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24/01/2017

Grèce, Macédoine, Serbie et Hongrie s’intéressent au «Turkish Stream»

Energie

Grèce, Macédoine, Serbie et Hongrie s’intéressent au «Turkish Stream»

Tracé proposé pour le gazoduc Turkish Stream [Gazprom]

Les ministres des Affaires étrangères grec, macédonien, serbe et hongrois se sont rencontré le 7 avril à Budapest pour évoquer le nouveau projet russe de gazoduc, Turkish Stream. 

Selon le quotidien grec Kathimerini, la coopération énergétique est au cœur des négociations entre Nikos Kotzias, ministre grec des Affaires étrangères, et ses homologues turc, serbe, macédonien et hongrois. Les ministres se sont rencontrés à Budapest ce 7 avril.

Il a notamment été question de leur éventuelle participation au projet de gazoduc avancé par la Russie.

Le nouveau projet russe, annoncé par Vladimir Poutine lors d’un déplacement à Ankara en décembre dernier, replacerait South Stream et permettrait à Moscou de contourner l’Ukraine et la Bulgarie, responsables de l’abandon de South Stream.

>> Lire : La Russie tire une croix sur South Stream

Nikos Kotzias devait se joindre à la rencontre gréco-russe dès la fin de la réunion de Budapest.

La partie extraterritoriale du gazoduc devrait passer par la Turquie européenne et amener le gaz vers une plateforme à la frontière entre la Turquie et la Grèce.

Gazprom, l’entreprise d’État possédant le monopole du gaz russe, a récemment racheté à ses partenaires européens les parts de la société derrière le projet de gazoduc avorté, South Stream. Gazprom s’assurerait ainsi de garder de bonnes relations avec Saipem, une filiale de la société italienne ENI, qui a une autorisation lui permettant de poser des tuyaux sous la mer Noire (voir Contexte).

Moscou a déclaré qu’il revenait à l’UE de décider de la manière d’acheminer le gaz à partir de la plateforme gazière gréco-turque. Lors d’une récente visite de Vladimir Poutine en Hongrie, son hôte, le Premier ministre, Viktor Orbán, a proposé un tracé possible pour un gazoduc passant par la Grèce, la Macédoine, la Serbie et la Hongrie.

Contexte

En décembre 2014, face à l'opposition de l'Union européenne, la Russie a été contrainte d'abandonner son projet de gazoduc South Stream, d'un coût de plus de 35 milliards d'euros. South Stream devait passer sous la mer Noire et en Bulgarie et acheminer 63 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l'Europe.

Gazprom a annoncé en janvier 2015 la construction d'un gazoduc immergé de la même taille qui transporterait du gaz vers une plateforme gazière existante à la frontière gréco-turque. Moscou entend concrétiser le projet d'ici fin 2016.

L'UE s'est montrée sceptique, et les représentants turcs jugent le délai irréalisable.

>> Lire : La Commission vilipende le « Turkish Stream »

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