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30/08/2016

La rénovation énergétique des bâtiments en bonne position pour le Plan Juncker

Energie

La rénovation énergétique des bâtiments en bonne position pour le Plan Juncker

La SFTE propose d'affecter 120 milliards sur 3 ans à la rénovation énergétique des bâtiments publics.

(Credit: [viviano]/Shutterstock)

La Société de financement de la transition énergétique (SFTE) figure parmi les propositions du gouvernement français pouvant profiter d’une partie des 315 milliards d’euros du plan d’investissement européen. Une proposition qui pourrait tirer son épingle du jeu.

La France a soumis 32 projets à la Commission européenne, espérant profiter d’une partie des financements des 315 milliards d’euros du plan d’investissement de Jean-Claude Juncker. Parmi les heureux élus défendus par Paris, figure le projet de la Société de financement de la transition énergétique (SFTE), un outil permettant de rénover les bâtiments publics à l’échelle de l’Europe sans alourdir, selon la SFTE, la dette des États.

>>A Lire : Le plan Juncker, un projet a minima pour mettre tout le monde d’accord

Le projet, lancé en novembre 2013, a fait l’objet d’un rapport publié le 4 novembre dernier. Selon le document, « sur les 300 milliards d’euros d’investissements prévus dans le cadre de ce plan européen, 120 milliards d’euros sur trois ans, affectés à la rénovation énergétique des bâtiments publics, permettraient déjà de créer 600.000 emplois durables sur trois ans ». Dans sa conclusion, il indique également que « la mise en œuvre de la SFTE implique maintenant une décision et une forte implication de la puissance publique ».

« Investir 120 milliards d’euros dans les bâtiments publics permettrait de réduire la consommation en énergie des bâtiments publics de10 à 15 % et leurs émissions de CO2 dans les mêmes proportions », souligne le rapport.

Rénover les bâtiments publics

Le projet SFTE a pour objectif de mettre en place un partenariat entre entités publiques et privées pour financer des projets de rénovation énergétique des bâtiments publics de taille moyenne (environ un million d’euros) tels que des écoles, des bureaux ou des hôpitaux à l’exception des logements sociaux. 

>> A lire aussi : La France veut imposer les bâtiments publics à énergie positive

« On ne peut pas lutter contre le réchauffement climatique si on ne diminue pas notre consommation d’énergie », a rappelé Alain Grandjean, Membre du Conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot, rappelant que le secteur du bâtiment et du logement est le premier concerné.

Selon Philippe Pelletier, président du Plan Bâtiment Durable, « le grand intérêt de ce projet est que pour la première fois, il y a un projet achevé et cohérent, préparé à partir des différentes composantes de la société et soutenu par l’État ».

A lire aussi : La liste des projets financés par le plan Juncker bientôt dévoilée

Un projet français à visée européenne

Dans le cadre de la task force, la France a porté le projet au niveau européen, car il peut être reproduit dans d’autres pays. Le projet a reçu un « écho assez fort à Bruxelles et à Paris pour sa pertinence et son caractère innovant », selon Michel Lepetit, le vice-président du Shift Project.

D’ailleurs, d’autres États comme le Royaume-Uni ou l’Italie ont déjà décidé de soutenir la rénovation énergétique des bâtiments publics par des projets similaires.

De même, lors du dernier conseil économique et financier franco-allemand début décembre, les ministres français et allemands de l’Économie et des Finances ont indiqué que dans le cadre de la coopération franco-allemande, les deux gouvernements allaient initier des mesures de moyens termes afin d’améliorer l’efficacité énergétique. Ils prévoient ainsi d’intensifier la coopération publique privée notamment dans des projets pilotes innovants pour une meilleure efficacité énergétique à travers des projets de rénovation énergétique.

La rénovation énergétique des bâtiments publics pourrait ainsi tirer son épingle du jeu dans la répartition  des financements du plan Juncker, qui s’annonce très disputée. 

En effet, la Commission européenne a dressé une liste d’environ 2000 projets d’un montant global de 1300 milliards d’euros susceptibles d’être financés par plan d’investissement de Jean-Claude Juncker, selon un document que Reuters s’est procuré. Les conclusions doivent encore être débattues par les ministres des Finances de l’UE le 9 décembre.

Contexte

Le 25 novembre, la Commission a dévoilé le mécanisme de son nouveau plan d'investissement de 315 milliards d'euros.

L'argent qui alimentera ce plan sera investi prioritairement dans les pays du sud de l'Europe, durement touchés par la crise, dans un mouvement de solidarité entre les États membres.

>> Lire : La Commission dévoile son plan d'investissement de 315 milliards d'euros

Prochaines étapes

9 décembre : conseil ECOFIN

18-19 décembre : Conseil européen