Juncker estime que l’UE survivrait à l’élection de Le Pen

Marine Le Pen, candidate de l'extrême droite à l'élection présidentielle. [Julien De Rosa/ EPA]

Le président de la Commission ne voit pas la nécessité de prévoir un « plan d’urgence » pour l’élection présidentielle française, estimant que l’UE était assez  forte pour survivre à une victoire de Marine Le Pen.

À deux jours du premier tour de l’élection présidentielle française, la Commission a affiché un calme olympien face au scénario d’une élection de Marine le Pen.

Interrogée sur la préparation de l’exécutif européen au « Frexit » défendu par la candidate d’extrême-droite, une porte-parole de la Commission a déclaré qu’il n’était pas nécessaire d’établir un « plan d’urgence ».

Elle a mentionné l’attachement de Jean-Claude Juncker pour les élections et a souligné que l’échéance française était « une nouvelle opportunité pour la démocratie ».

« Si Marine Le Pen gagne les élections, ce ne sera pas la fin du projet européen », a-t-elle commenté, en citant Jean-Claude Juncker dans une interview qu’il avait accordée au quotidien allemand Welt am Sonntag, le 19 mars.

Elle a ajouté que Jean-Claude Juncker voudrait que les forces pro-européennes aient le dernier mot, mais que seul l’électorat français déciderait.

Le point de vue du président de la Commission contraste avec celui d’autres responsables européens, comme le commissaire français Pierre Moscovici, qui a déclaré qu’une victoire de Marine Le Pen et un Frexit seraient mortels pour le projet européen.

« Il ne faut pas donner à un candidat le monopole de la défense de l’Europe »

L’élection de Marine Le Pen et la sortie de la France de l’UE porterait un coup fatal au projet européen, met en garde le commissaire français aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

Marine Le Pen a elle-même déclaré que l’UE allait mourir, car les peuples n’en voulaient plus.

Techniquement, une sortie de la France de l’UE pourrait s’avérer difficile, même en cas de victoire de Marine Le Pen gagne. Contrairement au Royaume-Uni, il est inscrit dans la Constitution française que « la République fait partie de l’Union européenne ». Un « Frexit » nécessiterait donc un changement constitutionnel, chose que les experts estiment difficile, mais pas impossible.

La Constitution française indique que les propositions de loi sur les pouvoirs de l’État, les réformes économiques, sociales et environnementales et les demandes de ratification de traité doivent être décidées par référendum.

La Constitution n’octroie cependant pas le droit de sortir la France d’un accord international existant. Par conséquent, si un gouvernement ou un président veut que la France sorte de l’UE, la constitution devra être modifiée.

L’Article 89 de la Constitution énonce qu’un tel changement doit d’abord être approuvé par l’Assemblée nationale et le Sénat.

Ensuite, le président peut soumettre la proposition à un référendum ou obtenir l’approbation des trois cinquièmes du Congrès (Sénat et Assemblée nationale rassemblés à Versailles).

 

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