La dépendance énergétique de l’UE a un prix

Plateforme pétrolière en mer Baltique, 2008. [Andrew/Flickr]

Plateforme pétrolière en mer Baltique, 2008. [Andrew/Flickr]

La Commission a récemment présenté un plan d’action visant à réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie ce qui entrainera une montée des prix de l’énergie.

À l’occasion d’un sommet européen consacré à l’énergie le 22 mai 2013, les dirigeants des États européens ont adopté des mesures pour réduire le prix de l’énergie et augmenter la compétitivité industrielle de l’UE.

Cette fois-ci, réduire la forte dépendance de nombreux États membres est la priorité politique de l’Union européenne. La Commission a présenté le 28 mai un autre plan d’action, comme document de travail pour le sommet du 26 et 27 juin prochains.

Lors de la présentation du projet, le commissaire à l’énergie, Günther Oettinger, a déclaré que l’Union européenne souhaitait un partenariat à la fois fort et stable avec des fournisseurs de premier plan, tels que la Russie, mais devait se « préserver du chantage politique et commercial ».

L’UE et ses États membres ont fort à faire, a poursuivi le commissaire. Selon lui, l’Union doit renforcer sa solidarité avec ses États membres les plus vulnérables. Les chiffres montrent en effet que l’Estonie, la Finlande, la Lettonie, et la Lituanie sont entièrement dépendantes des importations du gaz russe.

Il a aussi indiqué que l’UE devait achever son marché intérieur de l’énergie et améliorer ses infrastructures énergétiques ainsi que son efficacité énergétique. L’Union se doit également de mieux exploiter ses propres ressources énergétiques. En outre, il a ajouté que l’UE devait accélérer la diversification de ses fournisseurs énergétiques extérieurs, notamment dans le domaine du gaz.

La Commission a publié un document de 14 pages intitulé « In-depth study of European energy security » (« étude approfondie sur la sécurité énergétique de l’Europe »), qui compile des faits déjà connus montrant la vulnérabilité de l’Union en termes de dépendance énergétique.

Ainsi, le document révèle les points faibles de l’UE vis-à-vis de sa dépendance énergétique face aux fournisseurs gaziers russes, mais aussi dans le secteur nucléaire et des raffineries pétrolifères.

En revanche, ce rapport donne peu d’indications quant aux solutions visant à pallier ces faiblesses. Le commissaire européen a été également interrogé sur les conséquences qu’auront la mise en place d’interconnecteurs, l’augmentation des capacités de stockage énergétique sur le prix de l’énergie. Celui-ci a confirmé que de telles mesures entraineraient nécessairement une hausse des prix.

Tests de résistance

Assurer un approvisionnement énergétique ininterrompu l’hiver prochain est la principale nouveauté du document. La Commission propose de mettre en œuvre des « tests de résistance » au niveau régional et européen en simulant des ruptures d’approvisionnement en gaz.

L’objectif est de déterminer dans quelle mesure le système de distribution énergétique européen peut résister face à des risques de sécurité d’approvisionnement. En partant de ce principe, les autorités pourront développer des plans de développement énergétique et créer des mécanismes d’appui.

De tels mécanismes pourraient prendre plusieurs formes : la hausse des capacités de stockage gazier, la diminution de la demande énergétique grâce à la commutation de combustible (en particulier dans le secteur du chauffage), la mise en commun d’une partie des stocks de sécurité énergétique ainsi que l’instauration d’infrastructure d’urgence, comme les systèmes d’inversions des flux.

Contexte

La crise ukrainienne crée des incertitudes au niveau de l'UE quant à un approvisionnement en énergie sans rupture et à un prix stable. Lors du sommet européen de mars 2014, la Commission s'est engagée à mener une étude en profondeur sur la sécurité énergétique en Europe et à présenter un projet global visant à réduire la dépendance énergétique de l'UE. Les conclusions et les propositions feront l'objet de discussions lors du Conseil européen des 26 et 27 juin.

D'une part, la demande en énergie est en hausse et devrait augmenter de 27 % d'ici 2030.D’autre part, la production d'énergie au sein de l'UE a diminué de 20 % entre 1995 et 2012.À l'heure actuelle, les fournisseurs étrangers répondent à plus de 50 % des besoins européens. En 2012, près de 90 % du pétrole, 66 % du gaz et 42 % des combustibles solides ont été importés dans l'UE. Au total, la facture s'élève à plus d'un milliard d'euros par jour.

Prochaines étapes

  • 26-27 juin : réunion des dirigeants européens sur la question de la dépendance énergétique

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