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07/12/2016

L’ère de la consommation traditionnelle d’énergie bientôt révolue

Energie

L’ère de la consommation traditionnelle d’énergie bientôt révolue

« Les bâtiments pourraient produire plus d'énergie que ce qu'ils consomment », a souligné Miguel Arias Cañete.

La manière donc les gens consomment de l’énergie va bientôt connaître un tournant majeur, a déclaré le commissaire au climat, Miguel Arias Cañete, le 13 juin avant de présenter sa stratégie pour que les Européens prennent le contrôle de la production et de l’utilisation de l’énergie.

Miguel Arias Cañete s’exprimera lors de la conférence d’ouverture de la semaine de l’énergie durable, qui a lieu ce matin à Bruxelles. Le Commissaire y présentera sa stratégie pour établir une définition européenne de la pauvreté énergétique.

Il s’exprimera aux côtés du vice-président de la Commission, Jyrki Katainen, qui devrait annoncer des mesures pour transférer les garanties contre les risques du plan Juncker vers des projets d’efficacité énergétique.

>> Lire : Les investissements d’efficacité énergétique du plan Juncker suspendus à leur rentabilité

« Nous voulons donner aux citoyens le pouvoir de s’approprier l’énergie qu’ils consomment et qu’ils produisent », a déclaré Miguel Arias Cañete à EurActiv avant la conférence. « Cela signifie pousser les citoyens, les coopératives énergétiques et les autorités locales à devenir des acteurs à part entière sur le marché. C’est ce qui doit définir notre transition énergétique; les consommateurs doivent prendre le contrôle de leur consommation d’énergie. Je crois que l’ère de la consommation traditionnelle de l’énergie est bientôt révolue. »

Vision

Miguel Arias Cañete présentera sa vision du « consommateur d’énergie du 21ème siècle », qu’il décrit comme le « point central » de la transition vers un avenir plus durable.

« L’automatisation de l’offre doit se développer comme un instrument du marché pour permettre aux consommateurs d’ajuster et d’optimiser leur utilisation de l’énergie tout au long de la journée », a-t-il expliqué.

Il a toutefois prévenu que des millions d’Européens dépendaient de compteurs analogiques vieux d’un siècle et dépensaient 15 % de plus en énergie qu’il y a cinq ans.

« Notre travail est de faciliter la transition vers un nouveau système plus souple et plus propre, qui fournira de l’énergie durable et abordable à tous et encouragera l’innovation », a déclaré Miguel Arias Cañete. « Je ne peux que vous dire à quel point il est important de donner du pouvoir aux consommateurs dans la transition énergétique. »

La Commission cherchera à améliorer la clarté et la fréquence des informations liées à la consommation et développera des normes minimales pour les factures. Des informations en ligne sur la consommation pourraient réduire de 8 % l’utilisation d’énergie mais les données sont trop rares et confuses pour vraiment être utiles, a-t-il expliqué.

L’exécutif soutient aussi le déploiement actuel des compteurs intelligents à travers l’Europe, ainsi que des appareils connectés et des nouvelles technologies comme les objets connectés. « Les bâtiments pourraient produire plus d’énergie que ce qu’ils consomment », a souligné le commissaire, faisant référence à la mise en place de panneaux solaires sur les toits.

Pauvreté énergétique

Environ 54 millions d’Européens souffrent de pauvreté énergétique, selon une analyse de la Commission européenne, qui attribue cette situation à la montée des prix, à la baisse des revenus et à l’inefficacité énergétique des maisons qui force les gens à choisir entre manger ou se chauffer.

Miguel Arias Cañete a notamment demandé aux États membres de faire des efforts pour faire face au problème : « Durant cette transition énergétique, nous ne laisserons personne sur le bas-côté ».

Le commissaire a annoncé que la Commission envisageait de mettre en place une définition de la pauvreté énergétique, de développer un système de compte rendu national du problème, et de créer un observatoire sur la pauvreté énergétique pour sensibiliser.

Rénover les bâtiments et la règlementation

Les bâtiments sont responsables de 40 % de la consommation énergétique de l’Europe et 70 % du parc immobilier est inefficace.

« Il s’agit d’une priorité pour nous », a expliqué Miguel Arias Cañete. « Rappelons-nous simplement que deux tiers de nos bâtiments ont été construits avant que les normes de performance énergétique soient créées ».

La directive sur la performance énergétique des bâtiments sera mise à jour en automne. Une nouvelle initiative appelée Financement intelligent pour bâtiments intelligents permettra de doubler le taux de rénovation pour atteindre plus de 2 % par an d’ici à 2020.

>> Lire : La Commission envisage de rehausser les objectifs d’efficacité énergétique

La stratégie de l’Union de l’énergie de la Commission européenne permet de répondre à un double défi : améliorer la sécurité énergétique et faire face au changement climatique.

Lancée l’année dernière, cette stratégie prévoit un marché unique de l’énergie basé sur le gaz et les renouvelables et interconnecté. À l’automne, la Commission actualisera ses lois sur l’énergie pour mener l’Union vers des énergies plus propres.

Une transition qui devient de plus en plus urgente alors que l’UE est sur le point de signer l’accord de Paris pour limiter le réchauffement climatique et que les dirigeants européens soutiennent les objectifs 2030 pour le climat et l’énergie.

« Si 2015 était synonyme d’engagements ambitieux, alors 2016 doit être synonyme de politiques ambitieuses pour respecter ces engagements », explique Miguel Arias Cañete, dans le document de préparation de la conférence.

La Commission va transposer l’objectif 2030 de 27 % de renouvelables dans la révision de la directive relative aux énergies renouvelables à la fin de l’année. Une nouvelle organisation du marché de l’électricité cherchera à améliorer l’intégration des renouvelables et à répondre à une demande plus souple et plus active.

« Notre objectif est de soutenir tous ces efforts pour être plus efficace du moins de vue énergétique », a assuré le commissaire. « Au vu du changement climatique, nous ne pouvons pas nous permettre de gaspiller encore plus d’énergie. »

La révision de la directive sur l’efficacité énergétique permettra d’atteindre voir de surpasser l’objectif de 27 % d’efficacité énergétique en plus d’ici à 2030 et par rapport au pourcentage de 1990.

Lors de la conférence de ce matin, Miguel Arias Cañete a promis de renforcer l’application des lois existantes dans les différents États membres.

>> Lire : Bruxelles va sévir contre les mauvais élèves de l’efficacité énergétique

Contexte

La semaine de l’énergie renouvelable est une initiative soutenue par la Commission et constituée de conférences, débats et discussions sur les renouvelables à Bruxelles. Elle donne l’occasion aux industries, ONG, décideurs politiques de tous niveaux de gouvernements et autres acteurs du secteur de prendre part au processus de réflexion institutionnel.

Le thème dominant sera la manière dont les consommateurs peuvent être encouragés à concrétiser l’union de l’énergie. Les premières mesures législatives sont prévues pour l’automne 2016.

L'Union de l'énergie concernera des secteurs divers, comme l'énergie, les transports, la recherche et l'innovation, la politique étrangère, la politique européenne de voisinage, le commerce et l'agriculture, explique la Commission.

Les objectifs de cette Union de l'énergie se sont diversifiés pour inclure des problèmes tels que la lutte contre le changement climatique.

Selon la campagne « Renovate Europe », la demande d'énergie pourrait être diminuée de 80 % grâce aux nouvelles technologies. Selon ses responsables, il est cependant nécessaire de mettre en place une réglementation et un cadre législatif efficace afin d'atteindre un tel objectif.

Prochaines étapes

  • Automne 2016: Révision de la directive sur la performance énergétique des bâtiments et de la directive sur l'efficacité énergétique.
  • Fin 2016: Révision de la directive relative aux énergies renouvelables.