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30/07/2016

Match nul au débat présidentiel européen

Élections 2014

Match nul au débat présidentiel européen

State of the Union conference. Florence, 9 May. [European Parliament]

Les candidats à la présidence de la Commission européenne se sont affrontés lors du deuxième débat à Florence, au cours duquel leur convergence de vue est fortement ressortie, selon différents observateurs.

L’université de Florence a organisé le 9 mai le deuxième débat entre les candidats à la présidence de la Commission à deux semaines des élections. Martin Schulz y représentait les sociaux-démocrates, Jean-Claude Juncker les démocrates-chrétiens, Guy Verhofstadt les libéraux et José Bové, les Verts.

« Personne n’a gagné, personne n’a perdu », a expliqué à EurActiv le professeur Alexander Trechsel de l’Institut universitaire européen. « Le deuxième débat a confirmé mon point de vue : les candidats partagent les mêmes avis sur la plupart des thèmes. »

George Soros, invité à une séance consacrée à la désintégration et au renouveau de l’Union européenne, n’est toutefois pas du même avis : « Le candidat luxembourgeois n’a certainement pas gagné.Je n’en suis pas sûr que ce soit le cas pour les trois autres. »

Comme lors des autres débats, le candidat du Parti de la gauche européenne, le Grec Alexis Tsipras, était absent.

Divergences quant au budget

Le seul point de discorde concernait la souplesse par rapport aux critères appliqués dans le cadre du pacte de croissance et de stabilité.

Martin Schulz a répété que l’argent dépensé par les gouvernements dans des investissements productifs devrait être exclu des calculs de dette et déficit dans la zone euro. Il a en fait demandé à un assouplissement des plafonds en matière de dettes et de déficit qui s’élèvent actuellement à respectivement 60 % et 3 % du produit intérieur brut.

 « Nous devrions analyser les investissements futurs et les dépenses actuelles », a déclaré Martin Schulz lors du débat à Florence. « Je comprends les propos de Matteo Renzi quand il dit “parlons des investissements et des dépenses actuelles” », a-t-il ajouté en faisant référence aux arguments présentés par le premier ministre avant le débat présidentiel.

L’Italie et la France auraient en effet probablement besoin de plus de temps pour remettre de l’ordre dans leurs finances que ce que prétend la Commission.

Pour Jean-Claude Juncker, pas question d’adapter ces règles. « Je ne permettrais pas plus de souplesse [dans l’application des règles budgétaires]. Les pays doivent respecter leurs engagements », a-t-il déclaré. « Nous ne pouvons pas dépenser de l’argent que nous n’avons pas. »

Le Belge Guy Verhofstadt partage le même point de vue : aucune exception ne sera tolérée.

Le militant altermondialiste José Bové a pour sa part indiqué que le plafond serait acceptable si l’UE détenait ses propres ressources qu’elle pourrait décentraliser en investissant au nom des gouvernements nationaux.

Risque de dysfonctionnement démocratique

Une bonne partie du débat a porté sur le processus de sélection du prochain président de la Commission européenne.

Tous les candidats ont à nouveau exprimé le même point de vue à ce sujet. Si les dirigeants des États européens ne prennent pas en compte les résultats des élections européens et ne sélectionnent pas un candidat tête de liste, « cela créera un incident majeur », a déclaré le Luxembourg Jean-Claude Juncker.

Guy Verhofstadt a affirmé pour sa part que le Parlement devrait refuser tout candidat qui ne figure pas parmi la liste des candidats à la présidence de la Commission.

Le secrétaire général de l’Institut universitaire européen, Pasquale Ferrara, a trouvé que le débat était assez intense sur ce sujet. « Si les leaders [des États européens] ne choisissent pas l’un de ces candidats, ce serait la preuve que nous vivons dans une démocratie qui fonctionne mal. »

>> Retrouvez toute l’actualité sur les débats présidentiels européens ici

Contexte

Ces élections seront les premières organisées depuis le traité de Lisbonne, qui renforce le pouvoir du Parlement dans le processus de nomination du président de la Commission.

 Cinq partis européens ont désigné une tête de liste pour la campagne électorale, « Spitzenkandidat » en allemand. Ces personnalités politiques se présentent à la tête de la Commission européenne. En « mettant un nom sur un visage », les campagnes paneuropéennes ont pour objectif d'augmenter le taux de participation chez les électeurs, chez qui le taux d'abstention est en constante progression.

 Pour la première fois, les candidats s'affronteront dans une série « débats présidentiels ».Ces débats seront diffusés par des médias nationaux et européens. Le troisième et dernier débat aura lieu le 15 mai.

Prochaines étapes

  •  22-25 mai 2014 : élections européennes
  •  Juin 2014 : les groupes parlementaires ouvrent des négociations informelles avec le Conseil de l'UE sur le prochain président de la Commission
  •  26-27 juin 2014 : désignation du président de la Commission lors du sommet du Conseil européen
  •  14-17 juillet 2014 : le Parlement vote en session plénière la nomination du président de la Commission par le Conseil européen
  •  Eté 2014 : le nouveau président désigne la composition de son équipe, puis les futurs commissaires font l'objet d'auditions individuelles au Parlement en septembre
  •  Oct. 2014 : le Parlement européen devrait confirmer la composition de la nouvelle Commission

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