« Les voitures électriques devraient marcher aux renouvelables »

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La hausse des voitures électriques pourrait bien faire l’effet d’un pétard mouillé pour l’environnement si elles sont alimentées par des combustibles fossiles plutôt que par des renouvelables, rappelle le responsable de Dong Energy UK. Un article de notre partenaire, The Guardian.

Matthew Wright, le nouveau directeur de Dong Energy UK, affirme que le coût des parcs éoliens en mer a considérablement baissé, tant et si bien que le problème majeur de l’industrie n’est plus le manque de subventions, mais la manière dont elle s’intègre au réseau national et aux technologies émergentes.

« Maintenant que nous avons atteint ce point de bascule en termes de coûts et de compétitivité, reste à savoir comment intégrer davantage l’éolien offshore dans le système énergétique contemporain », se demande-t-il. « Comment l’intégrer à l’essor des voitures électriques, des batteries et des technologies intelligentes ? Le secteur entre dans une nouvelle phase. »

Les renouvelables de plus en plus compétitives

D’ici 2030, les énergies renouvelables, comme l’éolien et le solaire, seront les sources d’énergie les moins chères dans les pays du G20, estime une nouvelle étude. Un élément qui plaide pour ne pas renégocier l’accord de Paris.

Entre 2012 et 2016, le coût de l’électricité produite en mer par des éoliennes a chuté de près d’un tiers. Désormais, les parcs éoliens produisent 5 % de l’électricité britannique, et 8 % pour les installations éoliennes sur terre. Ce sont les seules installations d’énergie renouvelable de grande ampleur encore soutenues par le gouvernement.

Matthew Wright a repris la filiale britannique de la société danoise Dong en juin, peu après la vente des portefeuilles gaziers et pétroliers de l’entreprise à Ineos pour 1 milliard de livres.

La semaine dernière, Dong a annoncé que ses bénéfices d’exploitation s’élevaient à 74 % au second trimestre de 2017, grâce à de nouveaux parcs éoliens. La société a investi 6 milliards de livres au Royaume-Uni et prévoit de remettre 6 milliards sur la table d’ici à 2020.

Même si Dong ne l’a pas confirmé publiquement, la société ferait partie des promoteurs d’éolien en mer espérant recevoir une part des 290 millions de livres de subventions accordées par le gouvernement chaque année, appelées contrats sur la différence, et qui se répercutent sur la facture énergétique des foyers.

Les résultats seront connus début septembre et dans l’industrie, certains prédisent que l’électricité des fermes éoliennes, dont la construction est prévue au début des années 2020, sera meilleur marché que le prix de la centrale nucléaire Hinkley Point C de 92,50 livres (101,4 euros) par MWh, soit deux fois le prix de gros de l’électricité.

S’il se réjouit de la promesse du gouvernement d’interdire de nouvelles voitures fonctionnant à l’essence et au diesel à partir de 2040, qui créera plus de demande en électricité, il serait « un peu étrange », estime-t-il, que les véhicules soient alimentés par des combustibles fossiles tels que le charbon.

Le secteur de l’électricité compte sur les voitures électriques

L’Europe doit faire grimper la part de l’électricité dans le transport pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, selon l’association professionnelle Eurelectric.

« Il s’agirait d’une victoire à la Pyrrhus : réduire les émissions de NOx dans les villes [grâce à la réduction des moteurs diesel] pour accroître le CO2 autre part [depuis les centrales conventionnelles]. L’alliance entre les énergies renouvelables et l’électrique est naturelle et logique », explique-t-il.

L’essor des voitures électriques et des installations à grande échelle de stockage permettrait de résoudre le caractère variable de l’énergie éolienne. Même si, selon lui, l’intermittence de la production est exagérée.

La société prévoit d’ajouter une capacité de stockage de 2MW à son parc éolien en mer de Burbo Bank, dans la baie de Liverpool, afin d’alimenter le réseau national, semblable à celle déjà mise en place par le suédois Vattenfall dans un parc éolien terrestre en Écosse.

Matthew Wright insiste sur le fait que le potentiel de l’éolien en mer est énorme en citant un récent rapport qui indique qu’il y a suffisamment de ressources en vent pour fournir de l’électricité à 75 % des foyers britanniques.

Il encourage les gouvernements des pays autour de la mer du Nord, dont le Royaume-Uni, à s’assurer que les futurs projets soient situés de manière stratégique pour utiliser au mieux l’électricité produite.

« Dans certains endroits de la mer du Nord, le vent souffle 75 à 80 % du temps, donc si l’on réfléchit mieux à l’emplacement des projets, on pourra se rapprocher de la charge de base [électricité en continu, comme avec les réacteurs nucléaires] grâce à l’éolien en mer », affirme-t-il.