Schulz durcit le ton sur la sécurité

Martin Schulz. EPA/FELIPE TRUEBA [Felipe Trueba/ EPA]

Après une défaite électorale importante, le parti social-démocrate allemand compte adopter une ligne plus dure sur la sécurité intérieure, en vue des élections de septembre. Un article de notre partenaire, Der Tagesspiegel.

Le parti de Martin Schulz (SPD) espère remporter les élections législatives en adoptant une ligne dure sur la sécurité intérieure. « La sécurité est un besoin central », lit-on dans le premier jet du programme électoral des sociaux-démocrates. Les 67 pages révèlent en effet un parti engagé pour un État fort et compétent, qui agit de manière décisive contre la criminalité, l’extrémisme et le terrorisme.

Le texte a été envoyé le 16 mai aux membres du parti, deux jours après une défaite cuisante dans l’État de Martin Schulz, la Rhénanie du Nord – Westphalie. Le mécontentement des électeurs vis-à-vis de la sécurité intérieure dans l’État le plus peuplé du pays n’a pas été pour rien dans cet échec du parti.

Le SPD a donc promis « plus de sécurité dans la vie de tous les jours », et appelé les autorités à faire face à la criminalité quotidienne « grâce à davantage de prévention et de poursuites judiciaires plus efficaces ». En cas de victoire, le parti compte créer « 15 000 nouveaux postes au sein des polices fédérale et régionale ». Ces nouvelles recrues seraient chargées de s’occuper des agressions criminelles, du vandalisme, des vols et, avant tout, des cambriolages ».

Le SPD souhaite également augmenter le niveau des services de conseil offert par la police aux citoyens. La vidéosurveillance, une question pourtant controversée au sein du parti, et du pays tout entier, serait multipliée : « là où les technologies vidéo peuvent contribuer à la prévention et enregistrer des preuves, elle devrait être utilisée ».

Martin Schulz fait volte-face sur le « Grexit »

En cas d’élection à la chancellerie, Martin Schulz n’a pas écarté l’hypothèse d’une expulsion de la Grèce de la zone euro, si les réformes nécessaires ne sont pas mises en application. Un article d’Euractiv Allemagne.

Les islamistes radicaux et les prédicateurs faisant l’apologie de la haine sont aussi dans le viseur des sociaux-démocrates. Une « politique de tolérance zéro » est donc préconisée dans le programme, qui explique qu’un gouvernement SPD « fermerait les mosquées extrémistes et supprimerait leur financement ».

En principe, les citoyens étrangers qui commettent des crimes graves sur le territoire allemand « devraient être expulsés peu après avoir purgé leur peine », poursuit le manifeste.

Clairement, le parti se prépare à une campagne électorale dans laquelle la sécurité intérieure jouera un rôle de taille. Traditionnellement, en ce qui concerne la sécurité, les Allemands préfèrent pourtant les politiques du CDU, d’Angela Merkel, et de son partenaire, le CSU.

Les spécialistes du SPD estiment cependant que Thomas de Maizière, actuel ministre de l’Intérieur (CDU), n’est pas à la hauteur. « En ce qui concerne la politique vis-à-vis des réfugiés et l’augmentation des forces de police, nous avons dû harceler Thomas de Maizière », assure Eva Högl.

Son collègue Burkhard Lischka trouve quant à lui que le ministre a « sérieusement négligé le renforcement de la sécurité nationale » durant son mandat.

Martin Schulz se tient à distance du gouvernement allemand

Soucieux de son image de dissident politique, le principal adversaire de Merkel refuse de participer aux négociations gouvernementales avant les élections. Au risque de se mettre à dos son propre parti. Un article de notre partenaire Der Tagesspiegel.