L’extrême droite du FPÖ en embuscade en Autriche

Heinz-Christian Strache dirige le FPÖ. [Wikimedia Commons]

Les élections législatives ont lieu dimanche 15 octobre en Autriche. Le parti d’extrême droite, le FPÖ, est en embuscade. Le résultat d’une évolution politique pour ce parti fondé par des anciens nazis. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Le FPÖ pourrait redevenir un partenaire de coalition gouvernementale en Autriche. Grâce notamment à l’immigration, au cœur des débats pour les législatives prévues dimanche. Mais aussi du fait d’une évolution politique qui lui a permis de se dédiaboliser, malgré un discours toujours d’extrême droite.

L’Autriche évite de justesse une présidence d’extrême droite

L’écologiste Alexander Van der Bellen a remporté l’élection présidentielle autrichienne face au candidat d’extrême droite Norbert Hofer (FPÖ), à l’issue d’un second tour très serré où près d’un électeur sur deux a choisi le FPÖ, un des partis de droite radicale les mieux établis d’Europe.

En 2000, le tremblement de terre

Créé en 1956 par d’anciens combattants nazis, le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) végète jusqu’en 1986, quand un jeune tribun populiste admirateur de la Waffen-SS se hisse à sa tête. Le sulfureux Jörg Haider fait du FPÖ une machine électorale à coups de slogans xénophobes et antieuropéens, dans un pays où la dénazification a été très limitée après-guerre, comparée à l’Allemagne de l’Ouest.

Dès 1989, Haider est élu gouverneur de la petite région de Carinthie. En 2000, le FPÖ atteint 27 % aux législatives et entre dans le gouvernement dirigé par la droite chrétienne-démocrate (ÖVP). C’est un séisme. Des échauffourées opposent des milliers de manifestants à la police. L’Union européenne prononce des sanctions contre Vienne.

Le déclin et la mort surprise de Haider

Le 11 octobre 2008, Jörg Haider quitte au petit matin une boîte de nuit de Carinthie. À 58 ans, il se tue sur la route. À l’époque, le FPÖ est mal en point. Haider a dû céder la direction à son « élève » Heinz-Christian Strache qui a durci la ligne du parti. Les résultats électoraux plongent après une série de dérapages antisémites et xénophobes.

La dédiabolisation

À partir de 2010, le FPÖ adoucit petit à petit son image, à l’instar du FN français. Les élus les plus encombrants sont écartés, comme Andreas Mölzer, qui qualifie l’UE de « conglomérat de nègres » en 2014. La dédiabolisation paye. Les électeurs reviennent et, à l’issue de plusieurs élections locales, droite (ÖVP) et même gauche (SPÖ), acceptent de s’allier au FPÖ pour gouverner des régions ou des municipalités..

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