Emmanuel Macron fait la cour à Berlin

provilègerare, Emmanuel Macron a rencontré Angela Merkel. [GERARD-BOTTINO/Shutterstock]

Le candidat le plus ouvertement pro-européen a engrangé le soutien de Sigmar Gabriel, ministre allemand social-démocrate aux Affaires étrangères, mais a aussi rencontré la chancelière Angela Merkel lors d’une visite à Berlin.

Les militants sociaux-démocrates allemands ont acclamé Emmanuel Macron, enthousiasmés par le binôme qu’il formerait en cas de victoires avec leur candidat Martin Schulz, challenger d’Angela Merkel aux législatives.

« Imaginez-vous : Emmanuel Macron devient président en France et Martin Schulz chancelier (en Allemagne) : tout ce que nous pourrons changer dans cette Europe! », a lancé Sigmar Gabriel, qui a laissé sa place dimanche 19 mars à la tête du parti à Martin Schulz, candidat des sociaux-démocrates aux élections législatives allemandes du 24 septembre.

Ce soutien peut paraître surprenant dans la mesure où le SPD allemand est en théorie un parti frère du Parti socialiste français, qui a désigné un autre candidat, Benoît Hamon. Ce dernier fait toutefois campagne sur une ligne nettement plus à gauche que celle des sociaux-démocrates allemands.

Entre Macron et Hamon, les socialistes européens hésitent

Le groupe socialiste du Parlement européen soutient officiellement Benoît Hamon…sauf  sur son programme européen. Un sujet sur lequel Macron marque des points chez la gauche italienne ou britannique.

Si Emmanuel Macron semble avoir séduit les sociaux-démocrates allemands, il a également marqué des points du côté de la chancelière Angela Merkel, qu’il a rencontrée à Berlin le 16 mars après une rencontre annulée en janvier.

Une rencontre très attendue

Ils ont notamment parlé de ses projets de réforme du marché du travail et du système de l’éducation.

Un rare privilège qu’elle n’avait accordé en 2012 qu’à Nicolas Sarkozy et, dans le cadre de l’actuelle campagne, au candidat de la droite, François Fillon, aujourd’hui en grande difficulté. Elle l’avait en revanche refusé à François Hollande.

L’ex-ministre de l’Économie s’est dit « très sensible à ce geste », d’autant plus remarqué qu’il est plutôt classé à gauche, même s’il prône un dépassement des clivages politiques. « J’ai eu une interlocutrice qui a paru très ouverte à un couple franco-allemand encore plus fort », a-t-il déclaré à des journalistes à l’issue de l’entretien. « J’ai trouvé dans la chancelière une vraie volonté d’avancer. »

Angela Merkel n’a pour sa part pas commenté la rencontre, ayant choisi de garder ses distances de la course à la présidentielle après avoir encouragé, un peu prématurément, François Fillon. Elle a cependant indiqué être prête à travailler avec tous les candidats, à l’exception de Marine Le Pen.

Discussions avec le SPD

Les échanges entre Emmanuel Macron, Sigmar Gabriel se sont également poursuivis  lors d’un évènement de l’école Hertie de gouvernance, à Berlin.

Le candidat français a profité de cette occasion pour promettre qu’en cas de victoire électorale, il ferait du renouvellement de la vieille alliance franco-allemande une priorité. De fait, le ministre allemand des Affaires étrangères et l’aspirant président français estiment tous deux qu’un partenariat solide entre les deux puissances européennes est une précondition de la réforme de l’union.

Entre Macron et Hamon, les socialistes européens hésitent

Le groupe socialiste du Parlement européen soutient officiellement Benoît Hamon…sauf  sur son programme européen. Un sujet sur lequel Macron marque des points chez la gauche italienne ou britannique.

La France a peut-être trop souvent essayé de donner des conseils à l’Allemagne, sans appliquer à elle-même les mesures préconisées, a indiqué Emmanuel Macron, qui juge donc qu’il faut rétablir la confiance entre les deux pays et la crédibilité de la France.

Le candidat, qui s’est autoproclamé seul candidat pro-UE de la campagne, estime que l’hexagone doit également se réformer, mais que le pays n’y parviendra pas sans attention au niveau européen. « Nous ne pouvons pas résoudre les problèmes de la France sans investir également dans l’Europe », a-t-il insisté.

C’est pourquoi il envisage un nouveau « partenariat franco-allemand, structuré et centré autour de trois domaines : l’investissement, la politique de sécurité commune au sein de l’UE et à ses frontières et la politique de défense, surtout en ce qui concerne le Moyen-Orient et l’Afrique ».

Le rôle de Berlin

Lors des discussions, le philosophe Jürgen Habermas a d’emblée mis en avant la fracture nord-sud qui divise la zone euro et les différences circonstancielles frappantes entre les pays ayant adopté la monnaie unique, à la fois en ce qui concerne la croissance économique et le chômage, qu’il considère comme une « bombe à retardement ». Selon lui, si l’Allemagne continue de fermer les yeux sur ce point, les projets de coopération renforcée et le processus si nécessaire de réforme ne pourront jamais aboutir.

La solidarité entre États membres ne pourra pas croître si ces problèmes sont toujours relégués à plus tard par des personnalités politiques inquiètes de perdre les électeurs au lieu d’être affrontés directement, défend le philosophe. Pour lui, le diagnostic est clair : tant que l’UE reste un projet politique des élites et que les populations nationales se sentent exclues des discussions sur sa refonte, l’Europe n’a pas d’avenir.

Macron assume une Europe à plusieurs vitesses

Dans son programme complet dévoilé le 2 mars, le candidat Emmanuel Macron a insisté sur l’Europe. « La zone euro n’a pas avancé par honte d’elle-même. Il faut oser l’Europe à plusieurs vitesses » estime le candidat.

Un avis largement partagé par Sigmar Gabriel. « Il est grand temps que nous racontions la vraie histoire de l’Europe », a-t-il déclaré. « Notre pays est le grand gagnant de l’UE. Nous ne portons pas sur nos épaules le fardeau de l’Europe entière. Nous dépensons beaucoup plus d’argent à des choses bien moins importantes que nous n’en investissons dans l’UE. »

Il lui semble donc important que « nous soyons prêts à investir davantage dans l’Europe ». Et l’Allemagne devrait faire le premier pas, seule ou avec le soutien d’autres États membres, assure Sigmar Gabriel, qui souligne que la solidarité n’est jamais aussi importante qu’en temps de crise.

Une rencontre très attendue

La visite d’Emmanuel Macron à Berlin a été abondamment relayée par la presse française. Après une visite annulée en janvier, le candidat rencontrait enfin Angela Merkel dans ses bureaux de la chancellerie le 16 mars. Ils ont notamment parlé de ses projets de réforme du marché du travail et du système de l’éducation.

Un rare privilège qu’elle n’avait accordé en 2012 qu’à Nicolas Sarkozy et, dans le cadre de l’actuelle campagne, au candidat de la droite, François Fillon, aujourd’hui en grande difficulté. Elle l’avait en revanche refusé à François Hollande.

L’ex-ministre de l’Économie s’est dit « très sensible à ce geste », d’autant plus remarqué qu’il est plutôt classé à gauche, même s’il prône un dépassement des clivages politiques. « J’ai eu une interlocutrice qui a paru très ouverte à un couple franco-allemand encore plus fort », a-t-il déclaré à des journalistes à l’issue de l’entretien. « J’ai trouvé dans la chancelière une vraie volonté d’avancer. »

Angela Merkel n’a pour sa part pas commenté la rencontre, ayant choisi de garder ses distances de la course à la présidentielle après avoir encouragé, un peu prématurément, François Fillon. Elle a cependant indiqué être prête à travailler avec tous les candidats, à l’exception de Marine Le Pen.

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