Syriza prône toujours le dialogue créatif avec la Russie

Panagiotis Kouroumplis [European Parliament]

Athènes devrait poursuivre son dialogue « créatif » avec Moscou, selon l’ancien ministre de la Santé au gouvernement Syriza.

La Grèce doit élire dimanche 20 septembre de nouveaux députés. Selon les sondages, le parti de gauche Syriza est au coude-à-coude avec le parti de droite Nouvelle Démocratie, qui aurait une petite avance. Le parti néonazi Aube dorée occuperait la troisième position.

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Un nouveau pôle progressiste

Faisait référence au vote crucial du 20 septembre, Panagiotis Kouroumplis a déclaré que Syriza devrait être le noyau dur d’un parti progressiste plus large qui permettra de faire contrepoids face à la droite, aux conservateurs et aux néolibéraux.

« Les forces politiques de gauche, les socialistes et les Verts doivent trouver un socle commun et créer un nouveau front pour convaincre les Européens qu’ils sont capables de mettre un terme à l’accumulation des richesses par une minorité et à la propagation de la pauvreté », a-t-il estimé.

Concernant la participation du parti centriste Potami (S&D) à ce nouveau « pole progressiste », l’ancien ministre a déclaré qu’il n’excluait pas une future coopération, à condition qu’il accepte qu’il est nécessaire d’affronter « l’actuelle jungle des relations de travail [entre responsables politiques] ».

Flirt avec Moscou

Quant aux relations bilatérales entre Athènes et Moscou, qui se sont réchauffées sous le gouvernement Tsipras, Panagiotis Kouroumplis considère que la Grèce devrait mener une politique étrangère multilatérale.

« Si les États-Unis coopèrent avec l’Iran, pourquoi la Grèce devrait-elle être exclue ? », s’interroge l’ancien ministre. « La Grèce devrait poursuivre le dialogue créatif avec la Russie afin de résoudre les problèmes du peuple grec de manière plus amicale », a-t-il déclaré.

Accès à de nouveaux traitements

Panagiotis Kouroumplis a également parlé des coupes budgétaires dans les systèmes de santé des pays grevés de dette, et de l’accès des citoyens à des nouveaux traitements.

« Nous devrions réellement représenter le peuple et non pas les sociétés [pharmaceutiques] », a-t-il insisté.

Les États membres devraient négocier avec l’industrie pharmaceutique pour obtenir des médicaments innovants, tels que des traitements contre le cancer ou des antirétroviraux, a ajouté Panagiotis Kouroumplis.

« Nous devons garantir la solvabilité et l’intégrité des organismes de contrôle comme l’Agence européenne des médicaments. Nous devons tout faire pour empêcher les compagnies pharmaceutiques de déterminer les conditions de leur réglementation », a-t-il déclaré.

Selon lui, le prix des médicaments ne devrait pas être lié au coût de la recherche et du développement, et ce, afin d’assurer la transparence de la recherche.

Crise de réfugiés et systèmes de santé

Panagiotis Kouroumplis a reproché à l’UE son « hypocrisie » dans la crise des réfugiés actuelle.

« J’observe de près l’hypocrisie de ceux qui ont coopéré à la déstabilisation du Moyen-Orient sans en prévoir les conséquences », a-t-il estimé, ajoutant que malgré la crise, la Grèce a fait des efforts remarquables pour ne laisser aucun réfugié sans soins de santé.

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« L’Europe devrait se préparer à soutenir un système de santé robuste en Grèce puisque la santé de ces personnes, qui sont arrivées en Europe centrale, concerne l’UE elle-même. Il est grand temps que l’Europe montre les valeurs de solidarité sur lesquelles elle s’est fondée », a-t-il commenté.