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25/09/2016

Le débat sur la Grèce et la zone euro s’anime en Allemagne

Elections

Le débat sur la Grèce et la zone euro s’anime en Allemagne

Le gouvernement allemand ne prévoit pas de sortie de l’euro pour la Grèce, a affirmé le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel. Le magazine Der Spiegel avait rapporté que des conseillers de la chancelière estimaient l’inverse ce week-end.

Sigmar Gabriel, ministre de l’économie allemand et dirigeant du parti de centre-gauche des socio-démocrates (SPD), estime que la zone euro est devenue plus résistante aux crises ces dernières années et ne pourrait donc pas être victime de « chantage ».

« Le but du gouvernement allemand, de l’Union européenne et même du gouvernement d’Athènes est que la Grèce reste dans la zone euro », a-t-il déclaré lors d’un entretien au Hannoversche Allgemeine Zeitung.

« Il n’y a pas, et il n’y a jamais eu, d’autres plans », a-t-il affirmé, notant au passage que la zone euro s’était nettement stabilisée depuis quelques années.

« C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons pas être victimes de « chantage » et nous attendons donc du gouvernement grec, quel qu’il soit, de respecter les accords passés entre Athènes et Bruxelles », ajoute le ministre, en référence aux élections qui se dérouleront le 25 janvier et au changement de gouvernement qui pourrait s’ensuivre.

Un porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Georg Streiter, avait déjà déclaré que le gouvernement allemand attendait d’Athènes qu’elle respecte les conditions du plan de sauvetage à hauteur de 240 milliards d’euros que le pays a conclu avec l’UE et le FMI.

Georg Streiter avait refusé de commenter l’article du Spiegel paru samedi 3 janvier, selon lequel Berlin avait changé d’opinion et estimait à présent que la zone euro survivrait à une sortie de l’euro de la Grèce le cas échéant.

L’article expliquait que l’Allemagne considérait comme presque inévitable une sortie de l’euro pour la Grèce – ou « Grexit » – en cas de victoire du parti d’opposition Syriza. Le parti de gauche, grand favori des sondages, entend en effet supprimer les mesures d’austérité, ainsi qu’une partie de la dette grecque.

Selon les journalistes du Spiegel, Angela Merkel et son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, estiment à présent qu’après les réformes mises en place depuis la crise de la dette en 2012, la zone euro est assez résistante que pour survivre au Grexit.

 >> Lire : Le parti grec Syriza rejette l’idée d’une sortie de la zone euro

En outre, la zone euro dispose aujourd’hui d’un fonds de sauvetage propre « efficace », le Mécanisme européen de stabilité, soulignait une autre source. Les banques principales seraient protégées par l’union bancaire en cas de crise.

L’Allemagne, en position dominante au sein de la zone euro, insiste : la Grèce ne peut pas faire marche arrière et ignorer les clauses du plan d’aide international, surtout si le pays ne veut pas que d’autres États en difficulté ne relâchent également leurs mesures d’austérité.

Peter Bofinger, qui fait partie du conseil allemand des experts économiques auprès du gouvernement allemand, met l’UE en garde contre une Grexit : « Cela compromettrait sérieusement la stabilité de la zone euro. Il serait très difficile de reprendre le contrôle de la zone euro après une telle initiative ».

Contexte

Antonis Samaras, le premier ministre grec, a avancé de deux mois les élections présidentielles afin de dépasser l'incertitude politique qui règne. À présent, le pays pourrait cependant se trouver face à des élections parlementaires.

Le ministre des finances, Gikas Hardouvelis, a récemment déclaré que le pays rencontrerait d'importantes difficultés économiques à partir de février si le parlement ne parvenait pas à élire un président dans les jours qui viennent. Suite à cette déclaration, le parti d'opposition de gauche, Syriza, a accusé le gouvernement de faire du chantage pour gagner des électeurs.

Si les élections anticipées n'aboutissent pas à la création d'un nouveau gouvernement capable de produire un rapport sur le plan de sauvetage. Ce rapport débloquerait une aide de sept milliards d'euros, rappelle Gikas Hardouvelis, sans elle, la Grèce serait confrontée à des problèmes de financement.

Le pays doit rembourser environ 2,8 milliards d'euros de prêts au FMI d'ici la fin du mois de mars. Sa prochaine échéance financière est prévue pour les mois de juillet et d'août, quand Athènes devra rembourser plus de 5 milliards d'euros de dette supplémentaires.

Par ailleurs, la Commission européenne a annoncé son soutien à l’un des candidats, Stavros Dimas, ancien commissaire européen à l’environnement, suscitant une polémique.

>> Lire : La Commission soutient le candidat de droite à la présidentielle grecque

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