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29/08/2016

Un ultranationaliste repenti remporte les élections en Serbie

Elections

Un ultranationaliste repenti remporte les élections en Serbie

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Le Parti progressiste serbe (SNS) a remporté les élections législatives du 16 mars 2014. Le parti de droite et europhile doit poursuivre le processus d'adhésion de la Serbie avec l'Union européenne, entamé en janvier. 

Le chef du Parti progressis serbe (SNS), Aleksandar Vucic, un ancien ultranationaliste converti à l'Europe, après une victoire éclatante aux législatives anticipées du 16 mars, devrait être nommé premier ministre d'une Serbie qui s'oriente désormais vers une entrée dans l'Union européenne.

Selon l'institut de sondage Cesid, le SNS a remporté 48,8% des suffrages exprimés, ce qui devrait lui donner 157 sièges sur les 250 que compte l'Assemblée nationale, le parlement monocaméral serbe. Les estimations du parti collent à ces estimations, puisque le SNS revendique pour sa part 49,3% des suffrages.

« Personne n'a jamais eu une telle journée », a déclaré Aleksandar Vucic, 44 ans, devant ses partisans en Belgrade. « Mon but n'est pas d'être riche, mon but est que le peuple de Serbie vive mieux », a-t-il dit.

Toujours selon le Cesid, les socialistes du premier ministre sortant Ivica Dacic arrivent en deuxième position avec 14% des voix.

Selon les analystes, le SNS doit sa victoire à la popularité d'Aleksandar Vucic, vice-premier ministre dans le gouvernement sortant, dont le combat contre la corruption a touché une corde sensible chez de nombreux Serbes.

Le nouvel homme fort de la Serbie a promis une réforme du secteur public, des retraiteset du droit du travail.

Quant au Parti démocrate, principale force d'opposition sous Slobodan Milosevic, elle obtient environ 6% des suffrages. Le parti a vu sa base ébranlée par la défection de l'ancien président serbe, Boris Tadic, dont le nouveau parti a également obtenu autour de 6% des voix.

Le taux de participation à ces législatives anticipées a été de 53%.

Selon les analystes, Aleksandar Vucic pourrait demander à Boris Tadic d'entrer au gouvernement.

Objectif : les investissements étrangers

Le SNS a obtenu ces élections anticipées après seulement 18 mois de participation à un gouvernement avec les socialistes, en faisant valoir qu'il avait besoin d'un mandat plus solide pour réformer les finances du pays.

La Serbie, qui compte 7,3 millions d'habitants, va devoir s'engager à réduire son déficit budgétaire et sa dette publique pour pouvoir obtenir un nouveau prêt du Fonds monétaire international, ce qui pourrait être chose faite peu après l'entrée en fonction du nouveau gouvernement.

Le gouvernement sortant a enclenché les négociations d'entrée dans l'Union européenne en janvier, peu après la chute du gouvernement de coalition. Ces négociations ont été rendues possibles par l'accord historique entérinant la renonciation définitive de la Serbie à son ancienne province au Kosovo qui a déclaré son indépendance il y a six ans et qui est reconnu par plus de 100 pays.

Le processus d'accession à l'UE, qui devrait se prolonger au-delà de 2020, devrait permettre à la Serbie d'attirer les investissements étrangers dont elle a besoin.

Jusqu'en 2008, Aleksandar Vucic était un farouche adversaire de l'UE et un défenseur passionné de la « Grande Serbie », prônée par les ultranationalistes à la suite de l'éclatement de la Yougoslavie.

Sur YouTube, on peut le voir sur d'anciennes vidéos s'emporter contre la politique « antiserbe » des Occidentaux ou prendre la défense du dirigeant serbe de Bosnie Ratko Mladic, poursuivi par la justice internationale pour le massacre de 8.000 Musulmans à Srebrenica en 1995.

Il y a six ans, pourtant, il a rompu avec le Parti radical (nationaliste) et s'est rallié à l'idée européenne, meilleur moyen selon lui pour assurer la prospérité de la Serbie. Ses adversaires ont dénoncé un ralliement purement tactique et mettent en doute la sincérité de ses convictions.

Contexte

Aleksandar Vu?i? a avancé les élections législatives en janvier dernier afin d’obtenir une solide assise au sein de l’Assemblée nationale de la République de Serbie. Ancien ultranationaliste, le leader du Parti progressiste serbe (SNS) est devenu un adepte de l’idéal européen.

Le pays, qui a entamé le processus d’adhésion à l’Union européenne en janvier, est dans une situation financière tendue. La dette publique de la Serbie s’élevait en 2013 à 64,4% du PIB et taux de chômage à 20%. Le pays connaît en effet une croissance économique atone. Le pays doit mener des réformes systémiques d’ampleur pour obtenir une nouvelle tranche d’aide du Fonds monétaire international. 

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