Bruxelles semonce la France sur ses objectifs d’énergies renouvelables

Au total, l’éolien offshore a mobilisé près de 30 Mds$ en 2016 [CGP Grey/Flickr]

La plupart des États membres européens sont en bonne voie pour atteindre leurs objectifs en matière d’énergies renouvelables d’ici à 2020, mais les mesures prises par la France, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ne sont pas suffisantes, pointe la Commission.

L’objectif pour 2020 lié aux énergies renouvelables est à portée de main pour une majorité d’Etats membres, a souligné la Commission européenne dans un rapport de suivi sur la directive relative aux énergies renouvelables.

L’Autriche, l’Estonie, le Danemark, l’Allemagne, l’Italie, la Lituanie, la Roumanie et la Suède font partie des 19 pays qui pourraient même dépasser de loin leurs objectifs pour 2020, vu leurs politiques actuelles.

Cette directive fixe un objectif contraignant de 20 % d’énergie renouvelables dans l’UE en 2020, ce qui implique une augmentation de 10 % des énergies vertes dans le transport, rappelle la Commission.

L’objectif européen a été traduit en objectifs nationaux qui tiennent compte du potentiel de chaque pays. Ces objectifs nationaux ne sont cependant pas légalement contraignant, une faiblesse dans la politique européenne, selon les écologistes.

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« Pourtant, à l’approche de l’échéance de 2020, des barrières administratives et des incertitudes législatives continuent à freiner l’investissement privé dans le secteur, et des mesures supplémentaires pourraient être nécessaires dans certains États membres », selon les auteurs du rapport.

D’autres États sont par contre à la traine. C’est le cas de la France, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et, dans une moindre mesure, de la Belgique et de l’Espagne. La Commission exhorte donc ces pays à évaluer l’efficacité de leurs politiques et des outils mis en place.

Avec 14,2% d’énergies renouvelables en 2013, la France reste en effet loin de son objectif de 23% pour 2020. Et les projections de la Commission sur 2013/2014 constatent même un léger recul de la part des énergies renouvelables en France, à 14,1%. Le pays reste d’ailleurs en dessous de la moyenne européenne, évaluée à 15% en 2013.

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La Commission exprime également des doutes sur la capacité de la Pologne et de la Hongrie à atteindre l’objectif pour 2020. La réussite de ces pays dépendra de l’évolution de la demande en énergie et de conditions de financement spécifiques, souligne la Commission.

« Ce rapport prouve une fois encore que les objectifs nationaux contraignants ont été un ingrédient essentiel de la recette du succès des énergies renouvelables en Europe. Ces objectifs nationaux contraignants devraient donc être l’option favorisée, également après 2020, afin que l’Europe ne perde pas son rôle déterminant dans l’investissement dans les renouvelables », a estimé Jean-François Fauconnier, coordinateur de la politique européenne sur les renouvelables au Réseau action climat.

Les transports à la traine

L’exécutif européen note également que le secteur du transport a progressé moins rapidement que les secteurs de l’électricité, du chauffage et de la climatisation, où la part des renouvelables a atteint 5,4 % en 2013.

« La Suède est le seul État membre qui a déjà atteint son objectif en matière d’énergies renouvelables, puisqu’en 2013, 16,7 % de son énergie provenait de sources vertes, soit bien plus que les 10 % requis pour 2020 », indique la Commission.

Contexte

En 2014, les chefs d'État et de gouvernement européens se sont accordés sur un objectifs de réduction de 40 % de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.

Pourtant, à la veille de la signature de l'accord, des divergences sur la manière d'atteindre ces objectifs sont apparus.

Le Royaume-Uni et d'autres États se sont opposés à la mise en place d'objectifs contraignants nationaux sur l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Ces deux points ont donc été supprimés de l'accord final.

Les défenseurs des renouvelables estiment qu'il s'agit d'une belle occasion manquée qui aurait pu envoyer un message clair aux investisseurs sur l'engagement de l'UE pour les énergies propres.

Prochaines étapes

  • 16 juin : Publication du rapport de progrès sur les renouvelables.

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Commission européenne