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25/09/2016

L’Ukraine demande à l’UE de jouer les intermédiaires avec Gazprom

Energie

L’Ukraine demande à l’UE de jouer les intermédiaires avec Gazprom

L’Ukraine a finalement demandé à la Commission d’être le médiateur pour négocier avec Gazprom l’approvisionnement en gaz du pays.

Le vice-président pour l’Union de l’énergie, Maroš Šefčovič, s’est vu interrogé sur la participation de la Commission européenne dans les transactions de gaz entre l’Ukraine et la Russie, nécessaires également pour assurer l’acheminement du gaz russe dans l’UE.

L’Union européenne est prête à faire l’intermédiaire entre Kiev et Moscou. En 2009, certains membres de l’UE avaient vu leur approvisionnement en gaz souffrir lorsque Gazprom avait arrêté de livrer l’Ukraine, qui avait donc utilisé le gaz initialement destiné à l’UE.

>> Lire : La Russie et l’Ukraine laissent l’UE sans gaz

Pendant la période estivale, les réserves souterraines de l’Ukraine doivent être remplies. Habituellement, le réapprivosionnement dure jusqu’à mi-octobre. Les réserves souterraines de gaz ne sont pas seulement nécessaires pour une utilisation au sein de l’Ukraine, mais ont également une fonction transitoire.

« C’est une question dont nous avons parlé en détail hier [19 juillet] avec le Premier ministre ukrainien Volodymyr Groysman », a déclaré le vice-président de la Commission. Pour le ministre ukrainien, c’était la première visite de la capitale européenne depuis qu’il a remplacé Arseny Yatsenyuk en avril.

Maroš Šefčovič a ajouté qu’il y avait eu « une volonté claire » de la part des partenaires ukrainiens de poursuivre l’accord trilatéral avec la Russie qui s’est avéré efficace et avait donné de bons résultats au cours de l’hiver, selon lui.

>> Lire : Gazprom coupe les robinets de gaz vers l’Ukraine

« Nous avons la ferme intention de poursuivre ce modèle », a-t-il maintenu, soulignant que l’Ukraine l’avait informé que le pays disposait de fonds pour remplir les réserves qui pourraient ainsi être prêtes pour le prochain hiver, ce qui permettrait de garantir tant la consommation et les transits.

« À cet effet, comme par le passé, il faudrait non seulement revoir l’addendum des contrats entre Gazprom et Naftogaz, mais aussi mettre à jour le protocole signé l’hiver dernier, comme le souhaite l’Ukraine », a jugé le commissaire.

Il a d’ailleurs annoncé qu’il prévoyait de visiter les deux pays en septembre pour tenter de trouver une solution constructive, comme les deux années précédentes. L’annonce du vice-président est surprenante après que Naftogaz avait déclaré qu’il essaierait de s’en sortir sans le médiateur européen.

L’Ukraine, la Russie et l’Union européenne avaient conclu un accord en octobre 2014 qui permettait à Moscou d’approvisionner son voisin en réserves vitales pour le pays pendant l’hiver, en échange d’un paiement, provenant en partie des fonds des créanciers occidentaux de Kiev.

Un accord similaire avait été signé en septembre 2015. Cependant, pour la première fois, l’Ukraine n’a pas acheté de gaz russe pendant l’hiver 2015-2016. En revanche, Naftogaz a recouru à des flux inversés en provenance de ses voisins européens.

>> Lire : Bruxelles et Moscou s’affrontent au sujet de Gazprom