Total jette l’éponge sur son projet gaz de schiste au Danemark

Frederikshavn, Danemark. [Tomasz Sienicki/Wikipedia]

L’entreprise française d’énergie, Total, a annoncé le lundi 17 août l’arrêt de l’exploration de gaz de schiste au Danemark. Une trop faible quantité de gaz a été découverte. 

Près de la ville de Frederikshavn, située au nord du pays, le projet a, jusqu’à présent, couté à Total quelque 40 millions d’euros depuis son lancement en 2014. Bien que l’entreprise française ait abandonné le projet, l’argent investi ne serait pas perdu, a déclaré Total à la chaine danoise, DR.

« Nous avons prouvé qu’il y avait du gaz de schiste et c’est une bonne chose. Rien n’était sûr. Cela ne veut pas dire que la recherche de gaz de schiste au Danemark est terminée. Notre permis est valable jusqu’en juin 2016 », a affirmé Henrik Nicolaisen, porte-parole de Total.

À son lancement, le projet a été vivement critiqué par les ONG de protection de l’environnement telles que Greenpeace ainsi que par des citoyens danois qui redoutaient les conséquences de la fracturation hydraulique, méthode utilisée pour explorer le gaz.

Le gaz de schiste est un combustible fossile non conventionnel présent dans des fissures naturelles et des fractures du sol. Les entreprises d’énergie exploitent le gaz de schiste en injectant de l’eau, du sable et des produits chimiques à haute pression dans les formations rocheuses. Les habitants de Frederikshavn craignaient que la fracturation ne provoque des tremblements de terre et ne pollue les eaux souterraines.

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Les partisans du gaz de schiste revendiquent quant à eux qu’il s’agit d’une source d’énergie inexploitée qui pourrait remplacer les combustibles fossiles conventionnels.

Lars Lilleholt, ministre danois de l’Énergie, a déclaré qu’à l’avenir il n’y aurait pas d’autres fracturations hydrauliques dans le pays puisque le gouvernement n’a pas approuvé de nouveaux permis à des sociétés de gaz ou de pétrole. Dans le même temps, les députés danois de gauche ont salué la nouvelle et appelé à une interdiction nationale du gaz de schiste.

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Même si le petit pays scandinave n’abrite pas de grands gisements de schiste, le Danemark est un exportateur net de pétrole et de gaz naturel provenant de la mer du Nord.

Néanmoins, au niveau national, le Danemark est en train de transformer ses sources d’énergie en se tournant vers les renouvelables. L’énergie éolienne représente plus de 30 % de la demande en électricité, et le pays espère se débarrasser complètement des combustibles fossiles d’ici à 2050.

Le 10 juillet, un jour où le vent a soufflé particulièrement fort au Danemark, l’énergie éolienne a généré 140 % de la consommation d’électricité du pays, ce qui signifie que 40 % ont été exportés en Allemagne, en Suède et en Norvège. 

Contexte

Le gaz de schiste a permis d’accroitre l’indépendance énergétique des États-Unis, de faire baisser les prix de l’électricité et de donner un avantage compétitif aux industries américaines gourmandes en énergie. Pourtant, selon le conseil européen de l’académie de sciences, le gaz de schiste ne résoudra pas les problèmes de sécurité d’approvisionnement énergétique de l’Europe.

En revanche, le commissaire en charge de l’Union de l’énergie, Maroš Šef?ovi?, a affirmé que l’interconnexion des réseaux énergétiques, permettant d’équilibrer les énergies solaires et éoliennes intermittentes avec une demande flexible en électricité, pourrait être pour l’Europe ce que le gaz de schiste a été pour les États-Unis.