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25/08/2016

Les partis alternatifs se lancent dans la campagne des européennes

Élections 2014

Les partis alternatifs se lancent dans la campagne des européennes

The Pirate Party. Place de la Bastille, Paris. [EurActiv]

Les élections européennes servent aussi de tribune à des formations politiques peu connues. Le Parti Pirate, Cannabis sans frontières ou encore l’Alliance Royale sont déjà dans les starting-blocks.

L’échéance européenne attise l’appétit des partis politiques alternatifs. Les élections européennes sont l’occasion pour une myriade de mouvements politiques – plus ou moins heureux – de porter leurs revendications à l’échelon européen.

Cette année, les élections européennes de mai 2014 ne dérogeront pas à la règle et les candidats de toutes tailles et de toutes idéologies sont dans les starting-blocks.

En vue de l’élection du 25 mai 2014, le Parti Pirate – qui compte déjà deux élus suédois dans l’hémicycle européen, les eurodéputés Amelia Andersdotter et Christian Engstrom – s’est organisé au niveau européen en lançant le Parti Pirate européen.

« Nous avons un programme commun pour tous les partis Pirates européens et les 23 mars nous avons officiellement lancé le Parti Pirate européen à Bruxelles » détaille le porte-parole. Au programme, une Europe élargie, le renouveau de la démocratie et la lutte pour la diffusion du savoir entre autres. En France, où le parti  se présente pour la première fois aux élections européennes, l’obtention d’un siège semble difficile pour le parti, mais certains pays comme l’Allemagne, où le Parti Pirate est davantage implanté, « pourraient avoir un élu ».

Les Pirates se sont également lancés dans la course à la présidence de la Commission européenne, actuellement occupée par  le portugais José Manuel Barroso. C’est l’eurodéputée  Amelia Andersdotter qui a officiellement pris les rênes du nouveau parti et endossé la veste de candidate à la présidence de la Commission européenne, en binôme avec Peter Sunde, ancien porte-parole du site de téléchargement Pirate Bay.  

Lire >> Parlement européen : les petits partis appelés à jouer un rôle clef

Autre formation paneuropéenne, Europe Démocratie Espéranto vise entre autres la construction d’une Europe respectueuse des droits linguistiques des Européens. Une des propositions centrales du parti est de promouvoir l’usage de la langue espéranto en lieu et place de l’anglais pour communiquer de manière plus égalitaire au sein de l’UE.   « Nous sommes exclusivement présents pour les élections européennes, car les sujets linguistiques ne peuvent pas être réglés à un niveau purement national » souligne Bert Schumann, candidat en 2009. Pour Europe Démocratie Espéranto.

Le parti résolument pro-européen Newropeans se présente également exclusivement au rendez-vous des Européennes et avait présenté des listes en France, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2009. Il défend par exemple la création d’un parlement de la zone euro.

Les indépendants 

Après avoir claqué la porte du MoDem en 2010, l’eurodéputée Corinne Lepage se relance dans la campagne pour les élections européennes avec sa liste indépendante Europe citoyenne. L’eurodéputée conduira cette fois une liste constituée de candidats issus de différents horizons, rassemblés autour d’une idée pro-européenne et des priorités telles que l’environnement.  

>> Retrouvez l’interview de Corinne Lepage sur les élections européennes

Parmi les alliés d’Europe citoyenne, on compte également le parti Europe Populaire, lancé il y a un peu plus de deux mois. Mené par Cyril Castro, ancien conseiller national UDI, le jeune parti milite en faveur d’une intégration renforcée de l’UE autour des quelques pays et quels domaines. « L’intégration de 28 États membres n’est pas réaliste. L’UE peut bien sûr s’élargir, mais il faut qu’elle conserve un « noyau dur » pour permettre l’intégration politique » détaille Laurent Daniel, vice-président du parti.  

Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) mènera également ses listes pour ces élections « particulières, car elles sont l’occasion de condamner fermement les politiques d’austérité européenne », explique Yvan Lemaitre, membre de la direction du NPA. « L’Europe doit être celle de la coopération en rupture avec le capitalisme ». Pour ces élections, le parti refuse par ailleurs une alliance avec son allié de 2009, le Front de gauche, en raison de désaccord profond sur la question européenne.  « Nous avons une tradition internationaliste, donc une certaine sensibilité à l’Europe. Nous pensons que l’avenir passera par la coopération des peuples » souligne Yvan Lemaitre.

Le parti Nous citoyens va également se lancer dans la campagne des européennes – la première pour ce parti lancé il y a quelques mois à peine. « Nous rassemblons des citoyens optimistes qui veulent changer la donne » explique Thomas Houdaille, délégué général du parti.  Pour trouver ses candidats aux 7 circonscriptions dans lesquels il compte présenter ses listes, Nous Citoyen a lancé un appel sur Internet « qui a recueilli environ 400 candidatures » se félicite le délégué général.

Les subversifs

Tout rendez-vous électoral n’en serait pas un sans les listes les plus originales. Pour l’échéance 2014, le mouvement Cannabis sans frontières remet le couvert afin de promouvoir la libéralisation des drogues en Europe.

Le parti royaliste Alliance Royale, présente également une liste dans l’ensemble des circonscriptions en France sous le nom « Une France Royale au cœur de l’Europe ». « Nous sommes en cours de finalisation des listes pour les Européennes » confirme un responsable du parti. En 2009, les royalistes avaient remporté 0,05 % des suffrages en Ile-de-France. Résolument nationaliste, l’Alliance Royale « est ouverte à la conclusion d’alliances avec des formations politiques d’autres pays d’Europe, et qui partagent ses vues ».

Le seuil des 5 circonscriptions

Pour l’ensemble de ces listes, la principale problématique reste de se faire connaitre du grand public et occuper un espace médiatique déjà saturé. « Si l’on pouvait s’exprimer davantage devant les citoyens, nous pourrions fédérer un vote contestataire et optimiste » affirme le porte-parole du Parti Pirate.

Pour se faire une place, une des solutions consiste à présenter des listes dans un minimum de 5 circonscriptions sur les 8 que compte la France pour les élections. Un seuil qui permet d’obtenir un accès gratuit à la campagne d’information audiovisuelle diffusée à la télévision.

 « Nous devons impérativement constituer au moins 5 listes. C’est à cette condition que nous aurons accès gratuitement aux clips officiels et participerons à la campagne de communication diffusée sur les chaînes nationales » appelle d’ailleurs Stéphane Guyot, Président des Citoyens du Vote Blanc sur le site Internet du parti.

Des coûts élevés

Mais cette problématique en entraine une autre : celle du coût de la campagne, jugé extrêmement élevé par plusieurs responsables de partis de taille modeste.

« Il est très difficile pour les petits partis de dégager les fonds pour financer la propagande écrite. Ce système avantage les grands partis, car ils ont la trésorerie suffisante pour payer les impressions » regrette Laurent Daniel, vice-président d’Europe Populaire et candidat sur la liste de Corinne Lepage dans le Nord Ouest.

Les professions de foi et bulletins de vote envoyés aux électeurs sont imprimés par les candidats, mais remboursés par l’État en cas de score supérieur à 3 % des suffrages. Sur la sellette pendant un temps, la propagande électorale reste d’actualité. 

Et le pari demeure risqué pour les petits partis. En 2009 lors des dernières élections européennes, la circonscription Ile-de-France ne comptait pas moins de 27 listes candidates, parmi lesquelles seulement 5 avaient remporté un siège de parlementaire… et 15 n’avaient pas passé la barre des 1 %. 

Contexte

Les prochaines élections européennes seront organisées dans tous les États membres entre le 22 et le 25 mai 2014. Les eurodéputés sont élus pour représenter les électeurs pendant 5 ans.

Ces élections seront les premières organisées depuis le traité de Lisbonne, qui renforce le pouvoir du Parlement dans le processus de nomination du président de la Commission.

En France, les candidatures aux élections européennes sont nombreuses, notamment du faible nombre de barrières. Pour les partis politiques, il suffit de présenter des listes de 20 candidats (10 candidats et 10 suppléants) respectant la règle de la parité. Dans d'autres pays, tels que l'Allemagne, les partis doivent par exemple obtenir un nombre significatif de signatures pour valider leur candidature. 

Prochaines étapes

  • 2 mai 2014:  clôture du délai de dépôt des déclarations de candidatures en France
  • 22-25 mai 2014: élections européennes dans les 28 Etats membres de l'UE

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