Washington se réjouit de la première cargaison de GNL en Lituanie

First LNG from US arrives in Lithuania [@LinasKojala/Twitter]

Le département d’État américain a félicité la Lituanie, qui a reçu la première cargaison de gaz naturel liquéfié depuis les États-Unis. Il y a à peine un mois, Donald Trump se trouvait à Varsovie où il promouvait les exportations américaines de GNL.

La Lituanie a reçu sa première livraison de gaz naturel liquéfié (GNL) des États-Unis le 21 août, résultat d’un accord visant à réduire la dépendance vis-à-vis de la Russie et à consolider les relations avec Washington dans un contexte de tensions dans la région.

Le bateau-citerne de GNL a accosté dans le port de Klaipeda. Le gouvernement américain n’a pas été impliqué dans l’accord entre l’entreprise Cheniere et l’opérateur lituanien, a déclaré le chef de mission de l’ambassade américaine en Lituanie, Howard Solomon. La cargaison est destinée à des clients en Lituanie, en Lettonie et en Estonie.

« Nous sommes heureux d’être arrivés à un point où l’importation de gaz depuis les États-Unis n’est pas seulement souhaitable politiquement, mais aussi viable commercialement », a déclaré le ministre lituanien de l’Énergie, Zygimantas Vaiciunas.

Les prix du gaz en Lituanie ont plongé en 2014 suite à l’ouverture d’un terminal de GNL, mettant fin au monopole du russe Gazprom dans l’approvisionnement en gaz.

« Les États-Unis veulent féliciter le gouvernement lituanien d’avoir reçu la première cargaison de gaz naturel liquéfié américain cette semaine », a déclaré la porte-parole du département d’État, l’équivalent du ministère des Affaires étrangères, Heather Nauert.

Cette dernière affirme que le gouvernement américain a fait de la sécurité énergétique en Europe l’une de ses priorités et que cette livraison démontre le soutien de Washington pour l’objectif de l’UE de diversifier l’approvisionnement énergétique.

« Nous saluons l’engagement de la Lituanie à faire progresser la sécurité énergétique européenne via la diversification », a poursuivi Heather Nauert, tout en ajoutant que cette cargaison suit une douzaine d’autres bateaux déjà envoyés en Europe cette année depuis le terminal de GNL de Cheniere, à Sabine Pass, en Louisiane.

Faisant écho au message préféré de Donald Trump, la porte-parole a déclaré que les cargaisons soutenaient non seulement la sécurité énergétique en Europe, mais également l’emploi aux États-Unis.

« Le secrétaire d’État Rex Tillerson a insisté sur le fait que nous continuerons d’œuvrer à la diversification des sources en Europe, pour que les pays ne soient plus dépendants d’une seule source, ou d’une source dominante, d’énergie », a-t-elle conclu.

Lors de sa visite à Varsovie le 6 juillet dernier, Donald Trump a fait la promotion du GNL américain aux dirigeants des États d’Europe centrale et de l’Est, rassemblés dans la capitale polonaise.

Donald Trump mise sur les exportations de GNL vers l’Europe de l’Est

Le président américain Donald Trump prévoit de promouvoir les exportations de gaz naturel liquéfié lors d’un sommet à Varsovie le 6 juillet prochain, aux côtés d’une douzaine de dirigeants d’Europe centrale et de l’Est, une région fortement dépendante du gaz russe.

L’opérateur polonais PGNiG a récemment reçu sa première cargaison de GNL américain et la Croatie vient d’entamer des travaux préliminaires pour construire un terminal de gaz dans le nord de la mer Adriatique.

La Croatie construit un terminal de gaz naturel liquéfié dans l’Adriatique

La Croatie a entamé les travaux préliminaires sous-marins dans le nord de l’Adriatique, première étape concrète à la construction d’un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) projet longtemps retardé et pourtant nécessaire pour réduire la dépendance de l’UE envers le gaz russe.

Dans une interview avec la radio Sputnik, l’ambassadeur russe auprès de l’UE, Vladimir Chizhov, a déclaré que son pays ne craignait pas la concurrence américaine.

Lorsque Sputnik lui a demandé pourquoi les Européens achetaient du gaz américain alors que ce dernier est plus cher, l’ambassadeur a répondu : « Même si les Américains envoyaient du GNL gratuitement en Europe, ils ne remplaceraient pas les livraisons russes », tout en ajoutant que les États-Unis n’avaient qu’un terminal d’exportation de GNL, en Louisiane.

« Ils prévoient de construire davantage de terminaux dans d’autres parties du pays, mais cela prendra du temps. Par ailleurs, le gaz américain ne pourrait pas suffire. Et troisièmement, l’Europe n’a pas beaucoup de terminaux de GNL et il n’existe pas beaucoup de bateaux pouvant le transporter », a expliqué Vladimir Chizhov.

Il a rappelé qu’aujourd’hui, sur le marché, 1 000 mètres cubes de GNL américain coutent environ 250 dollars, ce qui n’est ni attractif pour les clients européens, qui paient moins pour le gaz russe, ni pour les États-Unis, qui pourraient vendre la même chose en Amérique latine pour plus de 300 dollars.