L’extrême droite, grande gagnante des crises financières

Marine Le Pen et Geert Wilders. [European Parliament]

Les partis populistes et d’extrême droite ont toujours enregistré des progressions spectaculaires dans la foulée des crises financières, selon une étude récente. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Front national français, Alternative pour l’Allemagne (AfD) ou Grecs d’Aube dorée sont de ces formations politiques populistes ou d’extrême droite qui ont fait un bond en avant dans les sondages après la crise financière. La plupart d’entre eux ont également considérablement progressé lors des dernières élections nationales.

Ce n’est pas un phénomène isolé, selon une nouvelle étude de l’Institut IFO pour la recherche économique, qui s’est penchée sur les succès des partis d’extrême droite depuis 1870, dans plus de 20 pays et lors de plus de 800 élections.

Crises économiques plus localisées et régionales

Les partis de d’extrême droite italiens et allemands ont par exemple fait leurs choux gras des crises financières des années 1920 et 1930. Des partis du même typs ont également fleuris dans d’autres pays à cette époque, comme par exemple la Phalange espagnole, le parti Rexiste en Belgique ou encore le Mouvement populaire patriotique en Finlande.

Cette tendance s’est une fois encore véfrifiée après la crise de 2007-2008. Les Démocrates suédois ont ainsi récoltés 5,7 % des votes en 2010, une augmentation de 2,6 points depuis 2006. Le parti néerlandais pour la liberté (PVV) est également passé de 5,9 % à 15,5 % en 2010 et le Front national français a gagné 10 points de pourcentage lors des élections de 2011.

Les partis d’extrême droite ont également été actifs lors des élections parlementaires européennes, puisque le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), l’AfD et le Parti populaire danois sont tous montés en puissance.

Les conclusions de l’IFO se confirment également pour les crises économiques plus localisées et régionales. Lors de la crise bancaire scandinave de la fin des années 1980, le parti norvégien du progrès a ainsi vu sa base électorale passer de 3,7 % à 13 %. Son équivalent danois a également fait une percée dans les sondages à cette époque et double ses résultats.

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Radicalisation au parlement et dans la rue

Les crises financières ont encore davantage d’impact sur les systèmes démocratiques. Après une crise, le gouvernement en place perd en général plus de 4 % des voix lors des élections suivantes. Sur le terrain, la tension monte entre les différents camps, les manifestations anti-gouvernementales s’intensifient et les incidents violents se multiplient, ce qui rend l’action politique encore plus difficile.

Et la gauche, dans tout ça ? Le succès de Syriza en Grèce ne serait, selon l’analyse de l’IFO, qu’une exception à la règle. De fait, les partis de gauche ne progressent en général pas lors des élections suivant une crise.

Une onde de choc temporaire

L’étude de l’IFO indique également que l’extrême droite profite généralement des effets de la crise pendant environ une décennie. Après cette période, les électeurs renouent avec leurs affinités politiques pré-crise. « La bonne nouvelle, c’est que le succès de la droite après une crise financière est un phénomène passager », peut-on lire dans l’étude.

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