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04/12/2016

Macron promet de mener le « combat » européen

Elections

Macron promet de mener le « combat » européen

Emmanuel_Macron_CREDIT[Frederic Legrand - COMEO_Shutterstock]

À l’occasion d’un débat organisé aux Journées de Bruxelles, le candidat pressenti à la présidentielle française, Emmanuel Macron, a déroulé un programme de campagne sur l’Europe.

Si l’ancien ministre de l’Économie n’est pas (officiellement) candidat à l’élection présidentielle française de 2017, son programme en matière de politique européenne semble lui déjà prêt.

Invité à Bruxelles à débattre avec la commissaire à la concurrence, Margrethe Vestager et le commissaire en charge de l’innovation, Carlos Moedas, Emmanuel Macron a déploré que « l’idée européenne [soit] trop absente de nos débats [présidentiels] »

Si l’ancien ministre de François Hollande a éludé la question de sa participation à l’élection présidentielle française de 2017, il a affirmé vouloir mener le combat en faveur de l’Europe. « Il y a des combats que j’ai furieusement envie de mener, dont celui sur l’Europe, et ça mérite quelques batailles » a-t-il affirmé en fin de débat.

Candidat potentiel

Ministre de l’Économie pendant deux ans au sein du gouvernement de François Hollande, l’ancien banquier qui n’a jamais été encarté au Parti socialiste a quitté Bercy il y a quelques mois sur fond de désaccords régulier avec la ligne définie par le chef de l’État.

Depuis, il a lancé son mouvement politique, baptisé « En Marche ! »,  sa candidature à la prochaine présidentielle, si elle n’est pas officielle, semble probable. Selon un  sondage Elabe  pour BFM TV publié le 19 octobre, ce dernier pourrait recueillir 27% des voix au scrutin présidentiel, soit 9 points de plus que l’actuel premier ministre manuel Valls et 15 points de plus que François Hollande.

Changer le discours sur l’Europe

Lors du débat intitulé « Comment donner un avenir à l’Europe ?» organisé par l’Obs en partenariat avec Le Soir et De Standaard  Emmanuel Macron a appelé les politiques européens à adopter une nouvelle « hygiène » dans leur discours public sur l’UE. « La première chose à changer, c’est le discours des politiques, qui rejette toujours la faute sur l’Europe. Car l’Europe c’est nous qui la décidons » a-t-il martelé.

«  L’Europe se porte mal parce qu’on raconte des craques » a-t-il ajouté. Pour redonner corps à une légitimité démocratique européenne à la peine, Emmanuel Macron a déroulé deux propositions : la création de listes électorales paneuropéennes pour les prochaines élections qui se tiendront en 2019 et la création d’une nouvelle feuille de route européenne, élaborée à partir de contributions citoyennes.

Macron veut refonder la représentativité, y compris européenne

Introduire plus de proportionnelle, quitte à favoriser le FN, et élire des eurodéputés issus d’une liste européenne sur le contingent des élus britanniques : les premières propositions du non-candidat Macron visent à changer la classe politique.

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« Il faut construire une feuille de route avec le peuple européen des 27 États membres. Il faut organiser un débat pendant 6 à 8 mois avec à la clef la création d’une feuille de route stratégique pour l’Europe » a-t-il détaillé. « Ce texte pourrait servir de base aux institutions, être une feuille de route. Dans les États membres, elle devrait ensuite être approuvée par référendum ou voix référendaire ».

Mais Emmanuel Macron pose une limite aux processus : « Quiconque vote contre ne peut pas bloquer les autres, sinon on donne une prime à celui qui dit non » a-t-il prévenu.

Une manière de mettre en garde contre l’obstruction d’un État membre pouvant bloquer l’ensemble d’un processus européen. « La France l’a fait en 2005 avec le rejet de la constitution européenne » a-t-il rappelé.

Eviter la prime au blocage

Pour l’ancien ministre,  la prime au blocage ne doit plus être la règle, en prenant notamment l’exemple du traité entre l’UE et le Canada, dont la ratification pourrait échouer à cause de l’opposition du parlement wallon.

« Je pense que demander aux gens ce qu’ils veulent c’est une bonne chose, mais ce qui se passe sur le traité canadien est très différent » a-t-il indiqué. « Ce que proposent les Wallons est pertinent, mais ça ne rentre pas dans le cadre de nos textes. Si chacun ramène sa part de négociation au moment de la ratification ça ne fonctionne pas. « Ce type de débat on doit l’avoir au début de la négociation, pas à la fin ! » a-t-il poursuivi.

« L’Europe, sur la politique commerciale ou sur la concurrence, est plus compétente que les États. Ce qu’a fait Margaret sur Apple, la France n’aura pas pu le faire, ce qu’a fait la Commission sur le Canada, la Wallonie n’aura pas pu l’obtenir » a-t-il affirmé.

Emmanuel Macron se pose en europhile assumé

Avec son mouvement En Marche, le ministre de l’Economie laisse planer le doute sur ses intentions électorales. Il est le seul candidat potentiel pour 2017 à placer l’Europe au coeur de ses priorités.

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