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27/08/2016

Silvio Berlusconi veut se présenter en Estonie pour les élections européennes

Élections 2014

Silvio Berlusconi veut se présenter en Estonie pour les élections européennes

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L'ancien premier ministre italien envisage de se présenter aux élections européennes en Estonie. Une façon de contourner la législation italienne qui lui interdit d’être candidat à domicile.

L’entourage de Silvio Berlusconi soutient de plus en plus son « une idée folle » : occuper un siège dans un pays étranger, rapporte le quotidien Il Messaggero.

L'ancien premier ministre a été condamné le 1er août à quatre ans pour fraude fiscale, commués à un an. Une peine qui le fait tomber sous le coup de de loi italienne « Severino »,  interdisant aux citoyens condamnés à plus de deux ans de prison de participer à des élections politiques en Italie.

L'arrêt de la Cour avait semé la confusion sur la scène politique italienne, risquant de faire chuter la coalition gouvernementale, dans laquelle le parti du Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi joue un rôle important.  Le Cavaliere risque également de perdre son siège de sénateur, en vertu d'une loi adoptée par le gouvernement de Mario Monti l'année dernière.

Recours en justice 

De son côté, Silvio Berlusconi affirme que le jugement est politiquement motivé et envisage de faire appel auprès de la Cour constitutionnelle italienne. Selon le PDL, le Sénat devrait attendre le jugement avant de décider d'une éventuelle exclusion du Parlement. L'ancien premier ministre a également saisi la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg.

Silvio Berlusconi pourrait donc se présenter en Estonie, selon Il Messaggero. Un pays où un homme d'affaires et ami proche, Ernesto Preatoni, a établi son empire.

Ce dernier est le propriétaire de Domina Vacanze Group, une organisation qui lui a permis de créer un empire immobilier en Italie et en Égypte. Il s’agirait d’un personnage controversé et sa page sur Wikipédia a été supprimée en raison de publications contradictoires.

D'après la presse et des blogueurs italiens, ce serait « un jeu d'enfant » pour Ernesto Preatoni de constituer une liste en Estonie et d'y intégrer le magnat italien.

Aucune loi dans le système électoral européen n'interdit à une personne de devenir eurodéputé dans un autre pays. Ce ne serait toutefois pas la première fois qu'un homme politique italien se présente dans un pays balte.

Le journaliste italien Giulietto Chiesa, ancien correspondant à Moscou, s'était présenté en Lettonie en 2009 sur une liste représentant la minorité russe du pays. Il n'a pas pu obtenir de siège, car le parti n'a pu envoyer qu'un seul eurodéputé à Bruxelles.

Immunité parlementaire

Ce ne serait pas la première fois non plus qu'une personne influente devient eurodéputé pour obtenir l'immunité. L’ancien député européen Victor Uspaskich, homme d'affaires millionnaire et ancien ministre lituanien de l'économie, a obtenu un siège en 2009 en vue d’échapper à des poursuites judiciaires en matière de fraude fiscale.

>> Lire : La Lituanie veut suspendre l’immunité d’un eurodéputé millionnaire

Il n’est plus eurodéputé, car il a été condamné en juillet 2013 pour fraude fiscale dans son pays. Il n’a cependant pas été emprisonné, car il aurait payé une caution de 145 000 euros. 

Contexte

Silvio Berlusconi est parvenu à passer du monde des affaires à la scène politique. Quelques mois avant les élections de 1994, il fonde le parti Forza Italia et remporte le scrutin. Son gouvernement tombe toutefois rapidement lorsqu'un allié retire son soutien.

Lors des élections suivantes, il perd face à Romano Prodi, candidat de centre-gauche. Mais ce n'en est pas fini pour lui. Il revient au pouvoir en 2001 et en 2008, après avoir perdu une nouvelle fois contre M. Prodi en 2006.

Ses mandats politiques ont toujours été teintés de problèmes fiscaux et juridiques. En 2011, le Cavaliere est impliqué dans un scandale de prostitution de mineure, le « Rubygate ». Une économie chancelante et les craintes d'une crise de la zone euro le poussent à démissionner en novembre 2011. Un gouvernement de technocrates emmené par Mario Monti prend la relève.

Silvio Berlusconi ne s'est pas présenté lors des élections de 2013, mais a participé à la résolution de la crise politique italienne en soutenant la coalition de son rival politique Enrico Letta, afin de former un gouvernement. 

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