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30/09/2016

La consommation d’énergie de l’UE revient au niveau des années 90

Energie

La consommation d’énergie de l’UE revient au niveau des années 90

Selon la Commission européenne, le Royaume-Uni fait partie des pays d'Europe les moins dépendants des importations énergétiques grâce à ses combustibles fossiles présents en mer du Nord.

[Richard Child/Flickr]

La consommation énergétique dans l’Union européenne a chuté à son niveau le plus bas depuis plus de 20 ans, selon des statistiques de la Commission. Une tendance due à la crise et aux progrès effectués en matière d’efficacité énergétique. ?

La chute de la consommation énergétique annuelle au sein de l’Union européenne est spectaculaire. En 2013, elle a chuté de plus de 9 % par rapport à son pic de 2006, soulignent les statistiques publiées le 9 février par la Commission européenne. 

Cette baisse reflète en partie les difficultés économiques persistantes de la zone euro, mais également les efforts fournis par les États membres et les entreprises pour réduire leur consommation d’énergie et augmenter l’efficacité énergétique.

Dépendance 

Malgré ce plongeon, l’Europe demeure fortement dépendante des importations de combustible. Plus de la moitié de ses besoins en énergie sont fournis par des producteurs étrangers, dont le Moyen-Orient et la Norvège. Rapportées au prix du pétrole durant l’année en question, les importations s’élevaient à 400 milliards d’euros. Ce chiffre est désormais volatil compte tenu des prix très bas du pétrole et du taux de change de l’euro.

Parmi les plus grands pays membres de l’UE, le Royaume-Uni était l’un des moins dépendants des importations – grâce à l’énergie fossile provenant de ses installations offshore – avec 46,4 % de l’énergie primaire venant de l’étranger. Toutefois, cette relative indépendance risque de ne pas durer dans les années à venir car les réserves de la mer du Nord en gaz et en pétrole s’épuisent rapidement.

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?La France, où les réacteurs nucléaires génèrent la grande majorité des besoins en électricité, est également moins dépendante que la moyenne, avec 48 % d’énergie importée. À l’inverse, environ 63 % de l’énergie allemande vient de l’extérieur du pays et, en Italie, ce pourcentage grimpe à 77 %.

Les énergies renouvelables talonnent le nucléaire

Les centrales nucléaires représentent la plus grande partie (29 %) de la production d’électricité de l’UE, talonnées par les énergies renouvelables qui ont produit au total un peu moins d’un quart de l’électricité de l’Union.

En 2013, le total de l’énergie consommée à travers l’UE était de 1 666 millions de  tonnes d’équivalent pétrole (ou Mtep, unité de mesure de l’énergie). Une quantité légèrement en deçà du total de l’année 1990, qui était de 1 667 Mtep.

Le Royaume-Uni, par exemple, a utilisé un peu plus de 200 Mtep en 2013, une forte baisse comparée à ses 210 Mtep en 1990 et à son pic de 230 au début des années 2000. Le gouvernement a essayé d’encourager l’efficacité énergétique grâce à des programmes d’isolation de maisons et à une taxe sur le carbone appliquée aux entreprises.

Progrès sur le front de l’efficacité énergétique 

Cette baisse de consommation d’énergie est également due aux progrès réalisés par les derniers arrivants dans l’UE en termes d’efficacité énergétique. Ces pays de l’est de l’Europe ont hérité d’infrastructures inefficaces de l’époque où ils appartenaient au bloc soviétique, riche en énergie. La Bulgarie, par exemple, a utilisé 28 Mtep en 1990 et seulement 17 en 2013. Durant la même période, la consommation de la Lituanie a également chuté de 16 à 7 millions de tonnes d’équivalent pétrole. De telles baisses ne se répèteront pas.

La Commission européenne travaille sur des propositions de loi qui obligeraient les États membres à rendre leurs constructions plus efficaces énergétiquement, a révélé un document divulgué le 6 février. Ces propositions devraient être présentées en octobre, mais mettront des années à entrer en vigueur. Elles sont destinées à aider l’UE à remplir ses objectifs 2030 en matière d’efficacité énergétique.

Un encouragement à l’efficacité énergétique permettra aussi à l’UE de tenir ses promesses internationales de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 %, comparées au niveau de 1990, d’ici 2030. L’objectif sera probablement entériné dans le nouvel accord sur le changement climatique qui devrait être conclu à Paris en décembre.

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