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26/08/2016

L’indépendantiste Carles Puigdemont élu président de la Catalogne

Elections

L’indépendantiste Carles Puigdemont élu président de la Catalogne

Carles Puigdemont [Wikimedia]

La Catalogne vient d’élire un nouveau président, le séparatiste Carles Puigdemont, bien décidé à faire de la région « un nouveau pays ».

Carles Puigdemont, maire de Gérone, a été élu dimanche à la présidence de la Catalogne après des semaines de blocage dues aux divergences entre les composantes du mouvement indépendantiste, désormais majoritaire au parlement régional.

Il succède à Artur Mas, qui avait renoncé la veille à briguer un nouveau mandat pour sortir de l’impasse et remettre la « Généralité » sur les rails de l’émancipation. Les indépendantistes, vainqueurs du scrutin régional du 5 septembre, se sont donnés 18 mois pour y parvenir.

>> Lire : Catalogne : de nouvelles élections, pour quoi faire ?

Le président de la région devait être désigné avant lundi, faute de quoi de nouvelles élections auraient dû avoir lieu.

Selon le programme des indépendantistes, la région doit se doter d’ici un an et demi d’une Constitution, d’une armée, d’une Banque centrale, d’un appareil judiciaire et de tout ce qui constitue un État.

« Nous entamons un processus extrêmement important, sans précédent dans notre histoire récente, pour donner naissance à la Catalogne que nous voulons, pour construire collectivement un nouveau pays », a déclaré Carles Puigdemont, devant le parlement.

>> Lire : La Banque d’Espagne menace la Catalogne d’une sortie de la zone euro

Pour y parvenir, a-t-il souligné, il faudra négocier avec Madrid, mais aussi avec l’Union européenne et la communauté internationale.

Très hostile à ces projets, l’exécutif national les juge anticonstitutionnels. Mariano Rajoy, président du gouvernement sortant, a promis de s’opposer à toute initiative unilatérale.

Divergences d’opinion

« Je défendrai et préserverai la démocratie dans toute l’Espagne. Je défendrai la souveraineté du peuple espagnol », a-t-il affirmé dimanche lors d’une conférence de presse.

La Catalogne représente près d’un cinquième du PIB de l’Espagne.

La Parti populaire, auquel appartient Mariano Rajoy, est arrivé en tête des législatives nationales du 20 décembre, mais a été privé de sa majorité parlementaire. Il a réitéré samedi son appel à la constitution d’une “grande coalition” avec le Parti socialiste (PSOE).

Le chef du gouvernement a assuré dimanche avoir obtenu l’appui de Pedro Sanchez, secrétaire général du PSOE, et d’Albert Rivera, chef de file des centristes de Ciudadanos, avec lesquels il s’est entretenu dans l’après-midi.

En Catalogne, la coalition indépendantiste Junts pel Si (Ensemble pour le oui), qui réunit Convergence démocratique de Catalogne (CDC, centre-droit), la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et les anticapitalistes de Candidature d’unité populaire (CUP), ne dispose que d’une courte majorité.

La CUP a annoncé il y a quelques jours qu’elle ne soutiendrait pas la candidature d’Artur Mas à un nouveau mandat en raison de profondes divergences sur des questions comme l’appartenance à l’Otan et à l’Union européenne.

L’intéressé, qui présidait la région depuis 2010, a donc décidé samedi de laisser le champ libre à Carles Puigdemont.

>> Lire aussi : Madrid prête à tout pour s’opposer à l’indépendance de la Catalogne

Contexte

Pro-independence feeling has surged in Catalonia in recent years, fanned by disagreements with the conservative central government (of PP) and Spain's sharp economic downturn, which has left nearly one in four people out of work, despite a slow recovery in recent months.

During a symbolic independence referendum held in November 2014, which the top court in Spain ruled unconstitutional, only 1.9 million out of 6.3 million potential voters cast their ballot in favour of secession.

Before the elections, secessionist had announced their intention to carry on with the breakaway process and declare independence within 18 months, should they earn an absolute majority.

>>Read: Catalan rep: Commission position is 'too partial, too easy and incomplete'

Their plans include approving a Catalan constitution, building institutions like an army, central bank, a judicial system and a tax collection agency.

In the most extreme scenario, the Spanish government could activate Article 155 of the constitution, suspending Catalan autonomy, although this would be under very exceptional circumstances.