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29/08/2016

Le solaire pourrait couter moins cher que le charbon ou le gaz d’ici 2025

Energie

Le solaire pourrait couter moins cher que le charbon ou le gaz d’ici 2025

Une installation photovoltaïque près de Barcelone, Espagne.

[José Sáez/Flickr]

EXCLUSIF : La baisse des couts du solaire pourrait en faire une option moins couteuse que le charbon ou le gaz d’ici à 2025, selon une étude. ?

Le solaire plus bon marché que le charbon ou le gaz d’ici quelques année? C’est la conclusion d’une étude de l’Institut Fraunhofer sur les mécanismes d’énergie solaire, publiée le 24 février. 

Selon l’étude, commandée par l’ONG Agora Energiewende, le coût de production d’énergie solaire en Europe centrale et du Sud aura baissé de 0,04 € à 0,06 € par kilowatt-heure d’ici à 2025 et chuterait encore de 0,02 € à 0,04 € d’ici 2050. L’étude ne fait que des « hypothèses prudentes » sur de futures avancées technologiques majeures dans le domaine du solaire. Elle ne prend pas en compte les innovations qui pourraient également rendre l’électricité moins chère.

Les conclusion de l’étude rappellent toutefois que des primes de risque élevées ou une mauvaise réglementation pourraient multiplier les coûts des installations par deux.

Actuellement, les grandes centrales solaires en Allemagne fournissent de l’énergie solaire pour moins de neuf centimes. Selon l’étude, le prix de l’électricité provenant de nouvelles centrales à charbon et à gaz se situe entre cinq et dix centimes par kilowatts-heure, et à 11 centimes pour l’électricité provenant des centrales nucléaires.

L’UE n’a attribué à l’énergie solaire photovoltaïque qu’un rôle très limité car, comparée à d’autres sources à faible teneur en carbone, elle est très couteuse, souligne Agora Energiewende.

L’étude montre néanmoins que les panneaux solaires pourraient bientôt concurrencer le charbon et le gaz, qui sont les sources les moins chères.

>> Lire : Le potentiel des énergies renouvelables est sous-utilisé en Europe

Cela signifie que le solaire pourrait jouer un rôle crucial et financièrement viable dans les principaux objectifs de la nouvelle Union de l’énergie : réduire la dépendance énergétique de l’UE et atteindre les objectifs énergie et climat 2020 et 2030.

« L’étude montre que les prix de l’énergie solaire ont baissé beaucoup plus rapidement que ce qu’avaient prévu les experts, et continuent de chuter », a déclaré le docteur Patrick Graichen, directeur d’Agora Energiewende.

« Les projets de futurs systèmes d’approvisionnement en énergie devraient être examinés à échelle mondiale. Jusqu’à présent, la majorité des projets n’inclut qu’une part minime d’énergie solaire. »

Les prix peuvent aussi s’envoler

Les coûts élevés engendrés par les installations photovoltaïques montrent que les coûts de production de l’électricité sont largement dépendants de la situation financière et réglementaire, indique le rapport.

En effet, des primes de risque élevées, reflétées sur les taux d’intérêt, ou un mauvais environnement réglementaire peuvent faire flamber les coûts des installations solaires de 50 %. L’impact est si grand qu’il pourrait contrebalancer tous les avantages procurés par une grande quantité de soleil, indique l’étude.

« Une situation financière favorable et un cadre juridique stable sont donc des conditions nécessaires pour une électricité solaire propre et peu chère. C’est aux décideurs politiques de créer et préserver ces conditions », a déclaré Patrick Graichen.

Les responsables politiques de l’UE considèrent les énergies renouvelables comme étant couteuses. Selon un document de travail sur le projet de l’Union de l’énergie, le coût de l’intégration des énergies renouvelables dans le marché intérieur de l’énergie doit être baissé grâce à la mise en place de nouvelles infrastructures.

Le commissaire en charge de l’énergie et du climat, Miguel Cañete, a déclaré à EurActiv ce mois-ci que la nouvelle Union de l’énergie attirerait des investissements privés grâce à des garanties publiques.

>> Lire : L’Union énergétique pourrait s’inspirer du plan Juncker

Alors que cela devait attirer les investisseurs, des doutes subsistent. La faute en incombe à de nombreux gouvernements de l’UE, notamment l’Espagne, qui ont fait marche arrière en supprimant les subventions publiques accordées aux énergies renouvelables suite à la crise financière.

Dans le cadre du projet d’Union de l’énergie, la Commission européenne veut réviser le marché européen de l’électricité en ciblant les aides publiques nationales aux renouvelables, révèle le document consulté par EurActiv.

>> Lire : Le charbon a de beaux jours devant lui dans le cadre de l’Union de l’énergie

Pour Claude Turmes, eurodéputé des Verts luxembourgeois, l’UE, les gouvernements et les autorités locales devraient prendre en compte les résultats de cette étude et construire une union du climat et de l’énergie équilibrée, décentralisée et entièrement tournée vers les renouvelables, a-t-il déclaré.

« Le solaire photovoltaïque a déjà subi d’importantes réductions de coûts et continuera dans cette direction. Cela devrait se refléter davantage dans la feuille de route et la mise en place de l’Union de l’énergie de la Commission », a-t-l ajouté.

Union de l’énergie

L’Union de l’énergie est la réponse de l’UE face aux menaces que la Russie fait peser sur ses livraisons de gaz. La majorité des importations de gaz russe vers l’UE, soit 30 % de sa consommation annuelle, transite par l’Ukraine. En 2009, la Russie avait fermé les robinets de gaz suite à une dispute avec Kiev, ce qui avait engendré des pénuries dans l’UE.

Depuis, la situation s’est déteriorée, avec l’annexion de la Crimée, le crash d’un vol de la Malaysia Airlines causé par les tirs de séparatistes appuyés par Moscou et les sanctions européennes visant la Russie.

L’UE importe plus de la moitié de son énergie. Une situation qui, selon le projet d’Union de l’énergie, pourrait changer grâce à davantage de production d’électricité au niveau national. 

Les objectifs de cette Union de l’énergie se sont diversifiés pour inclure des problèmes tels que la lutte contre le changement climatique. La Commission voit l’Union de l’énergie comme un des moyens d’atteindre les objectifs 2030 de décarbonisation, fixés par les dirigeants européens lors d’un sommet en octobre dernier.

>> Lire : Les dirigeants de l’UE adoptent des objectifs énergie-climat « flexibles » pour 2030

Contexte

L'Union de l'énergie est la réponse de l'UE face aux menaces que la Russie fait peser sur ses livraisons de gaz. La majorité des importations de gaz russe vers l'UE, soit 30 % de sa consommation annuelle, transite par l'Ukraine. En 2009, la Russie avait fermé les robinets de gaz suite à une dispute avec Kiev, ce qui avait engendré des pénuries dans l'UE.

Depuis, la situation s'est déteriorée, avec l'annexion de la Crimée, le crash d'un vol de la Malaysia Airlines causé par les tirs de séparatistes appuyés par Moscou et les sanctions européennes visant la Russie.

Les objectifs de cette Union de l'énergie se sont diversifiés pour inclure des problèmes tels que la lutte contre le changement climatique.

Prochaines étapes

  • 25 février : Lancement de la communication sur l'Union de l'énergie.
  • Décembre : Conférence sur le changement climatique de l'ONU à Paris

 

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