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31/08/2016

Eva Joly favorable à de nouveaux transferts de souveraineté vers Bruxelles

Elections

Eva Joly favorable à de nouveaux transferts de souveraineté vers Bruxelles

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Flanquée de deux de ses collègues du Parlement européen, la candidate écologiste a tenu, le jour du Conseil européen, à réaffirmer que “l’Europe est centrale” dans sa campagne. Eva Joly se dit favorable à un « saut fédéral » de l’UE.

Six mois après le début de sa campagne, Eva Joly ne décolle toujours pas dans les sondages, stagnant entre 2 et 4% d’intentions de vote.

Pour marquer sa différence avec les autres prétendants, la candidate d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) a décidé, lundi 30 janvier, de jouer sa carte « Europe », ce qui ne manque pas d’originalité dans une élection avant tout nationale.

Son Allemand

« La solution à la crise est européenne », a-t-elle insisté tout en précisant qu’elle ne croyait pas le moindre du monde dans les décisions actuellement prises par les dirigeants des Vingt-Sept qui n’ont «qu’une vision comptable. Nous savons que le pacte de stabilité est insuffisant ».

Pour donner plus de poids à son message, Eva Joly a battu le rappel avec deux des personnalités qui ont fait le succès du parti lors des élections européennes de 2009. A ses côtés, l’eurodéputé José Bové et «son Allemand », alias Daniel Cohn-Bendit. La comparaison vient de l’intéressé même, qui a taclé les constantes comparaisons entre la France et Allemagne de Nicolas Sarkozy. Sauf quand il s’agit « de la sortie du nucléaire », a-t-il ironisé. La secrétaire nationale du parti, Cécile Duflot complétait le panel de la conférence de presse.

Un vice Premier ministre

Pendant une heure, Eva Joly a exprimé son souhait de renouveler la politique européenne de la France et a promis de la faire « sortir du domaine réservé du Président de la République ».

Pour celle qui siège aussi à Strasbourg depuis 2009, la France a besoin d’un « vice Premier ministre » dédié aux affaires européennes car tous les ministères sont concernés par les directives.

Fiction nationale

Eva Joly a également délimité les contours de sa pensée européenne, ouvertement fédéraliste. «Véritable pacte budgétaire européen », « eurobonds » et « politique fiscale commune » sont pour elle indispensables tout comme la mise en commun des dettes nationales au delà des 60% du PIB.

« L’idée de souveraineté nationale en matière financière est aujourd’hui dépassée » et ne serait plus qu’une « fiction », estime la candidate.

Et à Daniel Cohn-Bendit d’enfoncer le clou en déclarant qu’il faut en terminer avec le « national présidentialisme ». Le tribun du groupe des Verts du Parlement européen a regretté qu’en France, « pour être élu, il faille rendre la France plus grande qu’elle ne l’est ».

L’Europe bâton

Eva Joly s’est interrogée sur ce qu’il adviendrait de cette même grandeur si les taux d’intérêt français s’envolaient soudainement. « La souveraineté compterait alors beaucoup moins » que la nécessité de rembourser. « Il faut aller de l’avant dans la crise » et arrêter de « tout faire trop tard ».

S’inscrivant en porte à faux avec la vision de Nicolas Sarkozy, qui privilégie l’Europe des États, EELV veut « sortir l’Europe de la méthode intergouvernementale » et a demandé le renforcement du rôle du Parlement de Strasbourg. Le système actuel du directoire franco-allemand favorise « le rejet (…) d’une Europe bâton » a estimé José Bové.

Jusqu’au bout ?

Mais la candidature d’Eva Joly va-t-elle être maintenue malgré cette vague d’optimisme ?

« Nous sommes tous là pour dire que le projet que nous portons, à la fois écologiste et européen, est nécessaire», a ajouté l’ancien leader de Mai 68. « La responsabilité de remettre l’Europe et l’écologie dans le débat de cette campagne, c’est aussi notre responsabilité. »

Pourtant, Daniel Cohn-Bendit n’était pas favorable à une candidature EELV à la présidentielle et avait proposé un ralliement, dès le premier tour, au Parti socialiste.

Aujourd’hui, le député européen se veut plus consensuel. « On n’en est pas là. On est aujourd’hui le 30 janvier, je vous donne rendez-vous à la fin mars début-avril », a-t-il lancé à la presse.