Syriza envisage de coopérer avec les socialistes du PASOK

Alexis Tsipras

À l’approche des élections, le leader de Syriza, Alexis Tsipras, a évoqué la possibilité d’une coopération avec les socialistes, si le parti se défait de ses membres appartenant au « vieil establishment ». Un article d’EURACTIV Grèce.

Les Grecs se rendront aux urnes le 20 septembre lors d’élections anticipées. Aux derniers sondages, le parti de gauche Syriza est au coude-à-coude avec Nouvelle Démocratie, un parti de droite.

Après l’accord de renflouement signé entre les créanciers internationaux du pays et Athènes cet été, le parti de droite a en effet gagné en popularité, contrairement au Premier ministre sortant, Alexis Tsipras.

Syriza et Nouvelle Démocratie affichent chacun près de 25 % des voix dans les derniers sondages, alors que le parti néonazi Aube dorée en récolte 6 %, ce qui le place en troisième position, juste avant le Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) et le parti centriste Potami (5 %).

Les Grecs indépendants, le parti de droite avec lequel Syriza a formé un gouvernement de coalition après les élections de janvier, ne dépasse pas les 3 % de voix et ne parviendra donc sans doute pas à obtenir de sièges au parlement.

Collaboration avec PASOK

Lors d’un entretien avec la chaîne Kontra, l’ancien Premier ministre grec a dit qu’il espérait obtenir un mandat majoritaire, afin de pouvoir mettre en place une coopération avec des forces politiques « honnêtes », comme les Grecs indépendants, après les élections. Il n’a pas écarté la possibilité d’une collaboration avec PASOK, « sous certaines conditions ».

Le parti socialiste pan hellénique est un membre affilié du S&D en Grèce, et s’est fermement opposé à Syriza dans le passé. C’est le gouvernement PASOK qui a signé le premier accord de renflouement avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international en février 2010.

Alexis Tsipras a reproché à la dirigeante du parti, Fofi Gennimata, d’avoir adopté une position incohérente vis-à-vis de son partenaire européen, le S&D, et de s’être rapproché de la ligne politique de partis conservateurs, comme Nouvelle Démocratie.

« Si cela ne change pas, Il n’y aura pas de coopération. Je serais enchanté de voir cette situation changer […], mais pour que cela puisse arriver, PASOK doit s’isoler de son passé », a déclaré Alexis Tsipras, en référence à l’ancien dirigeant du parti, Evangelos Venizelos.

À Athènes, les observateurs assurent que la récente division de Syriza poussera Alexis Tsipras à se rapprocher du centre du spectre politique grec et à attirer des électeurs de centre gauche.

>> Lire : Les frondeurs de Syriza créent un parti indépendant

Le vœu pieu du S&D

PASOK a déjà annoncé vouloir coopérer avec le parti de la Gauche démocrate, qui a participé au précédent gouvernement de coalition aux côtés de Nouvelle Démocratie et du parti socialiste. La Gauche démocrate avait pourtant rapidement quitté la coalition pour protester contre la fermeture de la société de radio et télédiffusion publique ERT en juin 2013.

La formation d’un gouvernement de centre gauche à Athènes fait partie des projets des Socialistes et Démocrates européens depuis toujours.

« Je pense que PASOK, la Gauche démocrate et Syriza donneront naissance à la gauche [grecque] future », avait déclaré à EURACTIV Grèce Hannes Swoboda, alors à la tête du groupe S&D, en avril 2013. Selon lui, « un grand nombre de personnes actuellement privées de leurs droits sociaux se retrouveraient [dans une telle formation].

>> Lire : Le président du Groupe S&D appelle à une coopération entre partis grecs de gauche

Dans un entretien avec EURACTIV, l’actuel chef de file des S&D a également encouragé les partis de gauche à collaborer après les élections de janvier 2015.  « Nous espérons que le résultat des élections permettra la formation d’un gouvernement progressiste exclusivement composé de partis de gauche qui partagent nos valeurs européennes communes », a-t-il expliqué.

Potami

Le parti centriste Potami devrait avoir un rôle de régulation après les élections, selon son dirigeant, Stavros Theodorakis. Potami est affilé au S&D, mais n’en est pas un membre officiel. Stavros Theodorakis a d’ailleurs rencontré à de nombreuses reprises Guy Verhofstadt, le chef de file de l’ALDE, qui le soutient.

Étant donné l’équilibre politique actuel, Potami pourrait devenir le premier pôle libéral du paysage politique grec en s’alignant sur l’ALDE.

Prochaines étapes

  • 20 septembre : Élections législative anticipées en Grèce.