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04/12/2016

Le candidat prorusse remporte la présidentielle en Moldavie

Elections

Le candidat prorusse remporte la présidentielle en Moldavie

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Le candidat prorusse Igor Dodon a remporté la présidentielle de dimanche en Moldavie, ex-république soviétique ébranlée par une profonde crise politique, battant la proeuropéenne Maia Sandu, selon les résultats quasi-définitifs du second tour. Un article de notre partenaire Ouest France.

En Moldavie, dimanche soir, après le décompte de 97 % des bulletins de vote, Igor Dodon recueillait 55,3 % des voix, alors que Maia Sandu a obtenu 44,7 %, a annoncé la Commission électorale.

« Nous avons gagné. Tout le monde l’a compris », a déclaré Igor Dodon lors d’un point de presse nocturne. M. Dodon a remercié sa concurrente pour une « bonne campagne électorale »et l’a félicitée pour « un résultat louable », en promettant de « tenir compte de la position des électeurs de Maia Sandu ».

Les résultats officiels devraient être annoncés lundi à 8 h GMT par la Commission électorale.

Scrutin « mal organisé »

Les deux candidats ont cependant qualifié le scrutin de « mal organisé », en dénonçant notamment le manque de bulletins de vote dans les bureaux à l’étranger.  Pour la première fois depuis 1997 en Moldavie, pays pauvre de 3,5 millions d’habitants coincé entre la Roumanie et l’Ukraine, le chef de l’État a été élu au suffrage universel.

Le taux de participation au scrutin surveillé par plus de 4 000 observateurs moldaves et étrangers a atteint 53,3 %, selon la Commission électorale.

Au premier tour le 30 octobre, Igor Dodon, chef du Parti des socialistes et ancien ministre de l’Économie dans un gouvernement dirigé par des communistes, a rassemblé plus de 47 % des suffrages, parvenant donc presque à la majorité absolue nécessaire à la victoire. Maia Sandu, ancienne ministre de l’Éducation qui a travaillé à la Banque mondiale, avait quant à elle eu 38 % des voix. Au deuxième tour, la majorité simple des suffrages suffisait pour être élu.

La Russie ou l’Union européenne ?

La présidentielle a mis aux prises les partisans d’un rapprochement avec la Russie et les défenseurs d’une intégration à l’Union européenne.

Dodon a notamment promis d’œuvrer à modifier le volet économique de l’accord d’association avec l’Union européenne signé en 2014 par les autorités proeuropéennes moldaves au grand dam de Moscou et de faire en sorte que le pays puisse « faire du commerce avec la Russie comme avec l’UE ». Cet accord a notamment permis l’ouverture graduelle du marché européen aux produits moldaves et, actuellement, la moitié des exportations de la Moldavie sont absorbées par l’UE.

Mais cette démarche a suscité la colère de Moscou qui a aussitôt imposé un embargo sur les fruits et la viande moldaves, pénalisant une population vivant principalement de l’agriculture.

Pour sa part, Mme Sandu qualifie cet accord de « base pour le développement du pays », notamment pour mettre en place des réformes et lutter contre la corruption.

Profonde crise politique et manifestations

La Moldavie, dont 78 % de la population est composée de Roumanophones et environ 14 % de Russes et d’Ukrainiens, est l’un des pays les plus pauvres d’Europe. 41 % de ses habitants vivent avec cinq dollars par jour, selon la Banque mondiale.

La Moldavie est par ailleurs ébranlée par une profonde crise politique, depuis la découverte l’an passé de la disparition d’un milliard de dollars des caisses de trois banques du pays, soit l’équivalent de 15 % du produit intérieur brut (PIB).  Ces révélations avaient provoqué d’énormes manifestations, réunissant aussi bien proeuropéens que prorusses, issus de forces de droite comme de gauche.

Des pouvoirs restreints

Depuis, trois gouvernements proeuropéens se sont succédé sans calmer la colère des Moldaves, qui jugent leur classe politique largement corrompue. « Peu importe qui gagne les élections, les citoyens seront très déçus », prédisait d’ailleurs l’analyste Vitaliy Andrievskiy, directeur de l’Institut de la politique efficace.

« Le président a des pouvoirs très restreints et ne peut rien décider sans le parlement et le gouvernement », rappelait-il.

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