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28/07/2016

Le parti grec Syriza rejette l’idée d’une sortie de la zone euro

Elections

Le parti grec Syriza rejette l’idée d’une sortie de la zone euro

Dimitris Papadimoulis [European Parliament]

Le parti Syriza a exclu une sortie de l’UE pour la Grèce, a déclaré Dimitris Papadimoulis, vice-président du Parlement européen et eurodéputé du parti grec, lors d’un entretien accordé à EurActiv à Strasbourg.

Depuis l’annonce des élections anticipées en Grèce, plusieurs sources européennes affirment que les marchés internationaux ne soutiendraient pas une Grèce gouvernée par le parti  d’extrême gauche et que le plan B de celui-ci prévoit le retour à la drachme.

La semaine dernière, le marché d’actions d’Athènes a connu son jour le plus noir depuis des décennies, et les hommes politiques grecs se chamaillent à propos de l’incertitude politique dans lequel les a plongés le scrutin présidentiel anticipé.

Le principal parti d’opposition, Syriza, est actuellement en tête des sondages et pourrait bien remporter ces élections anticipées.

>> Lire : Le parti Syriza au coeur du jeu politique à la veille des élections en Grèce

Pas de sortie de la zone euro pour la Grèce

Lors d’un entretien avec EurActiv Grèce, Dimitris Papadimoulis, membre influent de Syriza, s’est efforcé de rassurer, notamment en affirmant qu’un gouvernement dirigé par Syriza s’engagerait à ne pas faire sortir le pays de la zone euro.

« Il n’est en aucun cas question d’une sortie de l’UE pour la Grèce. Les personnes qui évoquent cette possibilité font en réalité le jeu d’une propagande à l’encontre des Grecs et de l’économie européenne », a assuré l’eurodéputé.

Pour lui, le réel danger qui guette la Grèce est la désintégration sociale et sa transformation en « colonie de la dette ». En ce qui concerne l’Europe, le Grec craint une nouvelle phase de récession, ainsi que de la pauvreté et des taux de chômage croissants.

Afin de calmer les inquiétudes des prêteurs internationaux et des investisseurs potentiels, Dimitris Papadimoulis a affirmé sans équivoque possible qu’aucun membre de Syriza ne prévoyait un retour à la drachme.

« Tous nos membres respectent les décisions du parti, qui sont très claires : nous cherchons une solution pour la Grèce au sein de la zone euro », explique-t-il. Il accuse au passage une grande partie de la presse grecque de noircir les politiques de son parti.

« Les titres de certaines nouvelles à la télévision, ou les unes de certains journaux du dimanche se ressemblent beaucoup. Comme s’ils avaient le même éditeur, peut-être basé dans la cave du bureau du premier ministre », souligne Dimitris Papadimoulis.

L’impossibilité d’une sortie de l’UE pour la Grèce est surtout basée sur le fait que le pays représente encore un danger systémique pour la zone euro, explique-t-il. « C’est la raison principale pour laquelle il n’est pas possible pour la Grèce de sortir de la zone euro, le coût d’une telle initiative serait faramineux pour l’Europe, et notamment pour l’Allemagne. »

>> Lire : Pierre Moscovici plaide pour les réformes structurelles en Grèce

Vote au parlement grec

Pour être élu, un candidat doit récolter 200 des 300 votes lors des deux premiers tours. Si personne n’y parvient, un troisième vote est organisé, dans lequel 180 voix suffisent. Si aucun candidat ne récolte ces 180 voix, le parlement est dissout et des élections nationales sont organisées.

Le premier tour des élections présidentielles avaient lieu le 17 décembre au parlement grec, alors même que la déclaration de soutien de la Commission européenne à l’un de ces candidats d’une élection nationale provoquait une polémique.

>> Lire : La Commission soutient le candidat de droite à la présidentielle grecque

Le candidat du gouvernement soutenu par la Commission Juncker a obtenu 160 voix, pas assez, donc, pour remporter le scrutin.

Un résultat dont s’est félicité Alexis Tsipras, à la tête de Syriza, qui estime que la « stratégie de la peur » du gouvernement a échoué. « On ne peut pas faire chanter la démocratie », a-t-il déclaré.

Contexte

Antonis Samaras, le premier ministre grec, a avancé de deux mois les élections présidentielles afin de dépasser l'incertitude politique qui règne. À présent, le pays pourrait cependant se trouver face à des élections parlementaires.

Le ministre des finances, Gikas Hardouvelis, a récemment déclaré que le pays rencontrerait d'importantes difficultés économiques à partir de février si le parlement ne parvenait pas à élire un président dans les jours qui viennent. Suite à cette déclaration, le parti d'opposition de gauche, Syriza, a accusé le gouvernement de faire du chantage pour gagner des électeurs.

Si les élections anticipées n'aboutissent pas à la création d'un nouveau gouvernement capable de produire un rapport sur le plan de sauvetage. Ce rapport débloquerait une aide de sept milliards d'euros, rappelle Gikas Hardouvelis, sans elle, la Grèce serait confrontée à des problèmes de financement.

Le pays doit rembourser environ 2,8 milliards d'euros de prêts au FMI d'ici la fin du mois de mars. Sa prochaine échéance financière est prévue pour les mois de juillet et d'août, quand Athènes devra rembourser plus de 5 milliards d'euros de dette supplémentaires.

Par ailleurs, la Commission européenne a annoncé son soutien à l’un des candidats, Stavros Dimas, ancien commissaire européen à l’environnement, suscitant une polémique.

>> Lire : La Commission soutient le candidat de droite à la présidentielle grecque

Prochaines étapes

  • 23 décembre : Deuxième tour des élections présidentielles au Parlement.
  • 29 décembre : Date prévue pour le troisième et dernier vote, si aucun candidat ne remporte 200 voix au deuxième tour.

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