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24/02/2017

Hamon met en garde la gauche contre «l’euroscepticisme»

Elections

Hamon met en garde la gauche contre «l’euroscepticisme»

Le candidat à la primaire de la gauche a mis en garde Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg contre un « euroscepticisme » qui pourrait inciter les électeurs de gauche à « aller voter Front national » lors de l’élection présidentielle.

Interrogé en marge d’une rencontre avec l’ancien ministre des Finances grec Yanis Varoufakis, Benoît Hamon a appelé à « faire attention à ne pas tomber du mauvais côté de la force ».

« On commence par dire que l’euro ce n’est plus possible, demain on remet en cause les frontières… Je ne sais pas où ça s’arrête », a déploré Benoît Hamon. « Je pense que Jean-Luc [Mélenchon], comme Arnaud [Montebourg], comme d’autres, sont solides sur leurs convictions, mais il faut faire attention que les concepts que l’on manipule ne conduisent pas à ce que nos électeurs choisissent d’aller voter Front national au motif que l’on aurait entretenu une forme d’euroscepticisme », a poursuivi le député des Yvelines, jugeant « important de redire qu’aujourd’hui on peut être dans la coopération en Europe et dans le progrès social à la fois ».

>> Lire : Benoît Hamon veut « démocratiser et repolitiser » le projet européen

« Je ne veux pas être un de ceux qui ferment la porte et éteignent la lumière en disant l’Europe c’est terminé. Je ne briserai pas le projet européen », a encore assuré l’ancien ministre de l’Éducation, à l’issue d’un déjeuner avec Yanis Varoufakis.

L’ancien ministre grec, pourfendeur iconoclaste de l’austérité en Europe, est aujourd’hui à la tête de DIEM 25, un « mouvement pour la démocratie en Europe » qui plaide pour « la création d’une internationale progressiste », opposée à « l’internationale nationaliste ».

Désintégration de l’Europe

« L’Europe est à un stade avancé de désintégration. Notre maison s’effondre autour de nous », s’est notamment ému Yanis Varoufakis en épinglant les « politiques menées par l’Union européenne qui détruisent l’Europe ».

« À DIEM 25, on va présenter dans les prochaines semaines notre agenda pour l’Europe, que l’on appelle le New Deal européen », a expliqué Yanis Varoufakis, qui soumettra ensuite ce projet « à tous les candidats progressistes en France ».

« C’est à Benoît [Hamon], Arnaud [Montebourg], Emmanuel Macron, Jean-Luc [Mélenchon], de répondre à nos propositions et de dire dans quelle mesure ils sont d’accord avec les positions de DIEM 25 », a-t-il ajouté.

>> lire : Varoufakis s’apprête à lancer un « plan B » pour l’Europe

Dans cette perspective, Benoît Hamon s’est dit particulièrement « sensible » au « concept de désobéissance constructive » porté par Yanis Varoufakis et qui consiste à « ne pas accepter tout ce qui nous est mis sur la table par la Banque centrale européenne, par la Commission européenne ».

« Je pense que l’on peut construire des stratégies intelligentes, autres que celles qui consistent à se coucher ou à celle qui consiste à tout casser », a poursuivi Benoît Hamon. « Il y a une troisième voie et ce chemin Yanis Varoufakis contribue à le tracer. »

>> Voir aussi l’infographie : Le référendum sur l’UE, nouvelle marotte de l’élection présidentielle