L’Espagne en alerte après les attentats de Paris

Avec les nouvelles conditions c'accès aux fonds régionaux, Madrid tente de faire plier les indépendantistes. [Jean-Pierre Dalbéra / Flickr]

Suite aux attentats de Paris, la campagne présidentielle espagnole a été suspendue pendant la journée du 14 novembre. Un article d’EURACTIV Espagne.

« Nous ne sommes pas face à une guerre de religion, mais à une bataille entre la civilisation et la barbarie », a assuré le 14 novembre le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, dans la foulée des attentats de Paris.  « Nous nous unissons à tous les démocrates du monde pour défendre nos valeurs. » a-t-il indiqué. 

Le gouvernement espagnol a annoncé qu’un citoyen espagnol avait été tué lors des attentats du 13 novembre à Paris. Les événements de la campagne présidentielle ont d’ailleurs été annulés samedi 14 novembre.

Contrairement à leurs pendants des autres pays européens, aucun grand parti espagnol n’a souligné le lien entre le risque terroriste et les réfugiés qui déferlent en Europe.

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L’alerte terroriste

Les services anti-terrorisme espagnols sont en état d’alerte. Le gouvernement a décidé de conserver le niveau d’alerte à 4, ce qui signifie une plus grande présence des forces de sécurité, mais pas de déploiement militaire dans les gares, aéroports, centrales électriques, centres de télécommunications et autres structures sensibles, indique El País.

Le pays a été en niveau d’alerte 4 depuis le mois de juin, quand le terrorisme islamiste a touché la France, le Koweït et la Tunisie. Il existe 5 niveaux, de 1 à 5 (risque d’attaque imminent). Le niveau d’alerte avait été levé à 3 au mois de janvier, après l’attentat contre Charlie Hebdo. L’Espagne n’avait plus été à un niveau 4 depuis les attentats islamistes du 11 mars 2004, quand une série de bombes placées dans des trains de banlieue avait couté la vie à 192 victimes et blessé 1 858 personnes.

Le pacte anti-djihadisme

Samedi, Mariano Rajoy et la vice-première ministre, Soraya Sáenz de Santamaría, ont convoqué une réunion spéciale du Conseil de sécurité national, le plus haut organe de sécurité et de défense du pays.

Juste après cette réunion, Mariano Rajoy a décidé d’organiser une rencontre des membres du pacte anti-djihadisme, signé en février dernier par le Parti populaire (PP), au pouvoir, et les socialistes (PSOE), la principale force d’opposition, et dont l’objectif est de faciliter la coopération en ce qui concerne l’anti-terrorisme.

Le Premier ministre et le dirigeant du PSOE, Pedro Sánchez, ont offert d’élargir ce pacte au parti de centre-droit Ciudanos, qui pourrait devenir le troisième parti du pays après les élections prévues au mois de décembre, et au parti anti-austérité de gauche Podemos. Pablo Iglesias, le secrétaire général de Podemos, a rejeté cette offre, mais Albert Rivera, de Ciudadanos, a répondu par la positive.

L’Espagne, vivier du djihadisme ?

L’Espagne est considérée par nombre de spécialistes comme un vivier du recrutement djihadiste en Europe. Au début du mois de novembre, trois personnes suspectées de préparer des attentats au nom de l’État islamique ont été arrêtées à Madrid. Selon El País, 60 personnes ont été arrêtées en Espagne pour des questions de terrorisme depuis le début de l’année.

Près de 200 terroristes islamistes sont emprisonnés en Espagne à l’heure actuelle. Depuis 2004 et les attentats de Madrid, qui ont mené à 629 arrestations, ils sont placés sous surveillance spéciale. L’Espagne est un pays de transit pour les djihadistes qui tentent de rejoindre les rangs de l’État islamique ou d’autres groupes terroristes, comme Al-Qaïda, en Iraq ou en Syrie.

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