Tajani et Pittella font jeu égal dans la course à la présidence du Parlement

Seul une poignée de voix sépare  les deux candidats italiens à la présidence du Parlement européen, selon les projections effectuées par VoteWatch. 

Le 9 janvier, VoteWatch a publié une étude qui place les chefs de file des deux plus grands groupes politiques du Parlement, Antonio Tajani pour le Parti populaire européen et Gianni Pittrella pour les Socialistes et Démocrates, en tête de l’élection de la semaine prochaine.

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La fin de la « grande coalition »

Les eurodéputés devraient élire un nouveau président le 17 janvier, après la décision du président sortant, Martin Schulz, de quitter la scène politique européenne pour revenir en Allemagne et se présenter au prochaines élections.

Contrairement à l’usage établi, le PPE et le S&D ne se sont pas mis d’accord pour soutenir un candidat commun. Au total, huit candidats représentants tous les groupes politiques participeront au scrutin.

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Simulation du premier tour de l’élection du président du Parlement par VoteWatch EU

Comme le vote est secret, VoteWatch a comparé les opinions des 749 eurodéputés avec celles des candidats sur tous les sujets abordés par le mandat parlementaire actuel, soit plus de 4 700 problématiques. Cette méthodologie avait déjà permis à VoteWatch de prédire justement qu’Antonio Tajani serait le candidat du PPE.

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Cette fois, l’organisation annonce un final très serré. Les données statistiques indiquent que si tous les eurodéputés votent en fonction des positions politiques qu’ils ont exprimé au Parlement depuis deux ans et demi, Antonio Tajani sortirait vainqueur des élections.

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Dans cette simulation, le candidat PPE n’a cependant que 11 votes d’avance sur son principal adversaire, Gianni Pittella. Le détail de la simulation indique plus précisément d’où provient le soutien des deux favoris.

Ainsi, au second tour, Gianni Pittella devrait récolter les votes de tous les partis de gauche (GUE/NGL, Verts et S&D), ainsi qu’environ deux tiers des voix libérales de l’ALDE. Cela ne devrait cependant pas lui permettre de l’emporter.

Tweet de Doru Frantescu (VoteWatch) : Tajani a une légère avance sur Pittella, avec 331 votes confirmé, contre 329 pour son rival.

Faiseurs de rois

Le candidat de centre droit devrait en effet remporter l’élection grâce au scrutin de la majorité des eurosceptiques (l’Europe des libertés et de la démocratie directe et l’Europe des nations et de la liberté), ainsi que les votes des membres allemands et scandinaves de l’ALDE. Le scénario prévoit également que les membres du Mouvement 5 étoiles (M5S) italien soutiennent Gianni Pittella, issu du Partito democratico, une notion qui est loin d’être garantie, étant donné la relation difficile des deux partis sur la scène politique italienne.

Aucun des deux favoris ne plait réellement aux 17 eurodéputés du M5E, qui n’ont pas encore arrêté leur choix. Ces voix sont pourtant celles qui permettraient au candidat S&D de passer devant son rival, sans elles, ses chances de l’emporter sont très, très minces.

Le M5E a tout récemment tenté de rejoindre l’ALDE, une tentative rejetée par les eurodéputés libéraux, malgré la bonne volonté de leur chef de file, Guy Verhofstadt, à qui ce pari risqué va sans doute coûter bien des voix. Le candidat ALDE n’aurait de chance que si Gianni Pittella abandonne la course, selon les projections de VoteWatch.

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Les vrais décideurs de cette élection, les faiseurs de rois, sont donc les membres de l’ALDE et des groupes plus petits, qui feront pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Ceux-ci sont, selon VoteWatch, les eurodéputés dont les opinions sont proches des deux candidats. De ces 89 voix, il semblerait toutefois que 49 soient plus proches d’Antonio Tajani.

Les électeurs potentiels de Gianni Pittella semblent par ailleurs plus sûrs de leur choix que les possibles soutiens d’Antonio Tajani. Cela signifie que si les petits partis ne participent pas au vote, le candidat S&D pourrait l’emporter.

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