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04/12/2016

Yannick Jadot, l’eurodéputé Vert candidat à la présidence

Elections

Yannick Jadot, l’eurodéputé Vert candidat à la présidence

Yannick Jadot, l'eurodéputé qui crée la surprise à la primaire écolo.

[Greensefa/Flickr]

L’eurodéputé a  devancé sa concurrente Michèle Rivasi lors du deuxième tour  de la primaire des écologistes. Les Verts partent toutefois très divisés.

Yannick Jadot  va maintenant devoir mobiliser les électeurs français,  sceptiques quant à l’intérêt d’une candidature écologiste au scrutin présidentiel.

Le réalisme de Yannick Jadot quant à ses maigres chances de remporter l’élection présidentielle semble avoir séduit les sympathisants écologistes.

Lors du deuxième tour de la primaire d’Europe-Ecologie Les Verts, l’eurodéputé a obtenu l’investiture écologiste pour l’élection présidentielle de 2017 avec 54,25 % des voix, devançant Michèle Rivasi (40,75 %).

Proche de Daniel Cohn-Bendit, Yannick Jadot avait milité en faveur de la candidature de Nicolas Hulot et pour une primaire des gauches et de l’écologie, jugeant impossible  la présence d’un écolo au second tour de la présidentielle.

Ce réalisme électoral n’était pas partagé par Michèle Rivasi, qui a mené sa campagne en affirmant que rien n’était impossible. Il s’agit d’ailleurs d’un des rares points de divergences entre les deux candidats, dont les programmes politiques convergent fortement.

Les deux candidats sont tous  deux eurodéputés et anciens de l’ONG Greenpeace, ils sont également des figures politiques plutôt méconnues du grand public en France.

Lors du premier tour,  Yannick Jadot  était déjà arrivé en tête de la primaire avec 35,61 % des suffrages tandis que Michèle Rivasi avait recueilli 30,16 %, éliminant ainsi la favorite Cécile Duflot à la surprise générale.

>Lire : Pourquoi 10 % des eurodéputés français se présente à la présidentielle

L’enjeu des signatures

L’écueil principal que l’eurodéputé doit désormais affronter repose sur les 500 signatures d’élus que tout candidat à la présidence doit rassembler avant de se présenter, une étape qui ne semble pas acquise vues les divisions internes fortes du parti des Verts.

Yannick Jadot, opposant virulent aux traités de libre-échange que l’UE tente de conclure avec les Etats-Unis (TTIP) et vient de signer avec le Canada (CETA) est toutefois en train de devenir populaire sur les réseaux sociaux.

A l’occasion d’une prise de parole au Parlement européen sur le sujet de la signature du CETA avec le Canada, l’eurodéputé fait mouche en dénonçant les travers de la politique libérale de l’UE en matière commerciale. Diffusée sur son profil Facebook, son intervention a été vue plus d’1,5 million de fois.

Reste à savoir si cette primaire permettra aux écologistes de décoller dans les sondages, qui pour l’heure ne les ont crédités que de 2 % à 3 % des intentions de vote, en s’interrogeant cependant sur une candidature de Cécile Duflot.

>>Lire : L’eurodéputé Yannick Jadot crée la surprise à la primaire écolo

Autre indicateur que le candidat devra battre en brèche, la conviction de plus de la moitié des Français de l’inutilité d’une candidature écologiste pour les élections présidentielles.  En effet, un sondage réalisé début octobre par Elabe pour BFMTV  révélait que 53 % des répondants estimait la présence des écologistes dans la course à l’Élysée était inutile, tandis que seuls  12 % estimaient cette candidature « tout à fait utile ».