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30/09/2016

Présidence de la Commission: les élections allemandes ouvrent les portes à Martin Schulz

Élections 2014

Présidence de la Commission: les élections allemandes ouvrent les portes à Martin Schulz

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Après la tenue des élections allemandes, Martin Schulz, l’actuel président du Parlement européen est devenu le candidat favori du Parti socialiste européen (PSE) en vue de succéder au président de la Commission, José Manuel Barroso.

Un éventuel accord sur une grande coalition entre les sociaux-démocrates et le centre-droit CDU/CSU pourrait inclure la nomination de Martin Schulz au poste de commissaire européen, a expliqué l’eurodéputé allemand Jo Leinen à EurActiv.

« Si nous parvenons à une grande coalition, le SPD voudra avoir la main sur la nomination du prochain commissaire allemand. Il pourrait s'agir de Martin Schulz, si nos familles politiques trouvent une majorité pour le nommer au poste de président de la Commission », confie l'eurodéputé lors d'un entretien téléphonique à la suite des élections.

Le PSE défend ardemment la sélection d'un candidat au sein des familles politiques européennes pour présider l'exécutif européen. Objectif : « mettre un visage » sur les élections européennes en mai 2014.

Lors d'un congrès en novembre 2011 à Bruxelles, les socialistes ont décidé de désigner un candidat par l'intermédiaire de primaires internes avant janvier 2014 au sein de tous les partis et organisations membres.

Du côté du Parti populaire européen (PPE), dont José Manuel Barroso est vice-président, la situation est plus vague. Un autre vice-président du PPE et non-candidat, Herman Van Rompuy, a critiqué ouvertement l'idée d'élections directes pour les hautes fonctions dans les institutions européennes.

De son côté, le parti politique libéral ADLE discutera des candidats lors d'une réunion en amont du Conseil européen des 19 et 20 décembre. Si plusieurs candidats émergent, un vote sera organisé au printemps. Enfin, le parti des Verts choisira deux candidats par l'intermédiaire de primaires, histoire de compliquer les choses.

Pour la première fois depuis la mise en oeuvre du traité de Lisbonne, le Parlement élira le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil européen tenant compte des résultats des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du traité sur l'Union européenne). Le traité de Lisbonne ne mentionne aucune élection directe du président de la Commission européenne.

L'éventuelle nomination de Martin Schulz comme commissaire allemand pourrait résoudre certains problèmes, mais en créer d'autres.

Si le PSE désigne Martin Schulz comme candidat à la présidence de la Commission, cet accord empêcherait la chancelière allemande de bloquer l'initiative en choisissant une autre personne pour devenir le prochain commissaire allemand.

Le choix de Martin Schulz pourrait toutefois attiser des antagonismes au sein des forces de centre-gauche dans l'UE, qui pourraient envisager d'autres candidats.

Il est également possible que l'Allemand soit moins crédible dans son poste actuel de président du Parlement, s'il devient officiellement le candidat du PSE pour le centre-gauche.

Si Angela Merkel donne son feu vert à la nomination de Martin Schulz au poste de candidat commissaire, le PPE choisira aussi probablement un candidat.

Selon Brian Synott, porte-parole du PSE, les candidatures des partis de centre-gauche auront lieu entre le 1er et le 21 octobre. Un candidat sortira gagnant du congrès socialiste en février. Entre-temps, les candidats feront campagne dans toute l'Europe pour se présenter à leurs partis frères.

EurActiv a demandé au cabinet de Martin Schulz si cette nomination n'entrainerait pas la démission du président du Parlement européen. Le porte-parole Armin Machmer s'est abstenu de tout commentaire.

Contexte

Les élections européennes de 2014 seront les premières organisées depuis le traité de Lisbonne, qui visait à renforcer le rôle du citoyen européen en tant qu'acteur politique dans l'UE.

Le traité de Lisbonne renforce également les pouvoirs du Parlement européen, ce qui consolide son rôle en tant que colégislateur et lui accorde davantage de responsabilités. Le Parlement élit le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil européen en prenant en compte les résultats des élections européennes (article 17, alinéa 7 du traité sur l'Union européenne).

Prochaines étapes

  • 22-25 mai 2014 : élections européennes dans les 28 États membres

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