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05/12/2016

L’attachement des Autrichiens à l’Europe reste solide

Elections

L’attachement des Autrichiens à l’Europe reste solide

L'Autriche semble prête à rester sur sa position pro-UE, mais des sujets comme le TTIP et la crise des réfugiés pourraient éroder ce soutien. [Mihnia Stanciu/Flickr]

[Mihnia Stanciu/Flickr]

L’élection présidentielle à venir en Autriche pourrait mettre à l’épreuve le président sortant. Mais l’attachement à l’UE du pays reste solide. Un article d’EurActiv Allemagne.

Le 12 juin 1994, 67 % des électeurs autrichiens avaient choisi de rejoindre l’UE. Certes, les Autrichiens s’interrogent régulièrement sur les décisions européennes prises à Bruxelles. Mais malgré les critiques, la majorité de la république alpine soutient toujours l’UE et souhaite rester dans l’Union. Certains sont même en faveur d’un renforcement de la position européenne dans un monde de plus en plus globalisé. L’élection présidentielle à venir ne risque pas de changer la donne.

Même si le rôle du président autrichien est en grande partie représentatif, et influence peu la politique, la couleur politique du candidat qui remportera les élections pourrait s’avérer important.

>> Lire : La droite autrichienne tente d’instrumentaliser la crise des réfugiés contre le gouvernement en place

Parmi les candidats en lice, seul Norbert Hofer, du Parti pour la liberté, adopte une position détachée à l’égard de Bruxelles. Le candidat a déclaré qu’il avait voté pour entrer dans l’UE dans les années 1990 et qu’il recommencerait aujourd’hui, sauf si la Turquie devenait membre.

Les quatre autres candidats, Irmgard Griss, Rudolf Hundstorfer, Andreas Khol et Alexander van der Bellen, sont tous pro-UE et sont actifs sur la scène politique bruxelloise depuis de nombreuses années.

L’Autriche, tout comme l’Allemagne, est très sceptique face à l’accord de libre-échange entre l’UE et les États-Unis (TTIP). Alexander van der Bellen, des Verts, a annoncé qu’il avait l’intention de tout faire pour bloquer l’accord. Le chancelier Werner Faymann a aussi clairement exprimé sa position anti-TTIP.

Les autres candidats sont également inquiets, mais plus ouverts. Ils préfèrent attendre la fin des négociations pour porter un jugement objectif sur l’accord.

Même si les partis au pouvoir, le parti social-démocrate (SPÖ) et le Parti du peuple autrichien (ÖVP) baissent dans les sondages, une sortie de l’Autriche de l’UE est encore peu probable. La crise des réfugiés dans laquelle est plongée l’Europe commence à bénéficier politiquement aux partis au pouvoir à Vienne, qui peuvent compter, jusqu’à un certain point, du soutien de l’opinion publique.

>> Lire : Vienne se crispe à propos des routes de réfugiés

Quel que soit le résultat de l’élection présidentielle du 24 avril, l’avenir de l’Autriche semble être lié à celui de l’UE, une UE très dépendante de l’action d’autres États membres comme le Royaume-Uni et l’Allemagne puisque le Brexit et la crise des réfugiés continuent d’être la priorité des dirigeants européens.