Éolien offshore: comment les Allemands cassent les prix

Les énergéticiens allemands parient sur l'arrivée prochaine de très grosses machines.

Dong et EnBW vont pratiquement se passer de subventions pour leurs prochains parcs éoliens en mer du Nord allemande. Un choix très audacieux. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Le 13 avril est passé inaperçu. Ce jour sera peut-être à marquer d’une pierre blanche tant la nouvelle est sidérante. Pour la première fois, des exploitants de parcs éoliens marins promettent pratiquement de se passer d’aide tarifaire, tant leurs coûts de production seront bas.

L’agence fédérale des réseaux (BNetzA) a en effet déclaré EnBW et Dong vainqueurs du dernier appel d’offres. Cette compétition portait sur la réalisation de 1.490 mégawatts (MW) de capacités, en mer du Nord.

L’éolien offshore décolle dans un marché des renouvelables qui se tasse

Ajouté à la baisse rapide des coûts, le ralentissement du développement des énergies renouvelables en Chine et au Japon en 2016 entraîne une baisse des investissements au niveau mondial. Signe d’une nouvelle maturité, l’éolien offshore fait exception. Un article de notre partenaire La Tribune.

4 Parcs marins

L’ancienne filiale d’EDF, EnBW, construira le parc de He Dreiht (900 MW) qui devra être raccordé au réseau en 2025. À l’énergéticien danois, Dong, la réalisation des parcs de OWP West (240 MW), Borkum Riffgrund West 2 (240 MW) et de Gode Wind 3 (110 MW). Ces trois installations doivent être mises en service en 2024.

Pour trois des quatre parcs, commente la BNetzA dans un communiqué, les électriciens prévoient de vendre leur courant directement au prix du marché (autour de 37 euros le mégawattheure). Seul le parc de Gode Wind 3 bénéficiera d’une prime estimée à 60 €/MWh.

4,4 €/MWH de subvention

Au total, le montant des subventions pour les futurs parcs de cet appel d’offres se situe aux alentours de 4,4 €/MWh. Du jamais vu! « Ces offres ont été très inférieures aux prévisions », concède Jochen Homann, le président de la BNetzA. Pour mémoire, les coûts de production des futurs parcs marins français devraient tourner autour de 220 €/MWh.

Comment expliquer des coûts aussi bas? Les sites sont particulièrement ventés: une vitesse moyenne de vent de 10 mètres à la seconde, « ce qui est la plus forte observée sur notre portefeuille », explique Dong. Les autorités allemandes ont accepté de porter de 25 à 30 ans la durée des concessions. L’énergéticien danois prévoit aussi de mutualiser les coûts de maintenance entre plusieurs de ses parcs marins.

Le plus grand parc d'éoliennes maritimes devrait être Britannique

Le plus grand parc éolien en mer au monde pourrait bientôt voir le jour au Royaume-Uni. Un article de notre partenaire Edie.net.

Éoliennes de plus de 10 MW

Mais le plus important relève encore du pari. EnBW et Dong estiment que le prix de gros de l’électricité, sur le marché allemand, est appelé à se relever sensiblement ces prochaines années, rendant l’électron marin très compétitif. Très audacieux pour un marché qui souffre de surproduction. Mieux, les deux énergéticiens annoncent vouloir installer des turbines de 11 MW unitaires (pour EnBW) et de 13 à 15 MW unitaires (pour Dong). Or ces machines n’existent pas encore. Pas même à l’état de prototype. Les plus puissantes du moment, telle l’AD8 de 8 MW d’Adwen, sont actuellement en cours d’essai.