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04/12/2016

Benoît Hamon veut « démocratiser et repolitiser » le projet européen

Elections

Benoît Hamon veut « démocratiser et repolitiser » le projet européen

Benoit Hamon représente l'aile gauche du Parti socialiste

L’enjeu européen a fait une brève incursion dans l’agenda de la primaire socialiste avec le passage de Benoit Hamon au Parlement européen. Le candidat à la primaire dénonce «l’accord mortifère entre la droite et la social-démocratie».

Benoit Hamon est allé à  Strasbourg pour la session du Parlement européen. Le candidat à la primaire du parti socialiste français en vue de l’élection présidentielle de 2017 a profité de cette tribune pour dire tout le mal qu’il pense du CETA et appeler à une refondation de l’Europe.

Il a défendu les « positions courageuses » des Wallons et en a profité pour s’attaquer à François Hollande. « J’attends de François Hollande autre chose que l’attitude qui consiste à faire avec Magnette ce qu’il avait fait avec Tsipras, celle qui consiste à le faire entrer dans le cadre malgré lui, a déclaré Benoît Hamon. Allant plus loin dans un communiqué et devant le risque de court-circuitage des parlements nationaux, il en a appelé au président de la République française. « Je demande solennellement au Président de la République de réaffirmer avec force le refus de la France de voir le statut juridique de cet accord modifié : il en va de la transparence et de la défense des principes démocratiques au fondement du projet européen », a-t-il écrit.

Benoit Hamon, qui avait été débarqué du gouvernement en août 2014 en même temps qu’Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti, compte sur la primaire socialiste, où il fait office de troisième homme, pour se refaire une santé politique. Il est le premier candidat à la primaire socialiste à faire le déplacement à Strasbourg à l’occasion d’une session parlementaire. La configuration et le fonctionnements actuels de l’Europe ne sont pas en odeur de sainteté au sein de l’aile gauche des socialistes, dont il est l’un des représentants. Le mal vient de loin : le PS français n’a jamais surmonté les divisions issues du référendum de 2005. L’avenir de l’Europe sera un des sujets de la primaire socialiste, avant d’en être un pour la présidentielle l’année prochaine.

Un arc d’alliance des gauches européennes

Pour Benoît Hamon, il faut justement profiter du CETA pour revoir les règles de fonctionnement de l’Union. Il a salué l’action des dirigeants wallons. « Les Wallons avec une volonté et un courage politique qui ouvrent une brèche aujourd’hui dans le débat européen ont fait obstacle à la ratification d’un traité mauvais pour l’environnement […] qui sert de cheval de Troie à ce qui pourrait être demain le traité de libre-échange avec les Etats-Unis. Cette brèche ouverte par les Wallons doit être utilisée par toutes celles et ceux qui veulent démocratiser et repolitiser le projet européen », a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur son compte Twitter.

L’ancien ministre de l’Education et de l’Economie solidaire français plaide pour un « arc d’alliance des gauches européennes », seule façon pour lui de sortir de « l’accord mortifère » entre les conservateurs et la social-démocratie qui conduit au « désenchantement démocratique en Europe ».

La peur du Brexit pousse la droite française à parler d’Europe

Si les candidats à la primaire de la droite sortent de leur mutisme, c’est pour évoquer une Europe malade.

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Contexte

Après la primaire de la droite, en novembre, la gauche organise sa propre primaire en janvier 2017 en vue des élections présidentielles de mai 2017. Les candidats déclarés sont Arnaud Montebourg, Benoit Hamon, Marie-Noelle Lienemann, Jean-Luc Benhamias et François de Rugy. Côté PS, le doute subsiste quant à une autre candidature officielle : celle de Hollande, ou de Manuel Valls. Emmanuel Macron a de son côté décidé de ne pas y particper.