuels de gauche et soutenue par le parti Gauche, écologie et liberté, qui devrait intégrer la liste de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (GUE/GVN). Ses membres soutiennent donc la candidature du leader de Syriza, Alexis Tsipras, à la présidence de la Commission.

La liste libérale-démocrate de Choix européen rejoindra le groupe libéral de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE). Elle est composée de trois partis politiques : Choix civique pour l’Italie, Centre démocratique et Agir pour arrêter le déclin. En toute logique, ils défendent la candidature de Guy Verhofstadt, tête de liste de l’ADLE.

Enfin, le parti Le Chant des Italiens, mené par Giorgia Meloni, rassemblera quant à lui les eurosceptiques et la Ligue du Nord, un parti séparatiste et populiste dont le chef est actuellement dirigé par l’eurodéputé Matteo Salvini.

Selon un sondage de PollWatch, ces trois nouvelles forces n’atteindront probablement pas le seuil minimum pour entrer au Parlement européen. En revanche, le Mouvement cinq étoiles de Beppe Grillo remportera des sièges même si c’est la première fois qu’il se présente. Selon PollWatch, ce parti arrivera en deuxième position en Italie derrière le Parti démocrate du premier ministre Matteo Renzi.

22 nouveaux partis au Royaume-Uni

L’élection européenne a suscité des vocations sur l’île britannique, même si l’élection risque surtout de se faire autour du parti très à droite Ukip, qui pourrait remporter les élections, devant les Tories. Parmi les petits partis, des causes nouvelles ont faire leur apparition, comme Animal Welfare qui défend le bien-être animal, National Health Action plan qui s’inquiète de sécurité sociale ou encore No4EU qui plaide la sortie de l’UE. Au sein de cette ribambelle de partis, seuls 3 ou 4 d’entre pourraient avoir une chance d’entrer au Parlement européen.

Une nouvelle gauche centriste en Espagne

De nombreux sondages prévoient que le parti Union, progrès et démocratie (UPyD), actuellement dans l’opposition, pourrait doubler ses sièges par rapport aux dernières élections de 2009.

UPyD a été fondé en 2007 et se définit comme socio-libéral. Ses membres rejettent le séparatisme et le nationalisme prônés par certains partis et mouvements politiques et plaident pour une Espagne et une Europe plus fédérales. En 2009, UPyD a recueilli 2,9 % des votes, soit un eurodéputé. Cette année, les sondages prévoient qu’il remportera jusqu’à six sièges. Son dirigeant, Francisco Sosa Wagner, le seul eurodéputé du parti de l’actuelle législature, a assuré que l’UPyD rejoindre un groupe. Sans spécifier pour autant lequel. Il a toutefois souligné qu’il rejoindrait un groupe pro-européen qui « défend l’unité nationale ».

Tous les sondages ne prédisent toutefois pas une nette victoire de l’UPyD. Selon un sondage organisé par El País, ce groupe n’arracherait que deux sièges. El Mundo prévoit pour sa part que le parti espagnol remportera un maximum de trois sièges. Les aspirations séparatistes pourraient également influencer les résultats des européennes

>> Lire: L’indépendance de la Catalogne s’immisce dans la campagne européenne

Le parti de gauche radicale Izquierda Plural devrait récupérer pour sa part entre cinq et sept sièges. À l’inverse, les nouveaux partis Podemos, Vox, Ciudadanos ou Primavera Europea devraient avoir des difficultés à entrer au Parlement européen.

Les séparatistes flamands sous les projecteurs

En Belgique, tous les yeux sont rivés sur les élections régionales et fédérales qui auront lieu en même temps que les européennes.

Les partis traditionnels sont confrontés à une montée du parti séparatiste flamand la N-VA.Selon les sondages, ce parti remporterait 32 % des voix et pourrait obtenir 4 des 21 sièges destinés à la Belgique.La N-VA a déclaré qu’elle quitterait le groupe Verts/ALE du Parlement européen.Il est très probable qu’elle rejoigne le groupe CRE après les élections.

>> Lire : Les séparatistes flamands à la rescousse des conservateurs européens ?

Mais la plus grande surprise pourrait venir de la gauche de l’échiquier politique.Le Parti des travailleurs de Belgique (PTB-PVDA+) est accrédité de 8 % des intentions de vote dans la partie francophone du pays et de 4 % en Flandre, la partie néerlandophone. Du coup, ce parti de gauche radicale pourrait espérer obtenir un siège.

Le PTB-PVDA+ est le seul parti fédéral belge. Les autres partis ne se présentent que dans une région déterminée. Il existe par exemple deux partis socialistes un flamand et un francophone. Il est très probable que le PTB-PVDA+ rejoigne le groupe de la Gauche européenne à l’échelle des Vingt-Huit.

Les partis traditionnels en Belgique devraient conserver leur nombre de sièges.Selon les sondages, les membres socialistes du S&D devraient garder cinq sièges ainsi que les membres libéraux de l’ADLE et les démocrates-chrétiens et « humanistes » en auront quatre.Les Verts devraient perdre la moitié de leurs représentants pour arriver à 2 sièges.

« Ton Mouvement », de nouveaux pro-européens en Pologne

En Pologne, une pléthore de nouveaux petits partis tente de grappiller des sièges au Parlement européen. Sur le côté gauche du spectre politique, la coalition Europe Plus – Ton mouvement (Twój Ruch) a vu le jour. Ce parti a été créé par les vétérans politiques Janusz Palikot, auparavant actif dans le parti Plateforme civique au pouvoir (affilié au PPE), et Marek Siwiec qui appartenait à l’Alliance de la gauche démocratique (affiliée au S&D).

« Ton mouvement » tente de présenter un programme sociolibéral différent de celui des principaux partis conservateurs. Il est actuellement le troisième parti au sein de la chambre basse du Parlement avec 36 sièges sur 460. Son leader, Marek Siwiec, a déclaré dans un entretien à EurActiv Pologne que son parti souhaitait être « pro-européen de manière provocante ». Il ne veut pas spéculer pour l’instant sur le choix du groupe au Parlement européen si l’Europe Plus-Ton mouvement obtient des sièges au Parlement européen. Le S&D ou l’ADLE semblent cependant être les choix les plus probables.

De nouveaux concurrents ont également surgi sur la droite du spectre politique. Le Congrès de la nouvelle droite (KNP) est dirigé par Janusz Korwin-Mikke. Il est réputé pour ses points de vue libertaires au niveau économique et pour sa misogynie sur le plan social.

Pologne ensemble, dont le conservatisme se fait ressentir sur les programmes économique et social, a également vu le jour. Son leader Jaros?aw Gowin, ancien ministre de la Justice, était à la tête de la branche conservatrice de Plateforme civique jusqu’à ce que le premier ministre, Donald Tusk, le contraigne à quitter le parti. Les derniers sondages indiquent que le score de Pologne ensemble devrait osciller autour du seuil électoral.

Interrogations sur Ano 2011 en République tchèque

Tomio Okamura, entrepreneur tchèque d’origine sino-japonaise, a fondé l’Aube de la démocratie directe. C’est un parti populiste de droite qui souhaite réformer l’UE sans pourtant la quitter.

Le parti a participé aux élections parlementaires en 2013 et a obtenu 14 sièges au Parlement tchèque.Klára Samková était la tête de liste, mais elle s’est retirée de la course européenne le 10 mai, car elle est suspectée d’avoir détourné de l’argent venant de la banque d’épargne Ceska Sporitelna. Roman Škrabánek, au départ deuxième sur la liste, occupe dorénavant la première position.

Selon une enquête de SANEP, le parti est accrédité de plus de 3 % des votes aux européennes. Personne ne sait pour l’instant sur quel groupe européen ce parti va jeter son dévolu.

Le parti Ano 2011 (« oui » en tchèque), la deuxième force politique en République tchèque, fait partie de la coalition gouvernementale. Il a remporté près de 19 % des votes aux législatives de 2013. Il devrait remporter plus de 20 % des voix aux élections européennes. Selon son dirigeant, le candidat Pavel Teli?ka, ancien commissaire européen, Ano 2011 rejoindra probablement l’ADLE.

Andrej Babiš, la deuxième fortune du pays selon Forbes, dirige ce parti créé en 2011, comme son nom l’indique. Son mouvement devient de plus en plus populaire, mais sa personnalité suscite largement la controverse. L’année dernière, il a acheté MAFRE, une maison d’édition de premier plan en République tchèque, et est entré au gouvernement en tant que ministre des Finances.

En raison de ses multiples fonctions, d’éventuels conflits d’intérêts pourraient surgir. On considère d’ailleurs qu’il est l’homme le plus influent de la scène médiatique nationale et qu’il a un poids important sur l’opinion publique tchèque. En outre, il est le seul propriétaire de l’entreprise Agrofert qui loue la plupart des terres agricoles. La politique agricole européenne, les accords de commerce international ainsi que la politique sur l’énergie et sur le climat présentent des intérêts à ses yeux.

Nouveaux entrants multiples en Slovaquie

La Slovaquie pourrait également envoyer de nouveaux partis au Parlement européen. Le rassemblement « Les gens ordinaires et personnalités indépendantes », parti très hétérogène, en est un exemple. Comme son nom l’indique, ce parti n’est pas conventionnel. Il s’agit d’un mélange de personnes avec des programmes politiques très différents allant du conservatisme radical aux questions environnementales en passant par la lutte contre la corruption.

Pour établir leur liste pour les européennes, le parti a fait appel à des personnalités spécifiques, à des ONG et à des personnes critiques de la société. Le député Jozef Viskupi?, membre de la commission des affaires européennes, mène la liste. Ces candidats n’ont aucune affiliation à l’échelle européenne pour l’instant, mais leur leader n’exclut pas la possibilité de s’associer à un nouveau groupe qui partage leurs objectifs.

Les probabilités sont élevées qu’un nouveau parti, le Most-Híd, vienne gonfler les rangs de la délégation slovaque du PPE. Ce parti est assez unique puisqu’il regroupe la population slovaque et la minorité hongroise qui représente 10 % de la population slovaque. Il rivalise avec le parti d’ethnie hongroise, le SMK. Ce dernier, également membre du PPE, a refusé de rejoindre le parti qui défend le dialogue entre les deux communautés.

Certains partis eurosceptiques se présenteront également pour les élections européennes. Richard Sulik, le leader du parti Liberté et solidarité, est pour certains responsables de la chute du gouvernement de centre-droit d’Iveta Radi?ova en 2011. Le parti de Richard Sulik, alors partenaire de coalition, a refusé de soutenir des modifications de Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le gouvernement a ensuite fait l’objet d’un vote de confiance.Liberté et solidarité est membre de l’ADLE.

Statu quo en Roumanie

En Roumanie, le Mouvement populaire, la Force civique et la Nouvelle république émergent à droite. Mais selon des politologues, ces nouveaux partis ne devraient probablement pas modifier la composition de la représentation au sein de la délégation roumaine.

Ce statu quo attendu s’explique par les origines politiques des candidats qui ont le plus de chances d’obtenir un siège au Parlement. Ils proviennent du parti Parti libéral-démocrate associé à l’actuel président Traian B?sescu, affilié au PPE. Étant donné que les partis de droite semblent se disputer une quantité limitée de sièges, leur principal enjeu est de mettre en place un leader sur la droite roumaine.

Le Mouvement populaire a pour sa part déjà attiré dans ses rangs un eurodéputé, Cristian Preda, et d’anciens ministres du gouvernement démocrate libéral comme Teodor Baconschi (affaires étrangères) et Daniel Funeriu (éducation).

Dans son manifeste politique, ce parti se concentre sur les objectifs à court, à moyen et à long terme relatifs à la stabilisation de la situation politique et économique du pays ainsi que sur la promotion de l’identité roumaine au sein de l’Europe. Le parti a adopté une résolution en faveur d’une adhésion au Parti populaire européen.

Le sénateur et ancien premier ministre Mihai R?zvan Ungureanu est à la tête de la Force civique.Il mènera la liste constituée de personnalités inconnues de l’opinion publique et d’étrangers à la politique roumaine.

Le PPE rejette le parti populiste « Bulgarie sans censure »

Plusieurs nouveaux acteurs politiques devraient aussi arracher des sièges pour la délégation bulgare, selon le dernier sondage de VoteWatch. La Bulgarie sans censure, un nouveau projet politique lancé par l’ancien journaliste de télévision Nikolay Barekov, est accréditée de 2 des 17 sièges bulgares.

Nikolay Barekov surfe sur la vague du populisme : il promet l’introduction de tablettes gratuites aux écoliers et d’un service militaire obligatoire pour intégrer la population rom marginalisée. En ce qui concerne son point de vue sur la censure, de nombreux journalistes bulgares lui reprochent d’avoir des relations trop étroites avec Delyan Peevski. Cet homme d’affaires controversé est le symbole de la concentration des médias en Bulgarie. Delyan Peevski figure pour sa part en deuxième position sur la liste du Mouvement des droits et des libertés, un parti affilié à l’ADLE.

La Bulgarie sans censure a envoyé sa demande d’affiliation au PPE. Mais le groupe de centre-droit a refusé l’entrée de cette nouvelle force politique, car elle suscite la méfiance auprès de Bruxelles.

Selon le même sondage, un autre parti devrait aussi occuper deux sièges : l’Alternative pour la renaissance bulgare (ABV) de l’ancien président Georgi Parvanov. L’eurodéputé Ivailo Kalfin mène la liste. Il a quitté sa fonction de dirigeant du groupe des eurodéputés bulgares au sein Parti socialiste bulgare (PSB) en janvier en raison de divergences avec Sergueï Stanichev, le leader du PSB.

Il ne fait aucun doute que l’ABV rejoindra le S&D. Lors d’une mission récente à Sofia, Martin Schulz, le candidat socialiste à la présidence de la Commission, s’est affiché publiquement aux côtés de Sergeï Stanichev et d’Ivailo Kalfin.

Le Bloc réformiste est un autre parti politique qui devrait probablement obtenir un siège à Strasbourg. Ce parti affilié au PPE représente le centre-droit « traditionnel » national.

L’Aube dorée, le parti grec d’extrême-droite devrait entrer au Parlement

Selon les derniers sondages en Grèce, trois nouveaux partis devraient faire leur entrée au Parlement européen.

Potami (La Rivière) est un parti pro-européen créé récemment qui n’a pris encore aucune décision sur le choix du groupe. Il entretient toutefois des contacts avec le S&D et l’ADLE. En ce qui concerne sa vision européenne, l’eurodéputé Kostas Argyros a récemment déclaré à EurActiv Grèce que son parti défendrait une Europe fédérale.

« Nous sommes conscients qu'[une Europe fédérale] ne sera pas mise sur pied aisément, surtout si la population ne comprend pas ce que cela implique », a-t-il déclaré en ajoutant que la population devrait cesser l’europhobie. La plupart des sondages laissent penser que Potami deviendra la troisième force grecque lors des élections européennes, totalisant entre 7 et 8,5 % des intentions de vote.

L’Aube dorée, parti néonazi et antieuropéen devrait également être représenté dans le nouveau Parlement européen. Le parti fait actuellement l’objet d’enquête criminelle et six députés de ce parti, dont le dirigeant Nikos Michaloliakos, sont sous les verrous dans l’attente de la tenue du procès relatif à d’éventuelles activités criminelles.

La semaine dernière, la Cour suprême de Grèce a donné son feu vert pour que le parti se présente aux élections européennes. Les sondages prédisent que cette force politique pourrait recevoir entre 7 et 8 % des voix. Les membres de parti ne devraient pas s’affilier à un groupe.

Les Grecs indépendants, parti de droite eurosceptique, devraient également faire leur entrée dans l’hémicycle européen. Son leader est un ancien député du parti de centre-droite la Nouvelle démocratie et pourrait se rapprocher de l’Europe libertés démocratie ou des Conservateurs et réformistes européens.

Même si le parti la Gauche démocrate est représenté au niveau national, il a peu de chances d’arriver au Parlement européen. S’il obtient au moins un siège, il adhérera u S&D.

Contexte

Les élections européennes seront organisées dans tous les États membres en mai 2014.Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, prévoit que le Parlement européen élira le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil qui tiendra compte des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du TUE).Cette disposition s'appliquera pour la première fois dans le cadre des élections de 2014.

Le Parlement européen et de nombreux spécialistes ont incité les partis à désigner leur tête de liste pour les campagnes électorales. Les élections européennes seront de facto une course à la présidence de la Commission. Les campagnes pourraient être plus politisées et le taux de participation des électeurs pourrait grimper.

D'autres responsables politiques estiment toutefois que désigner son propre candidat ne serait pas la solution idéale. Les attentes accrues pourraient facilement engendrer de la déception. M. Van Rompuy a d'ailleurs appelé à plusieurs reprises à la prudence : le Conseil européen pourrait choisir un autre candidat que la tête de liste du parti vainqueur.

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