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23/01/2017

Paris et New Delhi lancent l’alliance solaire internationale

Energie

Paris et New Delhi lancent l’alliance solaire internationale

Paris entend s’assurer le soutien de l’Inde pour conclure l’accord de Paris. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Les conférences internationales sont riches en grandes annonces. La COP 21 ne faillit pas à la règle. En fin de cette première journée, alors que les chefs d’État et de gouvernement n’en finissaient plus, dans deux autres salles, d’égrainer leurs discours pro-climat, François Hollande et Narendra Modi lançaient devant des centaines de « Copistes » l’Alliance solaire internationale.

L’Idée est née en Inde, souligne-t-on dans l’entourage du président de la République française. Devant mettre en service 1 000 gigawatts crête de capacité photovoltaïque d’ici 2022, la plus grande démocratie du monde doit, tout à la fois, développer ses compétences techniques et attirer les technologies et capitaux étrangers. Raison pour laquelle New Delhi phosphore depuis quelque temps sur la création d’un institut indien de l’énergie solaire.

Partenariat public-privé

Il y a 8 mois, lors de sa dernière visite en France, le Premier ministre indien prend bien soin d’informer ses hôtes de l’existence de ce projet solaire. Une idée reçue 5 sur 5 à Paris. Et qui prend rapidement de l’ampleur. Indiens et Français imaginent alors la création d’une sorte de partenariat public-privé planétaire dédié à la promotion des énergies solaires. Un concept porté sur les fonts baptismaux, ce lundi 30 novembre. « C’est à la fois une idée et une ambition », a précisé François Hollande. « L’idée de donner à des pays qui n’ont de richesse que le soleil les moyens d’assurer leur développement. L’ambition, c’est d’assurer le transfert de technologies et les financements pour assurer le développement des énergies renouvelables. »

1 000 GWc de capacités solaires

Non encore finalisée, l’Alliance trouve ses racines dans l’initiative Terrawatt : un projet français qui vise la mise en service de 1 000 gigawatts crête de capacités solaires dans le monde, d’ici 2030. Parmi ses géniteurs, d’anciens expert de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), mais surtout les dirigeants de Solaire Direct, le plus important développeur de parc solaire de l’Hexagone. Récemment rachetée par Engie (ex-GDF Suez), la société dirigée par Thierry Lepercq nourrit aussi d’importantes ambitions en… Inde. Installée depuis 2010 dans le sous-continent, Solaire Direct y dispose déjà de 4 parcs photovoltaïques en activité ou en construction, avec une capacité totale de 62 mégawatts. Un développement ultra-rapide dans un pays réputé pour son centralisme administratif.

Pour Narendra Modi, l’objet de l’Alliance est clair: en normalisant les techniques, en favorisant les achats massifs au niveau mondial, le Premier ministre veut faire chuter les prix des techniques solaires afin d’en accélérer le développement. « C’est un acte de justice climatique », a-t-il clamé.

1 000 à 1 200 milliards de dollars

Projet commun entre pays industrialisés et émergents, l’Alliance intéresse aussi le monde de l’entreprise. Pour atteindre l’objectif fixé, il faudra investir de 1 000 à 1 200 milliards de dollars (947 à 1 136 Md€) en 15 ans, dont 70 % pourraient être apportés par le secteur privé, a avancé Gérard Mestrallet, PDG d’Engie. Les pouvoirs publics sont prêts à assurer le complément. Moyennant une trentaine de millions de dollars (28,4 M€), le gouvernement apportera les terrains et bâtira son institut solaire, futur maître d’œuvre de l’Alliance. La France et les Pays-Bas se sont accordés pour mettre la main à la poche. D’autres pays riches devraient suivre.

Économique, l’Alliance internationale solaire est aussi un projet à dimension politique. « L’Inde est l’un des rares points d’interrogation de la COP 21 », rappelle-t-on dans la délégation française. « Il fallait lui montrer que la transition énergétique qui découlerait de l’accord de Paris avait des retombées industrielles et énergétiques locales. »

>> Lire : COP21 : les débuts hésitants d’une négociation à 196 parties