Macron tenté par la suppression des circonscriptions aux élections européennes

Les prochaines élections européennes auront lieu en mai 2019. [CX/Shutterstock]

Les eurocirconscriptions pourraient disparaître, selon une information du site L’Opinion. Emmanuel Macron serait tenté par un retour aux listes nationales à l’occasion des Européennes de 2019, comme avant les dernières élections de 2004. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Le président de la République pourrait vouloir revenir aux listes nationales pour l’élection à la proportionnelle des députés européens en 2019 et en finir avec les eurocirconscriptions, ces grandes régions créées pour le scrutin des Européennes. Emmanuel Macron ferait ce choix par calcul politique, selon une information du site L’Opinion lundi, autant que par volonté de redynamiser une élection qui peine à mobiliser les électeurs.

Au cabinet de la Ministre en charge des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, on explique que « les arbitrages sont en cours ».

L’UE lutte pour repousser le populisme avant les élections de 2019

À moins de deux ans des prochaines élections européennes, le président du Parlement Antonio Tajani, a établi les priorités de campagne pour repousser l’euroscepticisme et le populisme et encourager les gens à se rendre aux urnes.

Une décision par intérêt politique ?

Selon le site du journal L’Opinion, un retour à une circonscription unique serait favorable au parti d’Emmanuel Macron. La République en Marche (LREM) vient d’être créée à l’occasion de la présidentielle 2017 et n’a que très peu d’ancrage local. Lors des élections sénatoriales, ce manque d’élus locaux a empêché LREM d’obtenir beaucoup de sénateurs dans la haute assemblée.

Cela permettrait également au chef de l’État de profiter de son élan sur les questions européennes après son discours de la Sorbonne où il a donné sa vision de la construction européenne.

En 2014, cette même idée avait déjà été discutée au sein du cabinet de Thierry Repentin, alors secrétaire d’État aux Affaires européennes. Mais l’idée avait été repoussée pour éviter un scrutin portant sur la politique du président de la République de l’époque, François Hollande.

« Le vrai enjeu se situe sur la constitution des listes », estime Charles de Marcilly, responsable du bureau de Bruxelles de la Fondation Robert Schuman. « Les personnalités élues seront déterminantes pour qu’on arrête de percevoir ces élections comme secondaires ».

Le parti d’Emmanuel Macron cherche à s’européaniser pour 2019

La République en Marche hésite entre la création d’un nouveau parti et le rattachement aux centristes, en amont des élections européennes de 2019.

Des eurocirconscriptions en échec

Les députés européens sont mal connus du grand public. Les élections européennes en sont le reflet avec un taux de participation faible. Pour y remédier, il a été décidé en 2004 de proposer de voter pour des députés rattachés à des « eurocirconscriptions » afin de leur donner une dimension locale.

« Il y a une ambiguïté dans ce type de scrutin, note Charles de Marcilly. On doit aller sur le terrain pour expliquer ses axes de campagne, tout en étant présent au niveau national sur des enjeux globaux ».

Les taux de participations lors des trois dernières élections européennes sont restés très bas. En 2004, 42,76 % des électeurs s’étaient déplacés, en baisse de quatre points par rapport à 1999. Ils n’étaient que de 40,63 % en 2009 et 42,43 % au dernier scrutin de 2014.

Juncker réforme l’UE sans toucher aux traités

Dans son discours de l’état de l’Union, Jean-Claude Juncker propose un plan ambitieux pour réformer les institutions européennes. Reste à convaincre les Etats membres.

>> Lire la suite sur Ouest-France