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27/08/2016

Regain de confiance envers l’UE après les élections

Élections 2014

Regain de confiance envers l’UE après les élections

65% of European's feel like citizens of the EU [igo.stevanovic/Shutterstock]

Après la percée de l’euroscepticisme lors des dernières élections européennes, le nombre de citoyens estimant que leurs voix comptent en UE n’a jamais été aussi haut, selon un sondage de la Commission.

Les Européens ont une meilleure opinion de l’UE après les élections européennes, selon un sondage publié par la Commission européenne le 25 juillet.  

Selon cet Eurobaromètre, plusieurs évolutions positives ont été enregistrées à la suite des élections européennes de mai 2014, marquée par le renforcement de la légitimité démocratique des institutions européennes. En effet, avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009, chacun des grands partis politiques européens a désigné son candidat à la présidence de la Commission, établissant ainsi un lien direct entre le résultat des élections et le choix du chef de l’exécutif européen. 

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Réalisé juste après les élections européennes marquées par la montée en puissance des forces eurosceptiques au Parlement européen, l’Eurobaromètre montre que 42 % des citoyens de l’Union estiment que leur voix compte dans l’UE. En novembre dernier, ce nombre n’atteignait que 29 %.

Il s’agit du niveau le plus haut atteint depuis que cette question a été intégrée au sondage Eurobaromètre standard il y a dix ans. En France, où le Front national est arrivé en tête des élections avec 25% des suffrages, ce taux atteint même 54% des sondés, ce qui équivaut à une augmentation de 18% par rapport au dernier sondage.

Pour Charles de Marcilly, le responsable du bureau bruxellois de la Fondation Robert Schuman,  les chiffres présentés par la Commission européenne reflètent aussi la montée du populisme incarné par Beppe Grillo en Italie, UKIP au Royaume-Uni ou encore le Front National en France. « Si 50% des Européens sont optimistes pour l’avenir de l’UE, il reste aussi une large partie de la population qui en doute. Il reste du chemin à faire ».

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L’appartenance à l’Union européenne a également connu un véritable décollage. En effet, 65 % des 32.689 personnes interrogées ont déclaré se sentir citoyens de l’UE, contre 59 % lors du dernier sondage en novembre 2013. La France quant à elle, se situe légèrement en dessous de la moyenne européenne avec 63% des 1004 personnes sondées qui se sentent citoyens européens. Mais ce nombre est tout de même en augmentation de 6%.

Des citoyens mieux informés

Selon le vice-président de la Commission européenne chargé des relations interinstitutionnelles et de l’administration,  Maroš Šef?ovi?, la communication autour des enjeux des élections européennes a joué un rôle.  « Il va de soi que les nombreux débats sur les élections européennes — et notamment les dialogues avec les citoyens et la nomination de “Spitzenkandidaten” (« candidats têtes de liste », ndlr) — ont permis de rapprocher l’Europe de ses citoyens », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Les médias ont également joué un rôle en accordant une plus grande visibilité aux affaires européennes pendant la campagne, estime Charles de Marcilly, le responsable du bureau bruxellois de la Fondation Robert Schuman. Il considère aussi que les citoyens européens ont cherché à comprendre les enjeux de ces élections même s’il nuance.

« Ce n’est pas forcément une tendance générale. Il y a de fortes disparités entre les États. Dans les pays du Nord, il y a une culture européenne plus développée alors que dans les pays du sud, il n’y a pas de vision positive du politique » affirme-t-il. 

Les Français moins confiants que la moyenne des Européens

De nombreux Européens pensent que la situation économique de l’UE s’améliorera dans les douze prochains mois. Ainsi pour la première fois depuis le début de la crise financière, ceux qui pensent que l’impact de la crise sur le marché de l’emploi a atteint son pic sont plus nombreux (47%) que ceux qui pensent que le pire est encore à venir (44%).

Mais en France, 60% des sondés estiment que dans le domaine de l’emploi, le pire est encore à venir. Par ailleurs, 27 % des personnes interrogées pensent que l’Union européenne est la plus à même de prendre des mesures efficaces pour résoudre la crise économique et financière.

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« L’Europe a traversé des périodes difficiles, mais elle est en train de franchir un cap. Les efforts solidaires déployés au niveau européen pour que l’Europe s’engage sur la voie de la reprise économique commencent à porter leurs fruits », a déclaré Maroš Šef?ovi?.

Par ailleurs, le soutien à l’union économique et monétaire avec l’euro augmente puisqu’il gagne trois points par rapport à novembre 2013 et atteint 55% d’avis favorables. A l’inverse 36% des sondés y sont opposés. Au sein même de la zone euro tout comme en France, l’euro récole 67% des avis favorables (68% en France) contre 26% de votes défavorables.

La Commission européenne un peu trop optimiste ?

Pour Charles de Marcilly, l’optimisme apparent de la Commission européenne à la suite de cette publication montre la volonté de l’institution d’avoir un mois de juillet de bon augure. « C’est la fin du mois de juillet, la Commission européenne est dans son rôle d’être optimiste. Elle préfère voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide. C’est un message politique avant une rentrée qui s’annonce musclée », estime-t-il.

Cependant, pour le responsable de la Fondation Robert Schuman, il n’est pas sûr que cette tendance soit pérenne. L’intérêt des Européens pour les politiques et les institutions européennes va être un défi pour la nouvelle Commission.

« Communiquer pour communiquer sans volonté politique derrière, est contre-productif. L’Union européenne a besoin de relais d’opinion. De même, pendant la campagne, on a quitté le côté institutionnel pour aller dans les pays directement. La Commission devra être plus politique dans son expression avec plus de liberté », a-t-il déclaré.

Contexte

Depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009, les pouvoir du Parlement européen n’ont cessé de croître. Pour la première fois, les élections européennes ont permis aux électeurs des 28 États membres de l’UE d’élire les 751 députés qui ont élu Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, le 15 juillet dernier.

Depuis les premières élections européennes en 1979, la participation n'a cessé de chuter, preuve d’un désintéressement des électeurs pour l’Union européenne. Cependant, le taux de participation s’est stabilisé en mai dernier avec 43,1 % de participation au scrutin de mai 2014. En France, une légère hausse de ce taux a été remarquée.

Prochaines étapes

Octobre 2014 : le Parlement européen devrait confirmer la composition de la nouvelle Commission
1er novembre 2014 : date butoir pour l'entrée en fonction de la nouvelle Commission

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