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28/09/2016

Les eurodéputés refusent de confier le marché du carbone à un Polonais

Energie

Les eurodéputés refusent de confier le marché du carbone à un Polonais

Une des nombreuses centrales à charbon polonaises

La réforme du marché des quotas d’émissions de CO2 pourrait être pilotée par un élu polonais, pays soutenant largement le charbon.

Le conservateur écossais Ian Duncan, eurodéputé en charge de la loi réformant le système d’échange de quotas d’émissions (ETS) a démissionné de son poste de rapporteur la semaine dernière, après que le Royaume-Uni a voté pour sortir de l’Union européenne.

Il estime qu’il n’aurait pas pu mener les réformes du système d’échange de quotas d’émission à terme avant que le Royaume-Uni ne quitte l’UE.

Le poste vacant doit être pourvu par un membre du groupe des conservateurs et réformistes européens (ECR), dominé par des eurodéputés britanniques et polonais.

Or la Pologne est l’un des États membres les plus récalcitrants lorsqu’il s’agit de l’action pour le climat, et ce, à cause de sa dépendance au charbon, un combustible fossile responsable du réchauffement de la planète.

>>Lire : La Pologne porte plainte contre la réforme du marché du carbone

Les eurodéputés de la commission environnement du Parlement européen sont horrifiés à l’idée de voir un Polonais diriger la réforme du plus grand système mondial d’échange de quotas. L’opposition est telle que le président de la commission ENVI, Giovani La Via envisage de refuser la démission de Ian Duncan.

Même les Polonais redoutent les attaques auxquelles ils feraient face s’ils étaient en charge d’une politique au centre des objectifs de l’UE pour réduire le réchauffement climatique dans le cadre de l’accord de Paris.

Un Brexit signifie que l’accord de Paris, actuellement en cours de ratification, devra être réécrit, puisque le Royaume-Uni l’a signé en tant que membre de l’UE.

>>Lire :  En cas de Brexit, l’accord de Paris devrait être réecrit

« Les Polonais sont obsédés par le charbon, mais ils préféraient qu’un Britannique s’occupe de ça pour pouvoir critiquer le tout de loin, plutôt que d’avoir à faire face à tout le monde. Ils ne veulent pas de ce poste », ont déclaré des sources parlementaires.

« Ce serait un désastre. Personne ne veut des Polonais sur ce dossier », a indiqué une autre source.

L’ECR serait en train de connaitre de véritables luttes intestines autour du vote sur le Brexit. Certains envisagent même d’évincer le chef de file du groupe, Syed Kamall, qui a soutenu le camp « Leave » en cas de victoire du « Remain ».

« L’ECR va bien. Personne ne va nulle part et tout le monde est mieux ensemble que séparément », a pourtant contredit une source.

Le commissaire britannique Jonathan Hill, chargé des relations UE-Royaume-Uni,  a aussi décidé de démissionner de son poste après le vote pour le Brexit. Le 28 juin, sa décision a été reçue par des salves d’applaudissements au Parlement européen.