La démission du Premier ministre ne calme pas les manifestations en Roumanie

Manifestation sur la place de l'université, à Bucarest. [Facebook]

Les manifestations se sont poursuivies toute la nuit en Roumanie, malgré la démission du Premier ministre, Victor Ponta. Les manifestants réclament des élections anticipées et une réforme du système électoral. 

Le 4 novembre, le Premier ministre roumain, Victor Ponta, a démissionné sous la pression de manifestations qui auraient rassemblé plus de 35 000 personnes à Bucarest, suite à un incendie meurtrier dans une boite de nuit de la capitale. L’accident coïncidait avec un mini-sommet de l’ONU à Bucarest.

Deux autres personnes, le maire de la commune où se trouvait la boite de nuit et le ministre de l’Intérieur, Gabriel Oprea, ont également démissionné. Cela n’a toutefois pas suffi à calmer les tensions.

Quelque 35 000 personnes ont participé à la dernière manifestation dans la capitale pour réclamer des élections anticipées et des réformes politiques. D’autres manifestations auraient lieu dans les villes de Cluj, Timi?oara et Constan?a. Selon les médias roumains, des manifestations de soutien ont également eu lieu à Londres et à Paris. Au total, ce sont 70 000 personnes qui ont défilé dans les rues roumaines aux cours des nuits de cette semaine, selon EURACTIV Roumanie.

Les manifestants se plaignent de la corruption du gouvernement et de la qualité médiocre des contrôles de sécurité. Ils ont déclaré que la démission de Victor Ponta n’était que le début d’une réforme de l’élite politique.

Depuis la chute du régime communiste, la Roumanie n’a encore jamais connu d’élections anticipées. Le système politique roumain permet la démission du Premier ministre et la formation d’un nouveau cabinet sans élections, à condition que le Parlement donne son accord. Les prochaines élections parlementaires sont prévues pour décembre 2016.

Dans le cas actuel, la majorité parlementaire semble intacte puisque le parti UNPR a annoncé son intention de poursuivre sa coalition avec le parti le plus important, les sociaux-démocrates du PSD. Le parti libéral d’opposition PNL, auquel appartient le président, Klaus Iohannis, a pour sa part appelé à des élections anticipées.

« Le pays se soulève »

Les manifestants se sont rejoints sur la place de l’université, point clé des rassemblements anti-gouvernementaux à Bucarest et ont pris le chemin du parlement en criant « Sortez de chez vous si vous le voulez » et « N’ayez pas peur, le pays se soulève », selon les journalistes de la BBC.

La presse roumaine estime que le mouvement continuera à prendre de l’ampleur, étant donné les appels à l’action relayés sur les médias sociaux.

Dans la Bulgarie voisine, encore plus rongée par la corruption, les utilisateurs des médias sociaux chantent les louanges des manifestants roumains. Un blogueur a même proposé aux Bulgares de se retrouver devant l’ambassade roumaine de Sofia pour demander la nationalité roumaine.

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