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25/07/2016

Marine Le Pen et Nigel Farage s’allient contre Juncker

Élections 2014

Marine Le Pen et Nigel Farage s’allient contre Juncker

Nigel Farage Chatham © House/Flickr

Le groupe eurosceptique de Nigel Farage s’est allié au Front national pour déposer une motion de censure contre Jean-Claude Juncker. Un projet sans avenir, mais qui signe la  première collaboration des forces eurosceptiques au Parlement européen.  

Le scandale des LuxLeaks, le système d’évitement fiscal du Luxembourg qui déstabilise le président  Juncker, a poussé les forces antieuropéennes du Parlement européen dans les bras l’une de l’autre.

Le 18 novembre, le groupe parlementaire de Nigel Farage a annoncé avoir rassemblé les 76 signatures d’eurodéputés nécessaires au dépôt d’une motion de censure contre le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

« Une motion de censure de la Commission européenne a  été soumise au président du Parlement européen [… ]Les signatures des 76 eurodéputés  nécessaires ont été remises au bureau du Président Schulz aujourd’hui.  Quarante-quatre signatures proviennent du Groupe EFDD et 32 ??des membres non inscrits » souligne un communiqué.

Le Front national dans la boucle

Parmi les signataires non inscrits figure la quasi-totalité des 23 eurodéputés du Front national, à l’exception de Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch et Édouard Ferrand.

Selon la procédure établie, la motion de censure doit maintenant être débattue et soumise au vote lors de la prochaine session plénière du Parlement européen. Ses chances d’être adoptée sont nulles au regard de la majorité confortable dont dispose Jean-Claude Juncker au Parlement européen.

« Le débat ne peut pas avoir lieu  dans les 24 heures suivant le dépôt de la motion de censure, et le vote ne pourra se dérouler que minimum 48 heures après le début du débat » a précisé le président du Parlement européen, Martin Schluz, suite au dépôt de la motion, citant le code de procédure.

Selon toute vraisemblance, la motion de censure devrait être discutée puis soumise au vote lors de la session plénière du 24 au 27 novembre.

Première alliance

Il s’agit de la première alliance des différentes forces eurosceptiques au Parlement européen, jusqu’ici en opposition permanente. Après les élections européennes, Nigel Farage avait en effet réussi à constituer un groupe parlementaire grâce notamment au soutien du mouvement 5 Étoiles de l’italien Beppe Grillo, grand vainqueur des élections en Italie.

De son côté, la Présidente du Front national, Marine Le Pen avait échoué à rassembler un nombre suffisant de nationalités pour constituer son propre groupe parlementaire, et siège depuis ainsi que ses alliés néerlandais, italiens ou belges chez les non-inscrits.

Si tout rapprochement était jugé inenvisageable par les deux forces politiques, le front commun anti-Juncker semble avoir rapproché les anciens ennemis.

>>Lire : Juncker sous la menace d’une motion de censure au Parlement européen

La gauche radicale avait également tenté un peu plus tôt dans le mois de faire voter une motion de censure contre la Commission de Jean-Claude Juncker. Mais le groupe de la Gauche unitaire européenne et de la Gauche verte nordique (GUE/NGL) avait échoué à rassembler les signatures manquantes, ayant refusé toute alliance avec  des eurodéputés d’extrême droite.

 

Contexte

Le Front national a établi son meilleur score lors des élections européennes de mai 2014, en obtenant près d'un quart des suffrages exprimées. La délégation du Front national au Parlement européen est donc la principale formation politique française, avec 24 élus sur un total de 74.